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CAC 40

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Cac 40 : Le CAC 40 peine à digérer une nouvelle avalanche de résultats

jeudi 30 juillet 2020 à 12h35
Avalanche de résultats sur le marché parisien jeudi

(BFM Bourse) - Submergé par une salve de publications semestrielles, moins engageantes que celles de la veille, le marché parisien recule jeudi matin, après le statu quo sans surprise de la Fed et avant la première estimation du PIB américain au deuxième trimestre.

Parvenu mercredi à stopper une série de cinq séances consécutives de baisse sur fond de résultats meilleurs qu'escomptés, la Bourse de Paris tangue de nouveau jeudi matin alors que les investisseurs tentent de faire le tri parmi le flot (très) nourri de publications de grands noms de la cote. À 12h40, le CAC lâche 1,37% à 4.890,94 points, dans un volume de transaction très nourri de plus de 1,3 milliard d'euros.

Les investisseurs ont démarré la journée en prenant connaissance des décisions de la Fed à l'issue d'une réunion de deux jours qui a accouché comme c'était anticipé d'un maintien des taux directeurs dans une fourchette de 0 à 0,25%. L'autorité monétaire a rappelé que ces taux resteraient à ce niveau tant que l'économie ne sera pas pleinement remise du choc. "We are not even thinking about thinking about raising rates" ("Nous ne pensons même à penser relever les taux") a ainsi affirmé le patron de l'institution "Jay" Powell.

Ce dernier a par ailleurs qualifié les perspectives économiques de "très incertaines" et réitéré qu'un soutien monétaire et budgétaire prolongé serait nécessaire pour assurer la reprise.

Le PIB américain attendu en repli historique

Les opérateurs gardent leurs regards sur Washington où aucun consensus ne semble se dessiner entre les élus démocrates et républicains sur un nouveau plan de relance à l'économie alors que des mesures exceptionnelles d'indemnisation dont bénéficient des millions d'Américains au chômage expirent en fin de semaine.

C'est dans ce contexte que les marchés suivront la publication de la première estimation de produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis pour le deuxième trimestre, à 14h30 heure française. Les économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne une contraction de... 34,1% en rythme annualisé, ce qui marquerait son plus forte chute depuis 1947, après -5% au premier trimestre.

Le PIB allemand s'est lui contracté de 10,1% au deuxième trimestre, un chiffre plus important que prévu et qui marque sa pire performance depuis le début de la série statistique en 1970.

Les GAFA sermonnés

Les opérateurs attendent également ce soir les trimestriels très attendus des GAFA, après que Google et Facebook ont été sévèrement critiqués par des élus républicains et démocrates pour leur abus présumé de position dominante au cours d'une audition devant une commission parlementaire mercredi.

"Ce que nous avons entendu des témoins a confirmé les preuves que nous avons récoltées au cours de l'année écoulée", a déclaré à Reuters le démocrate David Cicilline, président de la commission de la Chambre des représentants chargée de la concurrence. Sur le gril, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Sundar Pichai (Alphabet, maison-mère de Google) et Tim Cook -qui n'étaient jamais apparus ensemble devant des parlementaires- ont fait face à un éventail d'accusations selon lesquelles ils ont handicapé des entreprises rivales de plus petite taille afin d'obtenir le maximum de parts de marché.

"Ils ont trop de pouvoir", a asséné d'emblée David Cicilline. Et "ils vont certainement émerger (de la pandémie) encore plus forts et plus puissants qu'avant" a-t-il poursuivi.

"Si le Congrès ne force pas les "Big Tech" à être équitables, ce qu'ils auraient dû faire il y a des années, je le ferai moi-même avec des décrets", a de son côté menacé Donald Trump avant même que la séance ne commence. Dans ce contexte, leurs publications sont encore plus scrutées qu'à l'accoutumée.

Déluge de publications à Paris

Sur le terrain des valeurs, les opérateurs parisiens ont fort à faire avec la plus grande salve de publications trimestrielles de cette nouvelle saison de résultats ce jeudi.

Pas moins de 12 membres de l'indice vedette du marché parisien -Total, Danone, ArcelorMittal, Airbus, Orange, Hermès, Renault, Air Liquide, Veolia, Teleperformance, Safran, Unibail- et d'autres grands noms de la cote (EDF, Technip, Vallourec, Suez, FDJ, Casino, Ipsen) ont dévoilé leurs comptes semestriels mercredi soir ou jeudi matin.

