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CAC 40

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Cac 40 : Rechutant de près de 6%, le CAC 40 tombe au plus bas depuis juin 2013

mercredi 18 mars 2020 à 17h45
Le CAC plonge de nouveau mercredi (-5,94%), au plus bas depuis juin 2013

(BFM Bourse) - Emporté par le secteur aéronautique en perdition, la Bourse de Paris enregistre une nouvelle correction (-5,94%) au lendemain d'un maigre rebond (+2,84%). Le pétrole touche pour sa part un plancher depuis 2003. Le plongeon devient abyssal.

De timide rebond en lourde rechute, le CAC 40 n'en finit plus de creuser ses pertes, qui atteignent désormais 37,3% depuis le 1er janvier. À 3.754,84 points en clôture (-5,94%), le baromètre du marché parisien touche mercredi un nouveau plus bas depuis juin 2013, dans un volume d'échanges de 5,5 milliards d'euros.

La prolongation pour un mois de l'interdiction des ventes à découvert a -sans surprise de l'avis de tous les professionnels- fait l'effet d'un pansement sur une jambe de bois.

"Les marchés financiers encaissent un choc à la hauteur des incertitudes économiques actuelles. L’économie sera quasiment à l’arrêt pendant des semaines et les impacts sur la croissance, sur les ménages et sur les entreprises sont extrêmement difficiles à estimer", souligne Jean-Luc Hivert, le directeur général de la société de gestion du Crédit Mutuel La Française AM.

Les gouvernements et banques centrales "prêts à tout"

S'il est acquis que, comme la crise financière de 2008, celle-ci entraînera elle aussi une récession mondiale, estimer ses répercussions chiffrées sur le PIB est pour le moment illusoire. D'une part, personne ne peut prédire à quel moment la situation sanitaire s'améliorera suffisamment pour permettre un retour à la normale. D'autre part, on annonce déjà un éventail de réponses inédites pour essayer d'en contrer les effets sur l'économie. Sur ce point, "nous pouvons en revanche avoir confirmation de l’engagement des États et des banques centrales dans la gestion de cette crise économique. Ces dernières, parfois tâtonnantes sur la forme, rappelleront rapidement que leurs interventions n’ont pas de limite en termes de taille", note La Française AM.

Aux États-Unis, l'idée de l' "helicopter money" (distribuer directement de l'argent aux citoyens) et de revenu universel durant la crise sanitaire font leur chemin. Outre-Manche, le nouveau gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, a qualifié la pandémie du coronavirus d'"urgence économique" sans précédent et a répété que l'institut monétaire dont il a pris les commandes lundi était prêt à tout pour soutenir l'activité.

Lourde rechute à Wall Street

Revigorés mardi (+5,2% pour le Dow, +6,2% pour le Nasdaq) par les nouvelles mesures de soutien à l'économie annoncées par la Fed et la Maison Blanche, les principaux indices new-yorkais rechutent lourdement mercredi matin. Alors que l'administration et le Congrès préparent un plan pouvant s'élever jusqu'à 1.000 milliards de dollars selon les médias américains, la débauche de dépenses semble commencer à inquiéter certains investisseurs. "En plus de la débandade sur les marchés boursiers, générée par la peur des conséquences économiques des mesures de confinement (...), les marchés obligataires un peu partout dans le monde semblent avoir perdu confiance dans la capacité des gouvernements à financer les mesures de soutien budgétaire qu'ils proposent", remarque Carl Weinberg de HFE.

Sur le front des valeurs, Boeing a appelé mardi à une aide de 60 milliards de dollars à destination de l'industrie aéronautique américaine pour que celle-ci puisse faire face à l'impact de la crise sanitaire. À 17h30, le titre de l'avionneur plonge de 18,3% et entraîne avec lui le Dow Jones (-6,7%), alors que le S&P cède 5,8% et le Nasdaq 4,6%.

Le secteur aéronautique menace de s'effondrer

À la Bourse de Paris aussi, les inquiétudes se portent en premier sur le secteur aéronautique, en raison de l'effondrement du trafic aérien et des restrictions de déplacements qui se multiplient à travers le monde. Quelles compagnies parviendront à survivre, et à quel prix ? Selon JPMorgan, qui redoute une chute du trafic mondial sans comparaison même par rapport à 2001, la plupart des opérateurs se trouveront d'ici mai à court de liquidités... Et quid de leurs fournisseurs dans ce contexte ? Airbus (-22,2%) et Safran (-22,9%) se sont ainsi retrouvés aux dernières places du CAC 40. Air France-KLM, assez clairement candidat à un soutien public voire à une nationalisation si les choses tournent trop mal, est au contraire à se maintenir (-0,8%).

Par ailleurs, les grandes entreprises continuent à dévoiler ce qu'elles redoutent de la crise. Pour Sodexo, le géant de la restauration collective, le manque à gagner pourrait être de 2 milliards d'euros par exemple, ce qui n'empêche pas le titre de reprendre 2,8% en clôture (après s'être adjugé près de 10% à la mi-journée). Chez L'Oréal, on est plus confiant : "l'expérience de situations similaires dans le passé (SARS, MERS, etc…) montre qu’après une période de turbulences, la consommation de produits de beauté repart fortement", a indiqué le groupe, qui pense donc toujours pouvoir réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d’affaires et des résultats - tant que les perturbations liées à la crise sanitaire n'excèdent pas quelques mois. L'action du géant des cosmétiques a donc grappillé 1,4%.

Sur le CAC, la meilleure performance de la séance est revenue à Dassault Systemes (+5,5%), suivi d'Essilor (+3,3%) et Danone (+2,9%). De l'autre côté du palmarès, les variations sont nettement plus prononcées. Outre Airbus et Safran, STMicro (-13,9%), Total (-13,4%), Peugeot (-13,1%), Thales (-11,3%), Vinci (-11,1%) et Technip (-9,7%) plongent aussi. Sans oublier les bancaires, encore en souffrance face à la chute des rendements obligataires (-9,6% pour BNP Paribas et Société Générale).

Le pétrole au plus bas depuis 18 ans

Pour la troisième séance consécutive, les cours pétroliers se replient très fortement et tombent à un nouveau plancher depuis 2003. À 17h45, le "light sweet crude" texan s'échange à 22,93 dollars à New York, en baisse de 16,10% par rapport à la clôture de mardi, quand le Brent européen abandonne 10,89% à 25,60 dollars. Cette nouvelle chute des cours de l'or noir constitue à la fois une très mauvaise nouvelle pour les producteur de schiste américain et pour toutes les sociétés qui travaillent sur des alternatives aux hydrocarbures.

Du côté des changes, la monnaie unique dévisse de nouveau face au billet vert, et chute à 1,0844 dollar (-1,56%) à 17h50.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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