(BFM Bourse) - La banque américaine a relevé son conseil à l'achat sur le groupe d'aéronautique et de défense, citant plusieurs raisons dont une accélération des livraisons, la hausse de la rentabilité de la défense et, de façon un peu contre-intuitive, les répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
Le début d'année 2026 d'Airbus a de quoi provoquer quelques grincements de dents. Le groupe d'aéronautique et de défense accuse une baisse de 9,1% depuis le début de l'année, sous-performant largement le CAC 40 (+0,6% sur la même période).
Le rival de Boeing connaît un début d'année poussif sur les livraisons d'avions, avec seulement 53 avions expédiés à ses clients sur les deux premiers mois de l'année, selon les estimations de Barclays. Les chiffres officiels du groupe sont attendus dans les prochains jours.
"Alors que les livraisons au premier trimestre ont toujours été faibles par le passé, le nombre de livraisons enregistrées à ce jour au premier trimestre 2026 est inférieur aux tendances historiques", remarque Barclays.
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Pratt&Whitney grippe la machine
Surtout, le groupe aéronautique a manqué son rendez-vous avec les investisseurs, lors de la publication de ses résultats annuels le 19 février dernier. En raison de problèmes d'approvisionnement de moteurs auprès de Pratt & Whitney, Airbus a annoncé des perspectives 2026 décevantes, que ce soit au niveau des livraisons (870 avions), du résultat opérationnel ou de la génération de cash.
Pratt & Whitney fournit un peu plus de 40% des moteurs équipant la famille 320neo, les monocouloirs phares d'Airbus, véritable cash-machine de la société.
Pour ces mêmes raisons, la société a une nouvelle fois du revoir son plan de vol de moyen terme sur la production. Airbus compte parvenir à un objectif de 75 avions A320 neo produits chaque mois. Annoncé une première fois en 2020 pour 2025, cette cible a été repoussée à 2026 puis 2027.
Airbus a, il y a deux semaines, de nouveau décalé (pour la quatrième fois) cette cible. Le groupe évoque une cadence "de 70 à 75" avions par mois d'ici à la fin de l'année 2027 qui serait ensuite stabilisée à un rythme de 75 "par la suite".
"Une nouvelle année apporte son lot de perturbations liées aux moteurs, mais celle-ci se distingue particulièrement car elle soulève des questions quant à l'équilibre des incitations entre les équipementiers de moteurs et de cellules (la structure principale de l'avion, NDLR)", pointe Bank of America dans une récente note.
"L'incapacité de Pratt à s'engager sur le nombre de moteurs commandés par Airbus limite la production à court terme, renforçant ainsi un problème majeur qui persiste depuis quatre ans, à savoir qu'Airbus continue de supporter l'essentiel des risques liés à la chaîne d'approvisionnement et aux performances", poursuit la banque américaine.
La défense et les hélicoptères voués à accélérer
En dépit de ces impairs majeurs, Citi estime qu'il est temps de se positionner sur Airbus et de profiter ainsi d'un point d'entrée.
La banque américaine a relevé son conseil à l'achat contre neutre précédemment tout en rehaussant son objectif de cours à 217 euros contre 208 euros auparavant. Cette cible accorde un potentiel de plus de 22% à l'action Airbus au cours de clôture de mercredi, de 177,2 euros.
À la Bourse de Paris, l'action Airbus prend 2,5% et signe la deuxième plus forte hausse du CAC 40.
Certes, la promesse d'Airbus sur la cadence de production est reportée, mais le point d'atterrissage reste finalement le même et, surtout, est crédibilisé par l'imposant carnet de commandes de la société (près de 9.000 avions), explique Citi.
Surtout, le bureau d'études rappelle qu'Airbus ne se limite pas à sa division d'aéronautique civile (72% des revenus). La banque américaine s'attend à ce que les division défense et hélicoptères de la société connaissent une franche amélioration de leur résultat opérationnel à long terme.
"Cette croissance est soutenue par l'accélération de la production de l'Eurofighter Typhoon et la demande soutenue d'hélicoptères militaires dans le contexte du réarmement européen", écrit Citi.
Concernant les livraisons de 2026, la banque américaine se veut rassurante. Si les mois de janvier et février se sont avérés faiblards, les cycles de premiers vols d'avions (un indicateur avancé des livraisons) ont montré des signaux encourageants.
"Si l'on considère les premiers vols, qui constituent selon nous un meilleur indicateur de la production, Cirium (un cabinet spécialisé, NDLR) en recense 58 pour le mois de février, ce qui reste en deçà de nos attentes (nous tablions plutôt sur 64 à 70, soit 7,5% à 8% du total de l'exercice), mais la situation s'améliore indéniablement", appuie Citi.
L'établissement avance également que la récente remontée du dollar soutient les résultats du groupe (la plupart des revenus d'Airbus sont libellés en dollars quand ses coûts sont exprimés en euros). La banque a abaissé son hypothèse de taux de change eurodollar à 1,16 dollar contre 1,18 dollar.
Dernier point abordé par Citi: le conflit en Moyen-Orient et ses répercussions. La banque note que le marché est préoccupé par l'impact de cette guerre sur le trafic aérien et donc, par ricochet, sur la demande de nouveaux avions.
L'établissement juge ces craintes "compréhensibles". Mais Citi explique que cette guerre a aussi un impact favorable, avec la récente hausse des cours du pétrole.
"Des prix du pétrole plus élevés augmentent habituellement la logique rationnelle pour acheter de nouveaux avions", rappelle l'établissement.
"Les avions modernes permettent d'économiser 15% à 20% de carburant. Le carburant représentant environ 30% des coûts d'exploitation des compagnies aériennes, cela est très intéressant et cette tendance devrait s'accentuer avec la hausse des prix du pétrole (et les écarts importants entre les prix du pétrole brut et du kérosène)", souligne encore Citi.
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