Total a fait part de sa première perte nette trimestrielle (de 8,4 milliards de dollars) depuis le quatrième trimestre 2015 mais celle-ci est largement à mettre sur le compte de dépréciations d'actifs pour un montant de 8,1 milliards de dollars. Le géant pétrolier maintient malgré tout son dividende et se veut rassurant pour la suite, le titre prend 1,8% peu après 11h30.

Airbus gagne 3,4%, l'avionneur, qui a accusé des pertes plus importantes que prévu (de 1,9 milliards d'euros), a précisé qu'il ne pensait pas consommer de trésorerie au deuxième semestre après avoir brûlé 4,4 milliards d'euros au deuxième trimestre et s'est dit en ordre de bataille pour traverser la crise. Toujours dans le secteur aéronautique, Safran prend 4,8% après avoir certes dévoilé un résultat opérationnel courant et un chiffre d'affaires en recul, respectivement de 49,7% à 947 millions d'euros et de 27,6% à 8,76 milliards d'euros, mais supérieures aux attentes des analystes, qui misaient sur un ROC de 840 millions d'euros et des revenus de 8,5 milliards d'euros.

Le groupe de gaz industriels et médicaux Air Liquide a confirmé jeudi ses objectifs annuels, après avoir vu son bénéfice net (+1,8% à 1,08 milliard) et sa marge opérationnelle (de 16,6 à 17,3%) progresser au premier semestre, malgré des perturbations dues à la pandémie. Le titre grappille 0,4%.

Toujours parmi les publications positives du jour, Teleperformance domine le palmarès du CAC avec une hausse de 5,8% à 11h50 alors que sa trajectoire de croissance devrait se poursuivre en 2020. Le spécialiste mondial de la relation client vise une progression de ses revenus de l'ordre de 6% par rapport à 2019 (+5% en comparables sur le premier semestre), même si le taux de marge devrait quelque peu se contracter.

Orange a annoncé un bénéfice net en recul de 10,7% sur le semestre, qui s'explique principalement par une hausse des provisions liées aux risques et litiges. L'opérateur télécoms indique par ailleurs qu'il table sur un recul d'environ 1% de son Ebitdaal ("Ebitda after leases") , principal indicateur de sa rentabilité, en 2020, et lâche 4,3%.

Unibail-Rodamco-Westfield clôt la marche sur le CAC avec un plongeon de 6,9%, le premier groupe coté de l'immobilier commercial au monde ayant accusé une baisse de 14,2% de ses loyers nets à 1,065 milliard d'euros au premier semestre.

Danone abandonne aussi 5,9% après avoir fait état d'un chiffre d'affaires en recul de 8,3% à 5,95 milliards d'euros au deuxième trimestre, plombé par la chute (-31,5% à 925 millions) des ventes d'eaux en bouteille dans les bars et restaurants.

Renault lâche encore 5,1%, le constructeur automobile ayant enregistré la plus lourde perte nette semestrielle de son histoire (-7,3 milliards d'euros), plombé par les difficultés de son partenaire Nissan (-4,8 milliards d'euros) qu'il détient à 43%, et par la crise sanitaire. Ces chiffres contrastent avec ceux du rival français PSA (Peugeot, Citroën) qui a réussi à gagner de l'argent au premier semestre malgré la crise, avec un bénéfice net de 595 millions d'euros.

Le sidérurgiste ArcelorMittal déplore une perte nette de 559 millions de dollars au deuxième trimestre sur des revenus en baisse de 43% sur un an à 11 milliards de dollars, et reste prudent pour la suite de l'année en dépit de signes de reprise. Le titre s'effrite de 0,5%.

Après LVMH (-84%) et Kering (-53%), Hermès constate également une lourde chute de son bénéfice net (-55% à 335 millions d'euros), son activité ayant été lourdement affecté par la pandémie. Sa rentabilité opérationnelle courante s'est également affaissée à 21,5%, contre 34,8% un an plus tôt. Si le groupe de luxe reste "confiant" grâce à un "contexte d'amélioration progressive" amorcé depuis juin, notamment en Asie qui est son plus gros marché, les investisseurs sanctionnent la publication (-3,2% à 12h15).

