(BFM Bourse) - La banque américaine a publié l'intégralité de sa liste "25 for 2026", qui fait la part belle à plusieurs actions cotées à Paris.
Après un millésime 2025 de très bonne facture, porté par les banques et la défense, à quoi peut-on s'attendre pour 2026 pour les Bourses européennes?
Comme nous l'avons écrit dans un précédent article, les bureaux d'études s'avèrent relativement divisés, et voient davantage de potentiel à Wall Street.
D'où la nécessité de procéder à une bonne sélection, et faire donc du "stock picking", comme le dit le jargon boursier.
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Après Oddo BHF, qui avait livré en décembre dernier sa liste d'une trentaine de valeurs à privilégier, Bank of America a publié en début de semaine, ses "25 for 2026", soit, pour simplifier, ses 25 actions européennes favorites pour 2026. Et qui succèdent aux "25 for 2025".
Cette sélection retient notamment le néerlandais et première capitalisation européenne ASML, spécialiste de la photolithographie, une technologie clef pour la conception de semi-conducteurs.
Elle inclut également le grand groupe allemand des logiciels SAP, la société pharmaceutique Astrazeneca ou encore Rolls Royce l'équipementier aéronautique britannique, spécialiste des moteurs pour gros porteurs.
Nous avons reproduit l'intégralité de la liste de Bank of America en fin d'article. Nous avons choisi de nous concentrer sur les actions françaises, qui représentent le gros du contingent de sa sélection (huit sur 25).
>Airbus porté par l'amélioration de sa rentabilité
Bank of America estime qu'Airbus présente, au cours actuel, une opportunité de s'exposer à moindre frais à la trajectoire ascendante de sa rentabilité.
La banque avance que les récents résultats de la société ont permis de démontrer l'amélioration des marges du groupe, notamment sur les monocouloirs, avec sa famille phare, l'A320 neo. Non seulement les volumes progressent dans cette famille, mais le "mix" soutient les marges, grâce à une hausse de la répartition des ventes vers les modèles les plus rentables, comme l'A321 XLR, un avion capable d'effectuer certains vols long-courriers.
De plus, la famille de gros-porteurs A350 devrait connaître une amélioration de ses livraisons en 2026, à la suite du rachat par Airbus d'une partie des activités d'un sous-traitant clef, à savoir Spirit Aerosystems.
La banque pense que la division d'aéronautique civile pourrait dépasser le seuil des 12% de marge opérationnelle ajustée à l'horizon 2027, après 10% en 2024.
Plus largement, "après trois années consacrées à la reconstruction de la chaîne d'approvisionnement et de ses propres capacités de production internes, nous pensons qu'Airbus est en passe de réaliser une forte augmentation de ses marges à moyen terme, à mesure que la production progresse", écrit la banque.
>Engie a encore du potentiel ?
Certes, l'action Engie a bien progressé l'an passé (+46,37%, sixième plus forte hausse du CAC 40). Et, certes, Engie est un "consensus buy", c'est-à-dire une action que bon nombre de bureaux d'études recommandent d'acheter.
Pour autant, Bank of America identifie trois facteurs de hausse du titre. L'établissement pointe une dynamique positive des résultats (la banque retient une croissance moyenne du résultat par action d'environ 8% sur les trois prochaines années) ou une valorisation attrayante (13 fois les bénéfices attendus pour 2026 soit une décote de 15% par rapport à son secteur) couplée à un rendement du dividende qualifié de "généreux", avec un taux de 6% contre moins de 4,5% pour le secteur.
La banque cite, en dernier élément, la prometteuse activité de capacités de stockage d'énergie par batteries ("Battery Energy Storage System", BESS).
"Le stockage d'énergie représente 40% de la croissance prévue de l'Ebitda (résultat brut d'exploitation, NDLR) au cours des trois prochaines années, en synergie avec les activités de gestion de l'énergie, afin d'aider Engie à gérer la charge des centres de données aux États-Unis et au-delà", écrit Bank of America.
>Essilorluxottica résistera à la concurrence dans les lunettes d'IA
Le groupe d'optique Essilorluxottica a changé de dimension l'an dernier, grâce à l'essor des "wearables" (objets connectés), a fortiori avec ses lunettes d'intelligence artificielle (IA), fruit de sa collaboration avec Meta. Ces produits ont largement contribué à la forte croissance record la société au troisième trimestre, de 11,7% hors effets de changes.
Le cours du groupe franco-italien a toutefois fléchi en fin d'année, à la suite d'annonces de la prochaine commercialisation de lunettes d'IA par des géant de la tech (Alibaba, Google).
Mais Bank of America n'"est pas inquiète" de la concurrence. "Nos prévisions tiennent déjà compte d'une baisse de la part de marché d'Essilorluxottica, qui passerait de 100% actuellement à 33% en 2035, tandis que le positionnement du groupe est plus solide que celui de ses concurrents grâce à son vaste réseau de magasins, à sa capacité unique à développer des applications MedTech et à son large portefeuille de marques", écrit l'établissement.
