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CAC 40

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Cac 40 : La reconduction de Jerome Powell à la tête de la Fed pèse sur les marchés

mardi 23 novembre 2021 à 18h00
Le CAC reflue pour la 4e séance consécutive

(BFM Bourse) - Au terme d'une séance mouvementée, le CAC 40 enchaîne une 4e baisse consécutive sur fond de craintes d'un resserrement monétaire - et de prises de bénéfices après un impressionnant rallye.

Marche arrière toute pour le marché parisien. Après avoir mis un terme jeudi dernier à une séquence haussière inédite depuis 1999, le baromètre de la cote tricolore rétropédale et termine dans le rouge ce mardi pour la 4e séance consécutive. Encore frileux ce lundi (-0,10%) à l'entame d'une semaine où la coupure de Wall Street pour Thanksgiving jeudi risque de limiter l'activité, l'indice vedette de la Bourse de Paris a accentué son repli mardi. La séance se solde par un recul de 0,85% à 7.044,62 points, dans un volume d'échanges moyen de 3,6 milliards d'euros. À noter que la séance fut agitée pour le CAC, qui a flirté avec le seuil des 7.000 points peu après 10h (jusqu'à -1,44%) avant de reconquérir brièvement celui des 7.100 points vers 15h50 (+0,08%) puis de rebasculer nettement dans le rouge en fin de séance, pénalisé par l'ouverture compliquée à Wall Street (-0,2% pour le S&P, -1% pour le Nasdaq à 17h55).

Deux éléments ébranlent l'enthousiasme des opérateurs en ce début de semaine: la vive recrudescence des cas de Covid, notamment en Europe, et la reconduction par Joe Biden de Jerome Powell aux manettes de la Fed, l'institution monétaire qui fait la pluie et (surtout) le beau temps sur les marchés. Considéré comme légèrement moins accommodant que l'autre candidate à la présidence Lael Brainard, Jerome Powell a assuré que la banque centrale agirait pour que l'inflation ne "s'enracine pas". Pour les marchés, cette nouvelle est donc synonyme d'un durcissement à venir de la politique monétaire de l'institution après 18 mois de soutien sans faille, d'autant que plusieurs responsables (Richard Clarida, Christopher Waller, etc.) plaident depuis des semaines pour réduire plus rapidement que prévu le rythme des rachats d'actifs.

De l'autre côté, l'accélération du nombre de contaminations au Covid-19, notamment en Allemagne, fait craindre de nouvelles mesures de restrictions qui entraveraient le bon fonctionnement des économies. "Malgré des milliards de doses de vaccins et une reprise massive des bénéfices des entreprises, on ne peut pas dire aujourd'hui que la pandémie de Covid-19 est terminée", constate de fait Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

Depuis la fin de l’été, des signes de surchauffe sur les valeurs de croissance ont par ailleurs commencé à apparaître, observe Geoffroy Goenen "Head of Fundamental European Equity" chez Candriam, sur fond de redressement des taux d'intérêt souverains et dans la perspective d'un retrait crescendo des perfusions gouvernementales à l'économie, que ce soit au niveau de l’aide à la consommation ou au niveau des subsides versés aux petites et moyennes entreprises.

"Dans la perspective de rendements obligataires plus élevés d’ici début 2022, nous devrions observer une dernière vague haussière des actions "value" dans cette même période. Ce phénomène pourrait s’étendre jusqu’à la fin du 1er trimestre. En revanche, il nous semble pertinent de profiter de cette période moins favorable pour les actions "croissance" pour se positionner à des niveaux confortables sur les entreprises qui vont générer une croissance rentable et structurelle pour les prochaines années", indique le spécialiste. Parmi celles-ci, Candriam identifie au sein des actions européennes un grand nombre de candidats pouvant apporter "les solutions aux nombreux défis qui s’accélèrent ; que ce soit au niveau de la transition énergétique, des nouvelles technologies dans la santé, de la digitalisation ou de l’automatisation de l’économie".

Les valeurs de croissance à la peine

En attendant ce retour de balancier, les valeurs de croissance sont effectivement restées à la traîne. Côté nouvelles technologies, santé compris, Eurofins corrige de 4%, STMicro recule d'autant et l'ensemble du secteur a été sensiblement délaissé (-3,4% pour Teleperformance et Dassault Systèmes, -2,8% pour Capgemini). Pour le luxe Hermès et L'Oréal cèdent 1,5% et LVMH lâche 1,4%. Parmi les plus rares progressions de l'indice phare, Airbus (+1,4%) et Safran (+0,6%) forment un dynamique duo aérien dans le sillage de notes d'analystes laudatives, mais c'est Alstom qui domine le palmarès ce mardi (+2,5%).

L'actualité micro-économiques se révèle porteuse pour Transgene, qui grimpe de 5,4% après avoir fait état de premiers signaux d'efficacité (à un stade clinique certes précoce, chez 6 patients traités en phase 1) sur son vaccin thérapeutique contre le cancer TG4050, et pour une autre biotech, AB Science (+3,4%), autorisée par la FDA à démarrer un essai sur une nouvelle molécule.

Trigano fait face à des problèmes d'approvisionnement

Bureau Veritas (-4%) accuse inversement le coup, après avoir reconnu avoir été ciblé ce week-end par une cyberattaque tandis que Trigano affronte une situation particulièrement frustrante: malgré une forte demande de la part des consommateurs européens, les problèmes d'approvisionnement risquent de freiner considérablement sa croissance au premier semestre 2021-2022, et peut-être au-delà, ce qui se traduit par un plongeon du titre (-10,5%). Le marché se montre enfin frileux avec les résultats trimestriels probants du spécialiste du recrutement et du consulting Freelance.com, assortis d'un relèvement d'objectifs annuels.

Sur le marché des changes, l'euro tente de redresser la tête à 1,1263 dollar (+0,22%) malgré le niveau toujours soutenu du rendement des principales obligations du Trésor des Etats-Unis (1,639% sur le bon à dix ans de référence).

Le pétrole rebondit après l'annonce de Biden sur les réserves stratégiques

Évoqué depuis des semaines, et donc intégré par le marché, le recours aux stocks stratégiques annoncé par l'administration Biden ce mardi, avec l'appui d'autres pays consommateurs comme la Chine, l'Inde ou le Royaume-Uni, se traduit par une brusque appréciation des cours pétroliers. Alors que cette manœuvre, inédite mais quelque peu désespérée, visait à endiguer la hausse des cours (et la hausse des prix à la pompe par transitivité), celle-ci a donc l'effet inverse, le baril de Brent reprenant 2,8% à 81,9 dollars vers 18h10, quand le WTI rebondit de 2% à 78,9 dollars. Après cette mise sur le marché de 50 millions de barils, le marché s'attend désormais à ce que l'Opep+ réagisse afin de maintenir le niveau global de l'offre inchangé.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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