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CAC 40

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Cac 40 : Un an après le début de la crise, la Bourse de Paris a quasiment résorbé ses pertes

mercredi 10 mars 2021 à 16h42
Un après la début de la crise, le CAC 40 a retrouvé son niveau de pré-pandémie

(BFM Bourse) - Victime d'une chute aussi violente que brève (pratiquement -40% en trois semaines seulement) à la fin de l'hiver dernier, le CAC 40 a en fait commencé à se redresser dès la mi-mars. L'élan supplémentaire donné en novembre par l'annonce des premiers résultats positifs sur les vaccins (et une passation de pouvoir relativement ordonnée aux Etats-Unis) a depuis continué à soutenir les actions, alors que les campagnes de vaccination laissent envisager un rebond de l'économie mondiale plus vigoureux qu'escompté.

Spectaculaires, les mouvements du marché d'actions l'ont été, aussi bien à la baisse qu'à la hausse depuis le début de la crise sanitaire. Et la résultante inattendue de ces fluctuations est qu'un an après le premier confinement, qui a grippé l'activité économique de dizaines de milliers d'entreprises et provoqué une récession massive l'an dernier dans la plupart des pays, l'indice phare CAC 40 est sur le point de rejoindre son niveau précédant le déclenchement de la crise. En dehors des sociétés immobilières, surtout celles exposées aux locaux commerciaux, et de certaines valeurs liées à l'énergie, la plupart des actions s'affichent même nettement en hausse sur un an glissant. Ce mercredi, BFM Business diffuse une édition spéciale "Quoi qu'il en coûte, et après?" à partir de 18h et qui fait le bilan des douze derniers mois de crise. A cette occasion, BFM Bourse revient sur l'année que vient de traverser le marché financier.

Début 2020, il a fallu un certain temps avant de comprendre que la nouvelle forme de coronavirus détectée en Chine à la toute fin de 2019 allait provoquer une crise sanitaire affectant durablement les conditions de vie et de subsistance d'une large part de la population mondiale. Malgré de premières frayeurs dès janvier, la Bourse de Paris s'était plus ou moins rassurée au gré du quotidien du nombre de contaminations détectées, mesure pourtant volatile et imparfaite, et même réussi à dépasser 6100 points mi-février.

L'arrivée du virus en Italie, un tournant pour la Bourse

Ceci jusqu'au sauve-qui-peut du 24 février, où l'indice phare a flanché de 3,94% (plus forte chute depuis le vote du Brexit en 2016) avec la propagation de l'épidémie hors de Chine, notamment à l'époque en Italie, ce qui faisait peser "un risque encore difficile à évaluer sur l'économie mondiale", écrivait BFM Bourse à l'époque. Ce coup de semonce n'était que le début d'une dégringolade d'ampleur inédite en une période aussi courte.. L'indice tricolore signant au cours de la même semaine deux des plus fortes chutes de son histoire: -8,39% le lundi 9 mars et -12,28% le 11 mars, record absolu à la baisse !

Mais le point bas a été atteint peu après, le 16 mars pour le plus bas "intraday" et le 18 pour le plus bas en clôture, affichant notamment dès le 24 mars l'une des plus fortes... hausses de son histoire (+8,39%). À l'origine de cette reprise, des signes de stabilisation de la situation sanitaire (un plateau semblait se dessiner en Italie) et surtout, la perspective d'un soutien budgétaire massif, notamment au profit de la première économie mondiale avec des discussions fructueuses entre élus démocrates et républicains en vue d'un plan de relance à destination des ménages et des entreprises.

Un nouvel attrait pour la Bourse

Peu d'observateurs avaient cependant vu venir un effet collatéral de la période de confinement. Privant tout un chacun de beaucoup de ses loisirs habituels, la crise a en parallèle amené tout un nouveau contingent de particuliers à s'intéresser (ou se réintéresser) à la Bourse. Avec du temps devant soi, des revenus relativement préservés par les dispositifs de chômage partiel mis en place, et devant une dévalorisation aussi brutale des actions, pourquoi ne pas consacrer quelques centaines ou milliers d'euros à la Bourse? Dès avril, les courtiers signalaient un afflux massif de demandes d'ouverture de comptes (au point de devoir refuser une partie d'entre eux). "Beaucoup de nouveaux clients ou de clients dormants ont décidé de revenir au trading financier, estimant que la baisse des marchés allait apporter des opportunités d'investissement une fois calmée la volatilité", indiquait Ambroise Lion le patron d'IG France. Bien leur en a pris...