Toujours au sein du CAC, le numéro un mondial des services à l'environnement Veolia a également souffert au premier semestre, accusant une perte nette de 138 millions d'euros (contre 331 millions de bénéfice net à la même période l'an dernier) mais vise en fin d'année un niveau de performances opérationnelles équivalent à 2019. Le titre recule de 1,9%.

Hors de l'indice phare, FDJ domine le palmarès du SBF 120 avec un bond de 13,2%, la crise sanitaire ayant pesé sur ses revenus sans affecter sa rentabilité.

Le parapétrolier Vallourec a creusé sa perte nette au deuxième trimestre, à 493 millions d'euros après 77 millions un an plus tôt, plombé par des dépréciations principalement aux États-Unis reflétant la baisse du marché pétrolier et gazier. Dans l'autre sens, TechnipFMC prend 6,7%, le groupe d'ingénierie pétrolière ayant annoncé jeudi être revenu dans le vert au deuxième trimestre (bénéfice net de 11,7 millions d'euros, en repli de 87,9%) malgré une baisse de 8% de ses revenus, assurant par ailleurs être en "bonne voie" pour réaliser des économies de coûts de plus de 350 millions de dollars sur l'année

Klépierre a respectivement vu ses revenus et son bénéfice chuter de 7,8% à 616 millions et de 4,3% à 392,1 millions, et dit ne pas être en mesure d'évaluer précisément l'impact de la crise sur ses performances financières en 2020. L'action du spécialiste de l'immobilier commercial dévisse (-6,8%).

Suez évolue proche de l'équilibre (-0,4%) après avoir enregistré une perte nette de 538 millions d'euros au premier semestre, pour partie due à des coûts liés à la conjoncture sanitaire et pour partie à des charges exceptionnelles dans le cadre de la mise en oeuvre du plan stratégique. Le géant français des services à l'environnement constate néanmoins une bonne reprise en juin et souligne avoir fait "preuve de résilience", son chiffre d'affaires semestriel ne s'étant replié que de 5,7 sur un an à 8,17 milliards d'euros.

Casino a nettement aggravé sa perte nette (-87 millions d'euros contre un bénéfice de 12 millions un an plus tôt), la hausse des coûts liée à la situation sanitaire ayant pesé sur les résultats et accru la dette à 4,8 milliards d'euros. Le titre s'effondre de 15,8%.

Le troisième groupe pharmaceutique français, Ipsen, a annoncé jeudi un bénéfice net en légère hausse de 1% au premier semestre et prévoit une croissance de son chiffre d'affaires de 2% en 2020 après avoir suspendu ses objectifs annuels fin mars, le titre grignote 0,9%.

Le géant français de l'affichage publicitaire JCDecaux est tombé dans le rouge et a vu ses ventes plonger de 41,6% au premier semestre à 1,075 milliard d'euros, plombées par une baisse "sans précédent" des investissements publicitaires du fait de la crise du coronavirus, et cède 5,1% peu avant 12h30.

GTT, spécialiste des systèmes de confinement pour le transport maritime et le stockage du gaz naturel liquéfié (GNL), a confirmé mercredi ses objectifs annuels après des résultats en forte hausse au premier semestre (doublement du bénéfice net à 115 millions d'euros), peu affectés par la crise du Covid-19, et poursuit son bon parcours boursier (+5,2%).

Enfin, Eramet a fait part d'une perte nette de 623 millions d'euros au premier semestre (contre -37 millions au premier semestre 2019), pénalisé par une charge exceptionnelle liée au Covid-19, une baisse du prix des matières premières et la crise dans le secteur aéronautique. L'action du groupe métallurgique et minier plonge (-13,9%)

Le pétrole bat en retraite

Les cours du pétrole brut évoluent en baisse jeudi, les investisseurs faisant preuve de prudence devant la progression de la pandémie de Covid-19 et le cap macabre des 150.000 morts franchi aux Etats-Unis, au lendemain de la publication d'un état mitigé des stocks de brut dans le pays. Si les stocks de brut ont nettement reculé au cours de la semaine écoulée (-10,4 millions de barils), ceux d'essence ont en revanche augmenté de 700.000 barils sur la période, alors que les analystes anticipaient un recul de 2 millions. À 12h35, le baril de Brent cède 1,22% à 43,55 dollars et celui de WTI de 1,53% à 40,64 dollars.

Sur le marché des changes, la monnaie unique rétrocède une partie de ses gains récents (-0,33% à 1,1754 dollar).

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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