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Total : Total accuse sa première perte trimestrielle depuis 2015 mais maintient son dividende

jeudi 30 juillet 2020 à 10h15
Total grimpe en Bourse malgré une rare perte nette trimestrielle

(BFM Bourse) - Le géant pétrolier tricolore enregistre une perte nette de 8,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, largement à mettre sur le compte de dépréciations d'actifs pour un montant total de 8,1 milliards. Le marché apprécie néanmoins la solidité du modèle économique, qui permet à Total de maintenir son coupon trimestriel.

Micro-événement: après être parvenu à dégager un bénéfice net au cours des 17 derniers trimestres, le supermajor pétrolier français voit ses comptes plonger dans le rouge sur le deuxième trimestre 2020, enregistrant sa première perte nette depuis les trois derniers mois de 2015 (à l'époque -1,6 milliards de dollars,). Total avait réussi à préserver un très maigre bénéfice net sur les trois premiers mois de 2020 (-99% à 34 millions d'euros) mais la nouvelle chute des cours, des marges de raffinage et, surtout, de lourdes dépréciations d'actifs, ont conduit le groupe à signifier une perte nette de 8,4 milliards de dollars entre avril et juin, contre un bénéfice net de 2,8 milliards l'année dernière à la même période.

Dans un contexte "historiquement difficile", le PDG du groupe Patrick Pouyanné estime néanmoins que Total a "prouvé sa résistance avec un cash-flow (flux de trésorerie d'exploitation, NDLR) de 3,6 milliards de dollars [-44% sur un an, NDLR], un résultat net ajusté positif [à 130 millions, en repli de 96%, NDLR] et un niveau d'endettement maîtrisé". Des résultats qui ont "notamment été portés par la surperformance des activités de négoce" souligne le dirigeant.

La perte nette dévoilée par le groupe inclut de fait de lourdes dépréciations d'actifs, pour un montant total de 8,1 milliards de dollars déjà annoncée mercredi soir. Cette réévaluation comptable, motivée par la déprime des cours mais aussi la dynamique de la transition énergétique, porte notamment sur les sables bitumineux au Canada (à Fort Hills et Surmont) pour près de 7 milliards de dollars.

Le solde des dépréciations est lié à une révision à la baisse des perspectives de prix de l'or noir. Total précise dans son communiqué qu'il table désormais sur un prix du Brent de 35 dollars par baril (en moyenne) en 2020 -contre 60 dollars à l'origine dans ses perspectives 2020-, puis de 40 dollars en 2021, 50 dollars en 2022 et 60 dollars en 2023, avec des prix du gaz "ajustés en conséquence".

"À plus long terme, Total maintient son analyse selon laquelle la faiblesse des investissements dans le secteur des hydrocarbures depuis 2015 accentuée par la crise sanitaire et économique de 2020 va se traduire à horizon 2025 par une insuffisance de capacités de production au niveau mondial et un rebond des prix", a-t-il cependant ajouté. "Compte tenu de l'évolution technologique, notamment dans les transports", le géant pétrolier tricolore anticipe également que "la demande de pétrole devrait cesser de croître au-delà de 2030" et que "les prix du Brent tendraient alors vers 50 dollars le baril à long terme". La moyenne des prix du Brent sur la période 2020-2050 s'établirait ainsi à 56,8 dollars le baril, une prévision en ligne avec celle des autres mastodontes du secteur (BP et Shell misent respectivement sur un prix moyen de 55 et 60 dollars par baril de Brent entre 2021 et 2050).

"Au cours du deuxième trimestre, le groupe a fait face à des circonstances tout à fait exceptionnelles: la crise sanitaire du Covid-19 qui affecte l'économie mondiale et la crise des marchés pétroliers avec un prix du Brent en très forte baisse à 30 dollars du baril en moyenne, des prix du gaz historiquement faibles et des marges de raffinage très dégradées compte tenu de la chute de la demande", explique Patrick Pouyanné.

Après avoir "observé une baisse moyenne de la demande de produits pétroliers de l'ordre de 30% sur ses réseaux au cours du deuxième trimestre", celui qui est à la tête du groupe depuis octobre 2014 se veut néanmoins rassurant et pointe un "rebond de l'activité en juin en Europe" pour atteindre 90% des niveaux avant-crise sur les réseaux et 97% sur ses commerces gaz et électricité".

Entre avril et juin, la production d'hydrocarbures de Total a reculé de 4% à 2,85 millions de barils équivalent pétrole par jour (Mbep/j), reflet notamment de la volonté de certains membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés de moins pomper afin de soutenir les cours. Pour l'ensemble de l'exercice, le groupe s'attend maintenant à que la production s'établisse entre 2,9 et 2,95 Mbep/j, soit un petit peu moins que ce qui avait été annoncé jusqu'alors.

Total juge que l'environnement reste toutefois "volatil" et confirme au passage sa volonté de réaliser des économies et de réduire ses investissements. Sur ces deux points, le groupe indique avoir fait preuve de discipline dans la mise en oeuvre de son plan d'actions 2020 avec des investissements inférieurs à 14 milliards de dollars et une économie d'un milliard de dollars sur les coûts opératoires par rapport à 2019.

Le géant tricolore de l'énergie souligne par ailleurs que "ce trimestre a démontré une nouvelle fois la qualité du portefeuille d'actifs du groupe, avec un point mort sous les 25 dollars le baril, qui bénéfice de la stratégie privilégiant les actifs à faibles coûts de production, notamment au Moyent-Orient".

"Compte tenu de cette résilience, le conseil d'administration maintient le deuxième acompte sur dividende de 0,66 euro par action et réaffirme sa soutenabilité dans un contexte d'un baril à 40 dollars" est-il précisé dans le communiqué.

Passé le choc de l'annonce d'une perte nette trimestrielle qui a provoqué une chute de 1% du titre Total dès l'ouverture, les investisseurs semblent saluer la solidité du modèle économique du géant pétrolier qui lui permet de maintenir le versement de son coupon trimestriel et de dégager un résultat net ajusté des éléments exceptionnels positif.

Après avoir rapidement effacé ses pertes initiales, l'action du supermajor prend désormais de la hauteur et affiche un gain de 2,1% à 33,135 euros peu avant 10h30. Celle-ci cède toutefois toujours près d'un tiers de sa valeur depuis le début de l'année (-32,7%).

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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