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CAC 40

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Cac 40 : Stellantis et Renault qui rebondissent de 15,5% et 7%, Kering qui s'effondre de 16%, Carrefour qui perd 14%... Quels groupes du CAC 40 ont le mieux (et le moins bien) réussi la saison des résultats?

Aujourd'hui à 07:00
Saison mitigée pour le CAC 40

(BFM Bourse) - Alors que le bal des publications du troisième trimestre est désormais achevé (nous avons fait une exception pour Eiffage), quels pensionnaires du CAC 40 ont le plus brillé ? Et a contrario quels sont ceux qui ont sombré.

La saison des résultats du troisième trimestre reste toujours à haut risque. Il s'agit de la dernière publication avant la fin de l'année civile et souvent la période s'avère propice à de nombreux avertissement sur résultats.

In fine, ce millésime s'avère plutôt réussi en Europe. Selon un décompte partiel réalisé par Barclays à la fin de la semaine dernière, les bénéfices par action du Stoxx Europe 600, un indice paneuropéen, ont grimpé de 28% se rapprochant grandement de la performance de leurs homologues américains du S&P 500 (+29%) sur la période.

Toutefois, l'établissement britannique note également que les réactions boursières ont finalement été assez "faibles" au regard de ces publications.

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Une saison mitigée

Qu'en a-t-il été des groupes du CAC 40 ? Pour savoir quelles sociétés ont le mieux et le moins bien réussi l'épreuve, nous avons de nouveau pris un thermomètre simple : la réaction de marché qui a suivi la parution des résultats de chaque membre de l'indice.

Pour chaque pensionnaire du CAC 40, nous avons retenu la réaction du cours de Bourse lors de la séance suivant la publication. Soit le jour même pour les sociétés annonçant leurs résultats le matin, soit le lendemain pour les groupes qui publiaient le soir, comme LVMH.

Reconnaissons que ce baromètre a évidemment ses imperfections. Schneider Electric a signé une performance assez anonyme après sa publication (-1,8%). Mais, quelques jours plus tôt, l'action avait surtout chuté de près de 10% après l'annonce du rachat pour 20 milliards d'euros du spécialiste des logiciels industriels PTC.

Par ailleurs, nous avons choisi d'établir ce bilan sur 39 membres du CAC 40, Eiffage publiant ses résultats jeudi prochain, bien tardivement par rapport à ses camarades de l'indice parisien.

Notons au passage que la saison s'est avérée mitigée pour les groupes du CAC 40. La variation moyenne s'est établie à 0,13%. Le nombre de punition lourdes (une baisse de plus de 4%) s'établit à six et s'équilibre par rapport aux hausses de plus de 4%, au nombre de cinq.

Quels groupes ont le mieux réussi l'épreuve ? Pour l'illustrer, nous avons compilé l'infographie ci-dessous.

Essillor et les constructeurs au top

In fine, la meilleure performance est signée d'une courte tête par Essilorluxottica (+15,48%). Avec une croissance de 7,2% en données comparables, le groupe d'optique et propriétaire de Ray-Ban a (pour l'heure) donné tort aux observateurs les plus pessimistes qui redoutent que ses lunettes d'IA cannibalisent son activité de montures traditionnelles. Surtout, la société franco-italienne a démontré que ses métiers historiques étaient en pleine forme.

"Nous constatons désormais que l'activité traditionnelle (c'est-à-dire hors appareils portables) a connu une accélération de sa croissance au cours des deux dernières années, avec une progression supérieure à 6% chaque trimestre depuis le début de l'année", tranche Barclays.

Deuxième, Stellantis (+15,39%) a vu sa réaction être amplifiée à la fois par une valorisation à la casse (le titre perd plus de 80% depuis ses plus hauts de mars 2024) et des "rachats de shorts", c'est-à-dire des vendeurs à découvert qui ont débouclé leurs positions et racheter l'action, ce qui accélère le mouvement de hausse.

Le groupe a dévoilé des résultats supérieurs aux attentes et la conférence téléphonique tenue par la direction dans la foulée a donné plusieurs éléments de réponses aux questions que peut se poser le marché.

Selon Citi, la véritable raison de l'envolée de l'action réside dans les éléments suivants : l’absence de nouvelles mauvaises surprises, le maintien des prévisions pour 2026 (après de nouveaux avertissements sur résultats de Mercedes-Benz et Volkswagen), "l’assurance que le flux de trésorerie disponible du quatrième trimestre inversera la tendance négative observée au troisième trimestre, et l’accent mis de manière significative sur le programme de réduction de coûts, qui sous-tend les objectifs de redressement fixés par la direction".

