(BFM Bourse) - L'indice parisien plonge de près de 3,5% ce mardi 3 mars, lesté par le risque inflationniste nourri par la récente envolée des prix de l'énergie.
La Bourse de Paris a encore été le théâtre de lourds dégagements, toujours lestée par la guerre au Moyen-Orient. Son indice vedette, le CAC 40, a plongé de 3,46% pour revenir sur les 8.100 points à 8.103,84 points à la clôture de ce mardi 3 mars.
La veille, il avait perdu près de 2,2%. Le CAC 40 n'avait alors pas connu pareille baisse depuis le 1er août 2025. Il faut désormais remonter à début avril 2025 pour trouver trace d'un repli supérieur à 3% pour l'indice phare de la Bourse de Paris qui avait alors souffert à l'époque de l'entrée en vigueur des droits de douane de l'administration Trump. Tous les gains glanés ces dernières semaines se sont envolés, l'indice vedette parisien affiche désormais une performance négative depuis le début de l'année.
En Europe, les autres indices n'ont pas été épargnés. La Bourse de Francfort a rendu 3,7% quand l'indice vedette de Milan, très bien garni en valeurs bancaires, frôle les 4% de baisse ce mardi.
Les investisseurs ont encore phosphoré sur les potentielles répercussions macroéconomiques et sur les marchés de ce conflit au Moyen-Orient, qui est entré dans son quatrième jour.
Flambée des cours du pétrole
L'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran continue ce mardi 3 mars tout comme la riposte iranienne. L'armée américaine a affirmé avoir détruit des postes de commandement des Gardiens de la révolution.
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a fait bondir les prix du pétrole et du gaz alors que la région joue un rôle central dans la production et l'exportation des hydrocarbures consommés à travers le monde.
Le détroit d’Ormuz, route maritime stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, est paralysé. Un responsable des Gardiens de la révolution a menacé de "brûler tout navire" qui tenterait de franchir ce passage clé du commerce d’hydrocarbures.
"Nous attaquerons également les oléoducs et nous ne laisserons pas une seule goutte de pétrole quitter la région", a-t-il affirmé.
En raison de ces perturbations, le pétrole continue sa franche ascension. Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord prend 7,2% à 83,32 dollars le baril tandis que celui d'avril sur le WTI coté à New York bondit de 7,5% à 76,55 dollars le baril. Le gaz grimpe encore de plus de 20%, après avoir flambé de plus de 30% un peu plus tôt dans la journée.
Nouvelles pressions inflationnistes
Cette flambée des prix de l'énergie concentre les craintes des investisseurs qui redoutent de nouvelles pressions inflationnistes. "Désormais, les regards se tournent de nouveau du côté du risque inflationniste que fait peser une telle hausse des cours du baril", note Valentin Urrutiaguer Responsable de la Gestion Cross-Asset chez Salamandre x Auris Gestion.
"Le risque évident est que cette hausse des prix de l'énergie ne se répercute sur les indices d'inflation plus larges. En 2023, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait calculé qu'une augmentation permanente de 10% des prix du pétrole pourrait entraîner une hausse d'environ 0,4% de l'indice global des prix à la consommation aux États-Unis après deux trimestres", explique Chris Iggo, Chair of the Investment Institute et CIO d’AXA IM Core chez BNP Paribas Asset Management.
Interrogé par le Financial Times, Philipp Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne a déclaré qu'une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait "exercer une pression à la hausse" sur l'inflation.
C'est dans ce contexte très particulier qu'ont été publiés les chiffres des prix à la consommation pour la zone euro en février. L'inflation a accéléré en février, remontant à 1,9% sur un an, selon une première estimation.
Capgemini, phare dans la nuit
Du côté des valeurs, Capegemini est la seule valeur du CAC 40 à avoir pu échapper à ce coup de tabac boursier (+2,8%). Les 39 autres valeurs de l'indice vedette parisien ont encore été emportées par cette nette aversion au risque. Les plus fortes baisses ont été signées par Kering et Legrand qui ont abandonné plus de 6%, quand Saint-Gobain et Engie ont rendu plus de 5%.
Thales a cédé 2,5%, les perspectives jugées prudentes par les analystes viennent éclipser une année 2025 solide pour le groupe de défense.
Hors indice phare, les équipementiers automobiles Opmobility (-8,1%), Valeo et Forvia (-6,6%) ont été secoués par la punition boursière infligée à un comparable allemand, après sa mauvaise publication.
Air France-KLM a encore plongé de 8%, alors que la hausse des cours du pétrole malmène les groupes aériens, en raison de l'augmentation de la facture carburant.
Sur les changes, l'euro perd 0,8% face au dollar à 1,1602 dollar.
