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AIRBUS GROUP

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Airbus group : Les géants des airs piquent du nez et tout le secteur aéronautique vacille

mercredi 18 mars 2020 à 13h50
Airbus et Boeing battent de l'aile en Bourse

(BFM Bourse) - En première ligne face aux répercussions économiques de la crise sanitaire, le secteur aéronautique est laminé en Bourse depuis plus d'un mois. Alors que les restrictions de déplacements se multiplient, les transporteurs et constructeurs aériens voient leur cours plonger, et Boeing craint désormais l'effondrement du secteur.

On pensait Airbus plus à l'abri d'un krach boursier que d'un crash aérien. C'était sans compter sur le coronavirus, "cygne noir" pour les marchés, secteurs du transport et du tourisme au premier chef. Face à l'effondrement du trafic aérien et des valorisations boursières des transporteurs -sur un mois, Delta Airlines perd 46%, Lufthansa lâche 42% et Air France-KLM abandonne 47%- qui doivent drastiquement réduire leurs plans de vol, toute l'industrie apparaît menacée.

À commencer par les constructeurs et équipementiers aéronautiques. Mercredi à la Bourse de Paris Thales perd 12,5%, Safran 18,5% et Airbus 20,5%. Attendu en repli de près de 20% l'américain Boeing a d'ailleurs prévenu, mardi, que sans une aide massive et rapide de l'État américain, toute l'industrie risque de s'effondrer. Dans la foulée, le géant américain a appelé à une aide de 60 milliards de dollars à destination de l'ensemble des acteurs -lui-même compte 17.000 fournisseurs- pour leur permettre de faire face aux répercussions économiques de la crise sanitaire en cours.

Il faut dire que Boeing est en mauvaise posture. Déjà laminé par un exercice 2019 rendu très compliqué par les deux crashs meurtriers ayant fait plus de 300 morts à quelques mois d'intervalle, provoquant l'immobilisation du 737 MAX, le géant américain de l'aéronautique n'en finit plus de plonger en Bourse (-34,4% sur une semaine, -62% depuis le 1er janvier et -72% depuis son sommet historique touché le 28 février 2019, il y a à peine plus d'un an). Le titre de l'avionneur s'échangeait alors à un record de 441,4 dollars, contre 128,9 dollars à la clôture de mardi. Le groupe qui était encore valorisé près de 250 milliards de dollars il y a 13 mois affiche désormais une "market cap" inférieure à 70 milliards de dollars.

Même sanction ou presque du côté d'Airbus. Le titre de l'avionneur européen s'effondre encore mercredi à la mi-journée (-18,2% à 51,54 euros), ce qui porte son repli à 39,8% sur la semaine et 60,5% depuis le début de l'année 2020. La chute dépasse même les 63% par rapport à son plus haut historique touché le 24 janvier. Le fleuron européen a ainsi vu sa valorisation chuter de près de 120 milliards à 39,9 milliards d'euros seulement.

Suspension temporaire de la production en France et en Espagne

Airbus a annoncé mardi suspendre sa production pendant 4 jours en France (49.000 salariés) et en Espagne (2.700 salariés), l'opération devant permettre la mise en place de "conditions strictes" de sécurité pour assurer la santé des salariés face à l'épidémie de Covid-19. Le groupe suit en permanence l'évolution de la situation dans les pays où il est implanté et prépare des plans d'urgence pour éventuellement stopper sa production, si le strict confinement venait à se généraliser.

Les analystes de JPMorgan ont dégradé le titre Airbus de "surperformer" à "neutre" mercredi, tout en divisant par plus deux sa cible depuis le début de l'année. Après avoir sabré de 156 à 95 euros leur objectif sur le titre Airbus lundi, le broker l'a ramené de 95 à 68 euros mercredi matin. Il entrevoit une année particulière difficilement pour l'avionneur européen, alors que la crise sanitaire pourrait contraindre des compagnies aériennes à "décaler, voire renoncer à passer commande". "Ceci étant, le clouage au sol du 737 MAX signifie que Boeing devrait absorber la majeure partie de la baisse de la demande pour de nouveaux appareils" estiment les analystes de JPMorgan. De son côté, Bernstein a abaissé sa cible de 154 à 94 euros mais continue à anticiper une surperformance d'Airbus par rapport à la moyenne de son secteur.

Fait rare, Airbus n’a engrangé -à l'instar de Boeing- aucune nouvelle commande en février, ce qui constitue son premier mois à 0 commande depuis janvier 2019. Le total reste donc à 274 commandes nettes depuis le début de l'année. Après avoir livré 33 appareils en janvier, l'avionneur en a remis 55 le mois dernier et atteint ainsi, sur les deux premiers mois de son exercice 2020, seulement 10% de son objectif annuel de livraisons (880 appareils).

Le patron d'Airbus Guillaume Faury a d'ores et déjà prévenu qu'il fallait s'attendre "à une situation encore plus difficile cette année et l'année prochaine" sur le segment long-courrier

À fin février toutefois, aucune annulation de commande n'a encore été annoncée -contrairement à celles subies par Boeing- et le carnet de commandes d'Airbus s'établit à 7.670 avions pour un prix catalogue supérieur à 700 milliards d'euros, même si la facture réelle est bien souvent divisée par deux. De quoi augurer des jours meilleurs pour un géant en nette perte d'altitude.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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