Pour autant, une hirondelle ne fait pas le printemps. "Le troisième trimestre montre des signes encourageants en matière de maîtrise des coûts, mais ne dissipe pas les inquiétudes concernant le rythme et la qualité de la reprise", tranche Oddo BHF.

L'autre grand constructeur automobile du CAC 40 (+6,91%), Renault prend la troisième place. Peut-être trop injustement considéré comme une victime de la concurrence des constructeurs chinois en Europe, le groupe au losange est venu rappeler au marché la qualité de son exécution et de l'opérationnel.

Le groupe a dégagé des revenus supérieurs aux attentes avec une activité jugée "de qualité" par Oddo BHF, tout en confirmant ses objectifs 2026.

"Contrairement à de nombreux constructeurs automobiles qui ont publié des avertissements sur résultats, Renault fait figure d'exception", apprécie UBS.

Carrefour et Kering sombrent

Pour Citi, "Renault tient ses promesses dans des temps difficiles". "L'exécution de Renault a été bien meilleure que prévu au cours de l'exercice 2026, alors que de nombreux concurrents ont connu des difficultés. Cette performance s'explique notamment par une stratégie privilégiant la valeur plutôt que le volume, des ventes au détail solides, la croissance des ventes de véhicules utilitaires légers et une bonne maîtrise des coûts", apprécie la banque américaine.

À noter que la première capitalisation de la Bourse de Paris, L'Oréal, a fait mieux que tenir son rang. Le groupe de cosmétiques a pris 5,64% après avoir dégagé une croissance de 7,7% en données purement comparables, dépassant les attentes même les plus optimistes.

"L'Oréal joue dans une autre catégorie" et évolue "dans une classe à part", loue Barclays qui note que la société "a dépassé avec aisance une barre élevée". "C'est une TRES (oui en lettres capitales dans le texte, NDLR) robuste publication", a de son côté jugé Jefferies.

De l'autre côté du spectre, si le luxe a globalement souffert durant cette saison, Kering a accusé un plongeon spectaculaire (-16,6%). L'activité de Gucci, sa marque la plus importante, a largement déçu les investisseurs. Royal Bank of Canada écrit que la mauvaise performance de Gucci "rend les perspectives pour le quatrième trimestre plus difficiles que prévu, compte tenu de l'accélération des lancements de nouveautés depuis novembre ainsi que des investissements de la marque dans le marketing et la rénovation de ses boutiques".

Bernstein se montre sceptique face aux efforts du groupe, avec l'arrivée prochaine dans les magasins de la collection "GucciCore".

"Cette forte dépendance à l’égard de la nouveauté pour générer du trafic et des ventes révèle un manque d’intérêt sous-jacent pour le produit phare de Gucci. Nous pensons que cela témoigne d’une vision encore floue de la marque vis-à-vis de ses consommateurs", assène l'intermédiaire financier.

Carrefour a souffert, chutant de 13,8% dans la foulée de la publication de son activité du troisième trimestre. La sanction du marché a porté sur les perspectives du distributeur qui ont été sabrées violemment en raison des impacts directs et indirects des violences survenues le week-end du 17-18 octobre dernier.

Le groupe a chiffré cet impact entre 80 et 200 millions d'euros au niveau du résultat opérationnel courant.

"Si les nouveaux objectifs nous paraissent plus réalistes, la visibilité reste faible à l’approche d’un quatrième trimestre clé (sur l’activité, mais surtout sur la marge et le flux de trésorerie), avec un risque accru en cas de prolongation des perturbations et d’un potentiel ralentissement plus marqué de la consommation (crédible selon nous)", prévient Oddo BHF.

Troisième plus forte baisse avec une chute de 10%, Safran a connu un rare accident dans son parcours boursier par ailleurs très bon.

Le groupe aéronautique a simplement confirmé ses objectifs alors que le marché espérait plus. "Nous pensons que les investisseurs s'attendaient à une révision à la hausse des prévisions lors de la publication aujourd'hui, la dynamique des activités liées à la maintenance, à la réparation et à la révision (MRO) des moteurs restant soutenues", explique Royal Bank of Canada.

Surtout, le directeur général, Olivier Andriès, a annoncé aux analystes que le groupe allait "accélérer significativement ses investissements dans les années à venir" avec un niveau de "capex" à plus de 6% des ventes.

Un intermédiaire financier explique que, sur les dernières années, ces "capex" se situaient plutôt autour de 4,5%-4,6% du chiffre d'affaires. Ce qui a poussé les analystes à abaisser leurs prévisions de flux de trésorerie.

"Les dépenses d'investissement seront plus élevées en 2027-2028, mais nous estimons que la correction de 10% subie par Safran en une seule journée exagère l'ampleur des dégâts", tranche Barclays.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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