La double thématique du soutien budgétaire et des progrès sanitaire n'a ensuite cessé de soutenir l'appétit des investisseurs, avec des résultats initiaux encourageants dès le mois de mai pour le fameux spécialiste américain de l'ARN messager, Moderna.

Un "krach à la hausse" avec le vaccin

Après une petite consolidation à la rentrée de septembre, la progression a repris pour tourner ponctuellement à l'euphorie, comme le lundi 9 novembre (+7,57%, un véritable "krach à la hausse" se classant parmi le top 10 des hausses de l'histoire du CAC) à l'annonce de résultats bien meilleurs qu'attendus pour le vaccin de BioNTech/Pfizer, efficace à plus de 90% dans un essai clinique avancé, et une semaine après des données de même ordre de grandeur pour le vaccin de Moderna.

Alors que l'élection présidentielle américaine (et le cas échéant le processus de transition en cas de victoire du candidat démocrate) apparaissait comme un facteur de risque, les marchés ont en fait gardé le cap le jour du scrutin - un mardi comme il est de coutume aux Etats-Unis, tandis que Donald Trump s'est finalement résolu au bout de quelques jours à autoriser l'administration à entamer le processus de transition en faveur du président-élu, Joe Biden.

Les grands gagnants de la crise

S'agissant du marché parisien, en un an certains acteurs se sont imposés alors que la pandémie a démontré leur rôle essentiel. Fournisseur incontournable de l'industrie pharmaceutique et notamment des fabricants de vaccins, Sartorius Stedim Biotech a encore doublé de valeur, affichant une croissance exceptionnelle de 35% (dont 12 points attribués aux activités en lien avec la lutte contre le coronavirus). Eurofins Scientific (+80%) a vu son activité de tests biologiques dopée par les fameux tests PCR, amenant là aussi des résultats particulièrement soutenus pour le champion français des laboratoires d'analyse.

D'autres entreprises ont tiré un bénéfice moins évident a priori de la crise, à l'image de Trigano, leader européen des... camping-cars. Le contexte de crise sanitaire a suscité "un intérêt sans précédent" pour ce mode de locomotion et de vacances. "Privés de leur liberté de déplacement, de plus en plus de consommateurs européens sont en effet particulièrement sensibles aux valeurs de liberté, d'indépendance, de convivialité, d'authenticité, d'économie, d'écologie traditionnellement véhiculées par le camping-car, valeurs auxquelles s'ajoute aujourd'hui la sécurité sanitaire" selon Trigano, dont le cours a pris 150% sur fond d'envolée de ses ventes et de son carnet de commandes.

Les distributeurs ayant su s'adapter à la crise en transformant leur modèle pour basculer une grande partie de leurs ventes sur le numérique ont aussi tiré leur épingle du jeu, à l'image de Maisons du Monde (aidé également par la montée à son capital d'un fonds d'investissement) qui a pris plus de 90% ou Fnac Darty, qui a rebondi de 66%, toujours sur un an glissant.

Parmi les valeurs du CAC 40, ce sont les industrielles et les valeurs cycliques qui affichent sur un an les plus fortes progression, à commencer par l'automobile (+100% pratiquement pour Renault et plus de 85% pour Stellantis, ex-PSA) mais également la banque (plus de 60% de reprise pour Crédit Agricole), tandis que le luxe est resté recherché (plus de 60% pour LVMH, qui ne cesse de battre des records en termes de capitalisation).

Parmi les rares secteurs dans le rouge depuis un an, on retrouve l'énergie -avec des situations spéciales par ailleurs, notamment chez Vallourec qui accuse 25% de baisse- et surtout les sociétés foncières, Icade ou Unibail perdant encore plus de 20% en dépit du récent rebond.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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