(BFM Bourse) - L'indice parisien a repris quelques couleurs ce mercredi 4 mars, après avoir grandement souffert la veille. L'attention continue de se focaliser sur le détroit d'Ormuz, objet de toutes les crispations.
La Bourse de Paris a un peu repris ses esprits après avoir été dans les cordes la veille. Son indice phare, le CAC 40 gagne 0,79% à 8.167,73 points à la clôture de ce mercredi 4 mars, au lendemain d'une chute de 3,46%. Sur les séances de lundi et mardi, le CAC 40 a perdu en cumulé l'équivalent de 5,5%.
Le rebond ce mercredi s'avère donc assez modeste. Les investisseurs continuent d'évaluer la situation au niveau du détroit d'Ormuz, par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Tensions toujours vives
En guerre avec Israël et les États-Unis, l'Iran a affirmé avoir le contrôle total du détroit. La veille, le président américain Donald Trump a assuré que les pétroliers passant par le détroit pourraient être escortés par la marine américaine. Le locataire de la Maison Blanche a aussi affirmé que les coûts d'assurances des navires seraient pris en charge par les États-Unis.
Pour John Plassard, de Cité Gestion, cette initiative sert à "contenir le risque d'un choc énergétique". "Pas sûr cependant que cette annonce rassure les investisseurs (et les 'tankers') sur le moyen terme…", ajoute-t-il.
"Du point de vue du marché, le principal problème est qu'aucun des deux camps ne semble vouloir apaiser les tensions, et que celles-ci semblent même s'intensifier. Par exemple, le Wall Street Journal a rapporté que Trump était disposé à soutenir les milices armées en Iran, même s'il n'avait pas encore pris de décision définitive", écrit Deutsche Bank.
Une légère accalmie s'observe sur les prix du pétrole. Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord recule de 0,5% à 80,96 dollars le baril tandis que celui de mai sur le WTI coté à New York cède 0,8% à 73,91 dollars le baril.
Du côté de l'actualité macroéconomique, les investisseurs ont pris acte de bonnes statistiques américaines. Selon le rapport ADP, les États-Unis ont créé plus d'emplois que prévu en février, avec 63.000 nouveaux postes, après contre 11.000 en janvier.
L'indice ISM des services pour février est aussi ressorti meilleur que prévu, passant de 53,8 à 56,1, et contre un consensus à 53,5. Rappelons que le seuil de 50 sépare contraction et expansion de l'activité.
"Les marchés sont manifestement inquiets quant aux répercussions sur la croissance de la hausse générale des coûts énergétiques et des problèmes potentiels d'approvisionnement en provenance du golfe Persique, mais les rapports ISM de février publiés cette semaine suggèrent que l'économie américaine était en excellente forme avant l'intervention militaire", remarquent les économistes d'ING.
Dassault Aviation progresse
Du côté des valeurs, Nexans a progressé de 6,8% profitant d'une note positive de Barclays qui a relevé sa recommandation à "surpondérer" et son objectif de cours à 157 euros.
Accor (+4,3%) a aussi bénéficié d'un coup de pouce d'un bureau d'études, en l’occurrence Kepler Cheuvreux qui est passé à l'achat sur le titre d'exploitant d'hôtels.
Dassault Aviation a repris 4,8%, porté par des résultats annuels supérieurs aux attentes.
A contrario, Euroapi a plongé une nouvelle fois (-27%) après avoir abaissé ses objectifs de moyen terme.
Du côté des petites et moyennes capitalisations, Nacon, placé en redressement judiciaire, s'est effondré de 44,7% à sa reprise de cotation, quand sa maison mère Bigben interactive a lâché 31,6%.
Sur le marché des changes, l'euro prend 0,23% face au dollar à 1,1638 dollar.
