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CAC 40

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Cac 40 : Face à l'étendue des dégâts économiques, le CAC 40 essuie sa plus forte baisse depuis un mois

jeudi 30 juillet 2020 à 18h20
Le CAC 40 essuie sa plus forte baisse depuis plus d'un mois

(BFM Bourse) - La Bourse de Paris a plié de 2,13% jeudi au terme d'une séance lourde de menaces, compte tenu d'une salve de résultats décevants de la part de nombreux géants de la cote et de l'annonce d'un plongeon inédit des économies américaine et allemande au deuxième trimestre.

Parvenu mercredi à stopper une série de cinq séances consécutives de baisse sur fond de résultats meilleurs qu'escomptés, la Bourse de Paris a replongé de plus belle jeudi. L'indice phare a clôturé à 4.852,94 points, en baisse de 2,13%, soit sa plus forte chute depuis le 24 juin dernier. Autant la batterie de publications d'entreprises de mercredi avait livré une tonalité encourageante (par exemple du côté de Capgemini, Schneider, Kering ou encore Bic ou Maisons du Monde), autant la livraison du jour -constituant la journée la plus chargée de toute l'année en nombre de publications- s'est révélée décevante, amenant l'indice en territoire négatif avant même que l'annonce à 14h30 d'une chute de près d'un tiers du montant du PIB américain au deuxième trimestre ne vienne définitivement plomber l'ambiance.

Au moment de la clôture européenne, soit l'approche de la mi-séance pour Wall Street, le Dow Jones perdait 1,18% et le S&P 500, tandis que le Nasdaq parvenait à limiter ses pertes à -0,14%. Outre l'impact psychologique du chiffre abyssal du PIB (même si le consensus des économistes annonçait un recul un peu plus important encore), les opérateurs s'inquiètent de l'absence de tout consensus entre les élus démocrates et républicains sur un nouveau plan de relance à l'économie alors que des mesures exceptionnelles d'indemnisation dont bénéficient des millions d'Américains au chômage expirent en fin de semaine.

Pour ne rien arranger, un tweet du Président des Etats-Unis évoquant un report des élections (ce qui n'est constitutionnellement pas de son ressort) n'a rien fait pour aider, alors que l'approche des élections de novembre commence à préoccuper les investisseurs, certains se demandant ouvertement quelle serait exactement la réaction de Donald Trump si le scrutin ne lui était pas favorable.

Outre-Rhin, le Deutscher Aktienindex (Dax) abandonnait pour sa part 3,45% alors que le PIB allemand s'est lui contracté de 10,1% au deuxième trimestre, un chiffre plus important que prévu et qui marque sa pire performance depuis le début de la série statistique en 1970.

Les GAFA sermonnés

Les opérateurs attendent également ce soir les trimestriels très attendus des GAFA, après que Google et Facebook ont été sévèrement critiqués par des élus républicains et démocrates pour leur abus présumé de position dominante au cours d'une audition devant une commission parlementaire mercredi. "Si le Congrès ne force pas les "Big Tech" à être équitables, ce qu'ils auraient dû faire il y a des années, je le ferai moi-même avec des décrets", a de son côté menacé Donald Trump avant même que la séance ne commence.

Déluge de publications à Paris

Sur le terrain des valeurs, les opérateurs parisiens ont donc eu fort à faire avec la plus importante vague de publications trimestrielles de cette nouvelle saison de résultats ce jeudi.

Pas moins de 12 membres de l'indice vedette du marché parisien -Total, Danone, ArcelorMittal, Airbus, Orange, Hermès, Renault, Air Liquide, Veolia, Teleperformance, Safran, Unibail- et d'autres grands noms de la cote (EDF, Technip, Vallourec, Suez, FDJ, Casino, Ipsen) ont dévoilé leurs comptes semestriels entre mercredi soir et jeudi, avec souvent de fortes réactions à la clé.

En dernière position des 40 valeurs phares, Renault a chuté de 9,3% après avoir fait état de la plus lourde perte nette semestrielle de son histoire (-7,3 milliards d'euros), plombé par les difficultés de son partenaire Nissan (-4,8 milliards d'euros) qu'il détient à 43%, et par la crise sanitaire. Ces chiffres contrastent avec ceux du rival français PSA (Peugeot, Citroën) qui a réussi à gagner de l'argent au premier semestre malgré la crise, avec un bénéfice net de 595 millions d'euros. Pour autant, le titre Peugeot qui avait pris 2,8% mercredi dans le sillage de ses propres résultats a finalement été entraîné avec -4,8% ce jeudi...

Unibail-Rodamco-Westfield a perdu 8,8%, le premier groupe coté de l'immobilier commercial au monde ayant accusé une baisse de 14,2% de ses loyers nets à 1,065 milliard d'euros au premier semestre.

Danone a abandonné 5,4% au vu d'un recul de 8,3% des revenus au deuxième trimestre, plombé par la chute (-31,5%) des ventes d'eaux en bouteille dans les bars et restaurants.

Orange a annoncé un bénéfice net en recul de 10,7% sur le semestre, qui s'explique principalement par une hausse des provisions liées aux risques et litiges. L'opérateur télécoms indique par ailleurs qu'il table sur un recul d'environ 1% de son Ebitdaal ("Ebitda after leases") , principal indicateur de sa rentabilité, en 2020, et lâché 4,9%.

