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Loreal : Le groupe «joue dans une autre catégorie»… Grâce aux parfums et aux produits pour les coiffeurs, la croissance de L'Oréal atomise les attentes, l'action grimpe de 3%

Aujourd'hui à 09:41
L'Oréal monte en Bourse

(BFM Bourse) - Le groupe de cosmétiques a livré une croissance de 7,7% en données comparables au troisième trimestre, dépassant les prévisions même les plus optimistes. La publication confirme les tendances structurelles qui portent le groupe. Et conforte son statut de premier groupe de la Bourse de Paris.

Le temps où les "KOHL" impressionnaient le monde entier paraît bien loin. Cet acronyme a longtemps renvoyé aux groupes de luxe et de beauté du CAC 40 (Kering, L'Oréal, Hermès et LVMH) dont les performances tant en termes de croissance que de hausses des cours de Bourse faisaient le bonheur et la réputation de l'indice parisien. Ces quatre lettres désignaient ainsi les champions très "glamour" de la place parisienne.

L'Oréal pouvait faire figure d'intrus dans ce quatuor. D'abord parce que le groupe de cosmétiques n'appartient pas au secteur du luxe (il fait partie des "staples", les biens de consommation) et ensuite parce que sa croissance n'était pas nécessairement la plus dynamique.

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Les temps changent. LVMH a déçu le marché à plusieurs reprises, sa division phare la mode et maroquinerie peinant à renouer avec la croissance. Hermès inquiète de plus en plus les investisseus et enchaîne les punitions boursières. Kering éprouve de grandes difficultés à relancer Gucci. Ces trois groupes chutent respectivement de 40%, 39% et 36% depuis le début de l'année, en Bourse.

Et L'Oréal? Le groupe de cosmétiques surperforme largement, avec une action qui s'adjuge 12,7% cette année. L'entreprise est même devenue en septembre la première capitalisation boursière de la Bourse de Paris, détrônant LVMH. La société ne cesse d'impressionner le marché, avec une croissance qui dépasse désormais celles des groupes de luxe (6,5% au premier semestre).

Un troisième trimestre à grand enjeu

Le groupe tire parti d'un marché de la beauté porteur et résilient face aux cycles économiques, ains que de sa capacité à innover, intégrer des évolutions technologiques dans ses procédés et la conception de ses produits, et gagner des parts de marché.

Le troisième trimestre, dont l'activité a été publiée jeudi soir après la clôture du marché par le groupe, devait constituer un "moment de vérité" pour le groupe, prévenait UBS.

La banque suisse jugeait cette publication "critique", car en délivrant une croissance supérieure à 6% sur cette période, le groupe avait l'opportunité de faire taire les esprits chagrins avançant que sa croissance du premier semestre avait été gonflée une base de comparaison clémente.

"Le maintien d'un rythme de croissance d'environ 6% au troisième trimestre, alors que la base de comparaison est la plus difficile de l'année, confirmerait l'idée selon laquelle la combinaison de l'intelligence artificielle, du numérique et de plusieurs mégatendances favorables (telles que la prise de conscience accrue des consommateurs en matière de santé, la longévité, le bien-être, l'essor rapide des consommateurs aisés sur les marchés émergents, etc.) devrait, de manière structurelle, stimuler une croissance plus forte du secteur et renforcer la surperformance de L'Oréal", expliquait UBS.

Le groupe de cosmétiques a, in fine, dépassé même les attentes les plus élevées. Le marché apprécie: l'action s'adjuge 3,6% ce vendredi 23 octobre en début de séance, signant de loin la plus forte progression du CAC 40.

"L'Oréal joue dans une autre catégorie" et évolue "dans une classe à part", loue Barclays qui note que la société "a dépassé avec aisance une barre élevée". "C'est une TRES (oui en lettres capitales dans le texte, NDLR) robuste publication", abonde Jefferies.

"Blockbusters sur blockbusters" dans les parfums

Sur la période allant de juillet à fin septembre, L'Oréal a dégagé une croissance de 7,2% en données comparables. Retraitée des impacts liés aux déploiements des nouveaux systèmes informatiques SAP (qui ont conduit le groupe à surstocker dans certaines régions et divisions), la croissance en données comparables s'établit à 7,7%, soit une nette accélération par rapport à la première partie de l'année.

Le consensus (la prévision moyenne des analystes) n'était calé qu'à 5,4% tandis que les investisseurs espéraient un chiffre autour de 6%. Dans tous les cas, L'Oréal a atomisé les prévisions.

Alors que le marché de la beauté "démontre sa résilience", nous "avons nettement surperformé le marché sur la vaste majorité de nos catégories, division et régions", a déclaré jeudi soir aux analystes Nicolas Hieronimus, le directeur général de la société.

Toutes les divisions ont dépassé les attentes. La croissance la plus marquées reste celle des "produits professionnels", c'est-à-dire les ventes réalisées par le groupe auprès, notamment, des salons de coiffure, avec une progression des revenus de 13,9%, contre un consensus logé à 9,3%.

La division luxe, qui rassemble les parfums ou les crèmes Kiehl ou Aesop, a pris de vitesse les analystes, avec une croissance de 7% contre 3,8% attendu. Les parfumes "restent le moteur de croissance" de la division, écrit Barclays.

Nicolas Hieronimus a déclaré aux analystes que le groupe avait le vent en poupe dans les parfums avec une croissance proche de 10%, soit près de deux fois celle du marché. "Nous ajoutons blockbusters sur blockbusters", a ajouté le dirigeant, rappelant que la société dispose dans son offre de "La vie est belle" de Lancôme, le parfum numéro un au monde, selon lui, ou encore de la gamme paradoxe de Prada.

La beauté dermatologique (Cerave, La Roche Posay) n'a pas été en reste avec une croissance de 13,9% en données comparable.

Par région, les performances les plus marquantes ont été réalisées en Europe, avec une croissance de 8,9% contre 4,9% attendu et Asie du Nord. Cette région, dans laquelle la Chine représente 65% des revenus, selon Jefferies, a vu ses revenus grimper de 7,8% contre un consensus à 3,8%.

L'Oréal tiendra en décembre une journée investisseurs centrées sur la façon dont l'intelligence artificielle (IA) changes à la fois sa gestion des ventes et des coûts.

"Nous pensons que cette prestation (la croissance du troisième trimestre, NDLR), qui précède cet événement, apportera un cadre solide et renforcera la crédibilité des études de cas présentées sur l'amélioration des méthodes de fonctionnement", juge Jefferies.

Pour Barclays, le troisième trimestre de L'Oréal "renforce notre conviction comme quoi le groupe peut afficher une croissance plus élevée et plus longtemps", alors que l'IA "constitue un autre facteur susceptible d'accélérer un modèle déjà différencié, à l'approche de sa journée investisseurs dédiée à l'IA et prévue les 30 novembre et 1er décembre".

"Nous ne cacherons pas que cette accélération de la croissance organique est tout aussi impressionnante que déroutante face à un marché en croissance de 5% sur le trimestre et à des bases de comparaison moins faciles qu’au premier semestre", juge pour sa part Oddo BHF.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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