(BFM Bourse) - Selon un récent relevé fourni par Euronext, Schneider Electric et Totalenergies étaient au coude à coude pour le titre de première pondération dans le calcul de l'indice phare de la Bourse de Paris.
Même certains experts ont tendance à l'oublier : tous les pensionnaires du CAC 40 ne sont pas "égaux".
La variation quotidienne de l'indice phare de la Bourse de Paris ne se calcule pas en effectuant une simple moyenne arithmétique des évolutions des 40 actions le composant.
Chaque titre a une "pondération", c'est-à-dire un certain poids, dans ce calcul. Par exemple, le poids de Renault, le plus faible du CAC 40 se limite à 0,31%, quand celui de Sanofi s'établit à 4,86%.
Imaginons que Sanofi gagne 10% sur une séance et que les 39 autres actions du CAC 40 soient stables. L'indice va alors gagner 0,486%.
Ces pondérations ne sont pas fixes. Elles évoluent chaque jour en fonction de la capitalisation boursière, c'est-à-dire la valeur de la totalité des actions d'une société.
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Une question de flottant
Point important et qui peut prêter à confusion même chez les experts, cette "pondération" ne dépend pas de la capitalisation simple mais de la capitalisation dite "flottante".
Selon le site du ministère de l'Économie, cette nuance existe depuis le 1er décembre 2003, le CAC 40 s'adaptant alors aux pratiques en vigueur sur les autres grands indices.
"Cela veut dire que, depuis cette date, le nombre de titres disponibles à l’achat sur le marché pour une société est pris en compte dans le calcul de l’indice", explique le site.
L'idée était à l'époque de limiter le poids et l'impact de certains groupes publics, comme France Télécoms, qui avait affiché une capitalisation boursière impressionnante en raison de la bulle internet (224 milliards d'euros en mars 2000, selon Le Monde, soit plus que n'importe quel groupe actuel du CAC 40).
Cette prise en compte de la capitalisation "flottante" change pas mal la donne car elle diminue le poids de grands groupes familiaux où le capital est majoritairement détenu par des familles. Prenons le cas d'Hermès et de Sanofi. Hermès affiche une capitalisation boursière de 145,16 milliards d'euros soit nettement plus que Sanofi et ses 89,63 milliards d'euros.
Mais 66,7% du capital d'Hermès est détenu par la famille du fondateur Emile Hermès, ce qui laisse un capital flottant de 32,6% (0,7% est par ailleurs auto-détenu par la société) soit environ 48 milliards d'euros. A contrario, le flottant de Sanofi, en pourcentage, s'élève à 73,3% ce qui aboutit à une capitalisation flottante de 65,72 milliards d'euros.
Ce qui explique que la pondération de Sanofi s'avère, in fine, bien plus importante que celle d'Hermès.
Le luxe perd de sa stature
Au final, quels sont les groupes qui ont le plus d'impact sur le cours du CAC 40 ? Sur la base de données fournies par Euronext et arrêtées à la clôture du 14 septembre dernier, nous avons établi le classement dans l'infographie ci-dessous. Précisons que depuis cette date ces pondérations ont pu légèrement changer avec les évolutions des titres de chaque société.