Par ailleurs, cette plus grande concurrence a aussi une vertu: elle améliore la pénétration des lunettes d'IA et augmente la taille du marché pour l'ensemble des acteurs.
Au vu de la forte croissance annoncée des "wearables", qui n'en est qu'à ses prémices, la valorisation de la société est attractive, juge l'établissement.
>Hermès enfin bon marché
Dans le luxe, Bank of America a récemment conseillé aux investisseurs de "retenir les chevaux". La banque table, certes, sur une relance du secteur en 2026. Mais cette reprise serait modérée (autour de 5%) et ne justifie guère les multiples boursiers du secteur dans son ensemble, considère l'établissement.
Dans ce contexte, elle recommande de privilégier Hermès, le sellier-maroquinier s'échangeant avec une prime historiquement faible par rapport à son secteur. Ce alors que "ses moteurs de croissance demeurent intacts" avec , notamment, des volumes attendus en hausse grâce des ouvertures de tanneries prévues d'ici à 2028. La banque s'attend à une croissance de plus de 10% du chiffre d'affaires sur la période 2025-2028.
>L'Oréal parti pour surperformer le marché de la beauté
La thèse de Bank of America sur le numéro un des cosmétiques reste très simple. La banque estime que le groupe accélérera sa croissance cette année, ce qui suffira à déclencher un "re-rating" (une appréciation des multiples boursiers). L’établissement retient une croissance supérieure à 5% pour 2026, soit davantage que le marché de la beauté (+4,9%).
"Nous pensons qu'il existe de plus en plus d'indications d'une reprise progressive de l'écosystème chinois, que les vents favorables soutiendront les tendances solides aux États-Unis et que le 'beauty stimulus' (un plan de relance de L'Oréal, soutenu par de nombreux lancements de produits) conduira à une plus grande importance accordée à l'innovation en 2026", expose Bank of America.
>Des craintes exagérées sur la France et les toitures américaines pour Saint-Gobain
Bank of America pense que Saint-Gobain offre du potentiel, lié au rebond du logement en Europe, qui portera ses marges, ou encore à la poursuite de ses rotations d'actifs.
Cela signifie que le producteur de matériaux de construction devrait à la fois annoncer des acquisitions et des cessions dans les prochains mois. Le but affiché est de renouveler l'équivalent de 20% de ses revenus à l'horizon 2030 (soit l'équivalent de 10 milliards d'euros de cessions et acquisitions).
Dans la mesure où Saint-Gobain présente un bilan flatteur en matière de croissance externe, Bank of America pense que des annonces d'opérations de taille moyenne serviront de catalyseurs au titre.
Par ailleurs, les craintes du marché sur l'activité du groupe en France ainsi que sur la division de toitures résidentielles aux États-Unis "sont largement intégrées" dans le cours de l'action. Ce qui offre ainsi "un point d'entrée attirant", explique l'établissement.
>Société Générale partie pour se magnifier
Bank of America estime qu'après avoir enregistré un "bon" millésime en 2025, Société Générale connaîtra une "superbe" année 2026. Le titre de l'établissement de La Défense a, certes, gagné 153% l'an passé. En dépit de ce rallye, l'action reste bon marché, s'échangeant 0,8 fois la valeur comptable du bilan de la banque par titre ("tangible book value").
De quoi permettre encore au titre de grimper, selon Bank of America, grâce à l'accent mis sur les coûts et à une amélioration de l'efficacité du capital.
L'établissement pense que Société Générale atteindra un taux de rentabilité de ses fonds propres (ROTE) de 13% en 2028 contre 10% en 2025.
Il s'attend par ailleurs à une "convergence" entre les réseaux de banque de détail en France et la banque en ligne Boursobank, Bank of America jugeant cette issue "inéluctable".
"Un modèle axé sur le numérique permettrait à la Société Générale de se positionner comme un pionnier dans l'évolution inévitable du secteur bancaire de détail en Europe, où la concurrence croissante des fintechs et des néobanques rend l'efficacité essentielle à une croissance durable", avance Bank of America.
>Totalenergies paré pour rebondir ?
La major pétrolière tricolore a souffert en Bourse l'an passé, pénalisée par une baisse des cours du pétrole mais aussi par la hausse de son endettement. Pour le réduire, l'entreprise a décidé d'ajuster en septembre sa politique de retour à l'actionnaire, en réduisant ses rachats d'actions trimestriels.
Bank of America s'attend à ce que les prix du pétrole demeurent atones, anticipant un Brent à 61 dollars en moyenne sur 2026-2027. Ce qui constitue "l'environnement idéal" pour que la division "integrated power" (génération, stockage et négoce d'électricité, distribution de gaz et d'électricité, avec notamment les renouvelables) du groupe brille.
Pour Bank of America, cette division distinguera Totalenergies de ses rivaux, car elle permettra à la société d'améliorer sa génération de trésorerie d'ici à 2030 sans pour autant que les cours du pétrole remontent.
Le groupe pétrolier, s'attend, en effet, à ce que cette division "integrated power" soit "net cash positif" à l'horizon 2028.
La liste complète des valeurs
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