Total a fait part de sa première perte nette trimestrielle (de 8,4 milliards de dollars) depuis le quatrième trimestre 2015 mais celle-ci est largement à mettre sur le compte de dépréciations d'actifs pour un montant de 8,1 milliards de dollars. Le géant pétrolier, après avoir passé une partie de la séance dans le vert grâce à l'engagement de maintenir son dividende, a finalement lâché 1,6%.

Le sidérurgiste ArcelorMittal (-4,9%) a déploré une perte nette de 559 millions de dollars au deuxième trimestre sur des revenus en baisse de 43% sur un an à 11 milliards de dollars, et reste prudent pour la suite de l'année en dépit de signes de reprise.

Toujours au sein du CAC, le numéro un mondial des services à l'environnement Veolia (-3,6%) a également souffert au premier semestre, accusant une perte nette de 138 millions d'euros (contre 331 millions de bénéfice net à la même période l'an dernier) mais vise en fin d'année un niveau de performances opérationnelles équivalent à 2019.

Après LVMH (-84%) et Kering (-53%), Hermès a lui aussi constaté une lourde chute de son bénéfice net (-55% à 335 millions d'euros) au premier semestre, son activité ayant été lourdement affecté par la pandémie. Sa rentabilité opérationnelle courante s'est également affaissée à 21,5%, contre 34,8% un an plus tôt. Si le groupe de luxe reste "confiant" grâce à un "contexte d'amélioration progressive" amorcé depuis juin, notamment en Asie qui est son plus gros marché, les investisseurs ont là aussi pris le large (-3,4%).

Hors CAC 40, le parapétrolier Vallourec a creusé sa perte nette au deuxième trimestre, à 493 millions d'euros après 77 millions un an plus tôt, plombé par des dépréciations principalement aux États-Unis reflétant la baisse du marché pétrolier et gazier et fini à -5,55%. Klépierre (-6,11%) a respectivement vu ses revenus et son bénéfice chuter de 7,8% à 616 millions et de 4,3% à 392,1 millions, et dit ne pas être en mesure d'évaluer précisément l'impact de la crise sur ses performances financières en 2020. Enfin, Eramet a fait part d'une perte nette de 623 millions d'euros au premier semestre (contre -37 millions au premier semestre 2019), pénalisé par une charge exceptionnelle liée au Covid-19, une baisse du prix des matières premières et la crise dans le secteur aéronautique. L'action a plongé de 17%.

Casino a reculé de 13% après avoir aggravé sa perte nette semestrielle (-87 millions d'euros contre un bénéfice de 12 millions un an plus tôt), la hausse des coûts liée à la situation sanitaire ayant pesé sur les résultats et accru la dette à 4,8 milliards d'euros. .

Le géant de l'affichage publicitaire JCDecaux a flanché de 4,9%, étant tombé dans le rouge et a vu ses ventes plonger de 41,6% au premier semestre à 1,075 milliard d'euros, plombées par une baisse "sans précédent" des investissements publicitaires du fait de la crise du coronavirus.

Le groupe de gaz industriels et médicaux Air Liquide a fini sur une recul limité de 0,7% en ayant confirmé ses objectifs annuels, après avoir vu son bénéfice net (+1,8% à 1,08 milliard) et sa marge opérationnelle (de 16,6 à 17,3%) progresser au premier semestre, malgré des perturbations dues à la pandémie.

Parmi les publications positives du jour, Teleperformance a dominée le palmarès du CAC avec une hausse de 5,5% alors que sa trajectoire de croissance devrait se poursuivre en 2020. Le spécialiste mondial de la relation client vise une progression de ses revenus de l'ordre de 6% par rapport à 2019 (+5% en comparables sur le premier semestre), même si le taux de marge devrait quelque peu se contracter.

Airbus a gagné 1,9% : l'avionneur, qui a accusé des pertes plus importantes que prévu (de 1,9 milliards d'euros), a précisé qu'il ne pensait pas consommer de trésorerie au deuxième semestre après avoir brûlé 4,4 milliards d'euros au deuxième trimestre et s'est dit en ordre de bataille pour traverser la crise. Toujours dans le secteur aéronautique, Safran a grimpé de 3,9% après avoir certes dévoilé un résultat opérationnel courant et un chiffre d'affaires en recul, respectivement de 49,7% à 947 millions d'euros et de 27,6% à 8,76 milliards d'euros, mais supérieures aux attentes des analystes.

Hors de l'indice phare, FDJ a dominé le palmarès du SBF 120 avec un bond de 18,9%, la crise sanitaire ayant pesé sur ses revenus sans affecter sa rentabilité.

GTT, spécialiste des systèmes de confinement pour le transport maritime et le stockage du gaz naturel liquéfié (GNL), a lui aussi tiré son épingle du jeu, gagnant 5,7% après avoir confirmé ses objectifs annuels dans le sillage de résultats en forte hausse au premier semestre (doublement du bénéfice net à 115 millions d'euros).

Le pétrole bat en retraite

Les cours du pétrole brut évoluaient eux aussi en forte baisse jeudi, le baril de Brent cédant 2,68% à 42,91 dollars et celui de WTI 3,34% à 39,89 dollars.

Sur le marché des changes, la monnaie unique rétrocède une partie de ses gains récents (-0,1% à 1,1780 dollar).

G. B. - ©2020 BFM Bourse
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