(BFM Bourse) - Les résultats nets combinés des 39 groupes du CAC 40 ayant publié des résultats alignés sur l'année civile ont plongé. Ce en raison de la perte cumulée de 33 milliards d'euros accusée par les deux constructeurs automobiles. De gros pourvoyeurs de bénéfices comme LVMH et Totalenergies ont, quant à eux, affiché un résultat net en repli prononcé. Au contraire de BNP Paribas, qui a dégagé le bénéfice le plus important.
Thales a clôturé le bal des publications annuelles du CAC 40, ce mardi 3 mars. Avec les résultats du groupe de défense, il est désormais possible de tirer le bilan sur les bénéfices des pensionnaires de l'indice au titre de l'exercice 2025.
Le millésime est à oublier pour les groupes du grand baromètre de la Bourse de Paris. Selon un décompte effectué par BFM Bourse (*voire méthodologie plus bas), les 39 sociétés qui ont publié leurs résultats de l'année 2025 - Pernod Ricard évolue sur un exercice décalé – ont totalisé 97,49 milliards d'euros de bénéfices nets. Ce chiffre traduit une chute de 25,45% par rapport à 2024.
En intégrant, cette fois, les derniers résultats sur un exercice complet de Pernod Ricard, ceux clôturés en juin 2025, le bénéfice net cumulé passe à 99,11 milliards d'euros, en repli de 25% sur un an.
Le gros de cette chute s'explique par les pertes colossales publiées par les deux constructeurs automobiles, Renault et Stellantis, avec plus de 33 milliards d'euros à eux deux.
Des charges exceptionnelles plombent les constructeurs
Stellantis a affiché une perte nette de 22,3 milliards d'euros, en raison essentiellement de charges exceptionnelles de 22 milliards d'euros. Ces dépréciations d'actifs sont liées la remise à plat de la stratégie du groupe dans l'électrique. La société a décidé d'arrêter des projets sur ce type de motorisation, de déprécier des outils de production, et de redimensionner (à la baisse) la chaîne d'approvisionnement des véhicules électrifiés.
Stellantis a ainsi pris acte du manque d'appétit des ménages américains pour l'électrique. Et des coups de haches apportés par l'administration Trump à ce type de motorisation. Le gouvernement américain a aussi bien supprimé les incitations fiscales à l'achat de ces véhicules que les amendes pour dépassement de seuil d'émissions de Co2.
De son côté, Renault a accusé une perte de près de 11 milliards d'euros (10,93 milliards). Cette perte est largement due à Nissan. En juillet dernier, Renault a décidé de valoriser sa participation de 35,7% au capital de son allié japonais et d'acter ainsi une importante dépréciation comptable par rapport à la valorisation retenue dans son bilan. L'impact s'est chiffré à 9,3 milliards d'euros.
En plus de cette dépréciation, Renault a consolidé une partie des pertes de Nissan, ce qui a plombé son bénéfice net à hauteur de 2,33 milliards d'euros supplémentaires.
Hors impacts liés à Nissan, le groupe automobile a dégagé un bénéfice de 715 millions d'euros.
Des cadors en petite forme
Ces deux exemples montrent une nouvelle fois que le bénéfice net n'est pas forcément l'indicateur le plus pertinent de l'état de santé d'une entreprise.
"Le résultat net part du groupe peut avoir des éléments exceptionnels qui sont non récurrents et sur lesquels il ne faut pas se focaliser", a expliqué à BFM Bourse Pascal Quiry, professeur de Finance à HEC et co-auteur de la lettre Vernimmen, dans un récent article.
Au-delà des cas finalement assez exceptionnels de Renault et Stellantis, des cadors du CAC 40 (et pourvoyeurs d'importants bénéfices) ont souffert l'an passé.
Totalenergies a vu son bénéfice net chuter de 27% sur un an à 11,06 milliards d'euros, en raison notamment de la baisse des cours du pétrole de 14%.
Le bénéfice net de LVMH a de son côté baissé de 13,3% pour tomber à 10,9 milliards d'euros. Le groupe de luxe a pâti d'un repli de ses ventes globales de 1% en données comparables l'an passé, et surtout d'une diminution de 5% de ses revenus dans la mode et maroquinerie, sa plus importante (et très rentable) division.
Dans une moindre mesure, la fiscalité a par ailleurs joué. La loi de finances 2025 a instauré une contribution exceptionnelle au niveau de l'impôt sur les sociétés pour les groupes dégageant plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires (20,6% pour celles dégageant moins de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 41,2% pour celles réalisant plus de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires).
À titre d'exemple, Eiffage a accusé une baisse de 1,6% de son bénéfice en raison de cette surtaxe. En excluant son impact, son bénéfice aurait progressé de 8,9% a indiqué le groupe de BTP et de concessions.
Du côté du "classement" des bénéfices, BNP Paribas est devenu le premier groupe du CAC 40 avec un résultat net de 12,22 milliards d'euros, doublant Totalenergies (11,06 milliards) et LVMH (10,88 milliards). Ces deux derniers groupes étaient respectivement premier et deuxième l'an passé, devant BNP Paribas.
Axa termine (9,8 milliards d'euros) échoue de peu au pied du podium, tandis que Sanofi (7,81 milliards d'euros) complète le top 5.
*BFM Bourse a compilé les bénéfices en retenant le résultat net part du groupe consolidé de chaque société à périmètre 2025. C'est-à-dire que les bénéfices cumulés 2024 et 2025 incluent les derniers arrivants comme Eiffage, Euronext et pas Edenred ou Teleperformance, présents en 2024.
Pour Dassault Systèmes nous avons retenu le bénéfice net cumulé en données non-IFRS, privilégiées par la société pour la présentation de ses comptes.
Pour Totalenergies, ArcelorMittal et STMicroelectronics, qui publient en dollar, nous avons converti le bénéfice net en euros en respectant le taux de conversion euro-dollar du jour de la publication de la société.
