(BFM Bourse) - Selon une enquête de septembre compilée par Bloomberg, les stratégistes des grandes banques voient encore l'indice Stoxx Europe 600 grimper d'environ 5% d'ici à la fin de l'année, soit un plus haut de huit ans pour un mois de septembre. Si la hausse des cours du pétrole freine les marchés européens, la solide croissance des bénéfices des entreprises constitue une force d'appui.
Autrefois largement à la traîne de Wall Street, les actions européennes tiennent désormais la dragée haute aux américaines. L'an passé, les indices actions du Vieux Continent ont d'ailleurs battu ceux de la Bourse de New York.
En 2026, la donne s'avère un tantinet différente. Le Stoxx Europe 600, l'indice de référence en Europe, s'adjuge 8,3% contre 11,6% pour le S&P 500, le baromètre le plus large de Wall Street. Les bourses européennes ont notamment souffert davantage que New York de la flambée du pétrole causée par le conflit en Iran. Ce parce que la dépendance énergétique de l'Europe à l'extérieur s'avère largement supérieure à celle des États-Unis, premier producteur mondial de pétrole (18,5 millions de barils par jour depuis l'avènement du pétrole de schiste à l'orée des années 2010).
Toutefois, les stratégistes des grandes banques se montrent, dans l'absolu, optimistes sur les perspectives des actions européennes pour les derniers mois de 2026.
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Une forte croissance des bénéfices
Bloomberg a compilé leurs prévisions, et arrive à une médiane de 670 points pour le Stoxx Europe à fin décembre 2026, ce qui accorde un potentiel d'environ 5% à l'indice européen pour le reste de l'année.
L'agence explique que, pour un mois de septembre, les stratégistes n'avaient jamais été aussi optimistes sur les actions européennes depuis 2018.
Cet optimisme prend sa source dans la hausse prononcée des bénéfices des entreprises cotées et dans les dépenses budgétaires de l'Allemagne.
"Nous conservons notre opinion positive sur les marchés boursiers européens, grâce à une solide croissance des bénéfices et à des valorisations peu élevées", a écrit mardi Deutsche Bank.
Après avoir augmenté de 7% au premier trimestre, les bénéfices des sociétés ont augmenté de 24% au deuxième trimestre, et le consensus (la prévision moyenne des analystes) attend 19% au troisième et 23% au quatrième.
"Le conflit en Iran et les perturbations liées au marché du pétrole n'ont pas créé le choc durable sur les bénéfices que beaucoup craignaient, même si les niveaux de stockage de gaz en Europe restent inconfortablement bas. L'élan de la politique budgétaire pour la défense, les infrastructures et l'investissement industriel continue de se renforcer, en particulier en Allemagne", observe UBS.
Ce vendredi, la banque suisse a indiqué tabler sur une progression de 15% des bénéfices des entreprises européennes cotées dans la zone euro tant pour 2026 que 2027.
Des nuages à l'horizon
"Nous estimons qu'une intensification des dépenses budgétaires (associée à des mesures visant à renforcer l'autonomie et la productivité de l'Europe, etc.) devrait stimuler la croissance du bénéfice par action à long terme. Les valorisations des marchés boursiers européens ne reflètent pas encore pleinement cette évolution et pourraient donc connaître une nouvelle réévaluation à partir de ce niveau", développe pour sa part la banque américaine Citi.
Barclays note que les indices européens ont pu être soutenus par la volonté des investisseurs de diversifier leurs portefeuilles, les craintes autour de l'intelligence artificielle favorisant les actions européennes, moins exposées à cette thématique.
"La croissance de l'Union européenne reste solide, tirée par l'Allemagne et le secteur manufacturier", avance la banque britannique.
Toutefois, Barclays ajoute que le regain de tensions sur les cours du pétrole et les taux obligataires complique la donne.
"La récente flambée des prix de l'énergie, conjuguée à la persistance du conflit entre les États-Unis et l'Iran et au niveau toujours bas des stocks de gaz, a ravivé les craintes de stagflation (la combinaison d'une inflation élevée et d'une croissance anémique, NDLR). Bien que l'ampleur de ce choc soit bien moindre qu'en 2022 et qu'il ne touche pas spécifiquement l'Europe, les consommateurs subissent néanmoins une pression croissante due à la baisse du revenu disponible et des salaires réels", prévient encore la banque britannique.
