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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Les prix du pétrole Brent et du WTI n'ont jamais été aussi bas depuis 2003

mercredi 18 mars 2020 à 16h19
Brent et WTI au plus bas depuis 2003

(BFM Bourse) - Les cours des deux références mondiales de pétrole brut poursuivent leur chute et atteignent un nouveau plancher depuis 17 ans. Le déséquilibre est désormais tel sur le marché de l'or noir que le plongeon devrait encore s'accentuer.

Où s'arrêtera la chute ? Après le WTI dans la matinée, c'est au tour du baril de Brent de mer du Nord de franchir à la baisse son plus bas du 21 janvier 2017 (à 27,29 dollars), touchant ainsi un nouveau plancher depuis 2003, date de l'invasion de l'Irak. À 16h10, le "light sweet crude" texan s'échange à 23,16 dollars à New York, en baisse de 15,26% par rapport à la clôture de mardi, quand le Brent européen cède 9,5% à 26,00 dollars.

Les deux cours de référence portent leur plongeon à près de 60% depuis le début de l'année. "Demande anéantie, offre excédentaire et guerre de l'offre entre l'Arabie saoudite et la Russie mettent les investisseurs en grande difficulté", résume Naeem Aslam, de Avatrade.

La pandémie de Covid- et les mesures drastiques mises en place partout dans le monde pour contrer son avancée pénalisent fortement la demande en or noir, dans un contexte de guerre des prix entre Riyad et Moscou après l'échec de leurs négociations début mars lors de la dernière réunion de l'Opep et de ses alliés. Des détails commencent à filtrer sur ce dernier sommet et une source proche du ministère saoudien du pétrole a raconté au FT qu'il "y avait un consensus au sein de l'Opep (sur une réduction de 1,5 million de baril par jour supplémentaires, NDLR) mais que la Russie s'y est opposée et a dit que chacun pouvait produire autant qu'il le voulait à partir du 1er avril". "Le royaume est donc seulement en train d'exercer son droit" (un peu en avance, certes), estime-t-il.

Moscou furieux... contre les Etats-Unis

"La pression à la baisse devrait se poursuivre jusqu'à ce que l'Arabie Saoudite et la Russie redeviennent raisonnables", considère pour sa part Carsten Fritsch, de Commerzbank. "Ce qui n'est certainement pas le cas à l'heure actuelle", a-t-il ajouté. De fait, Riyad a de nouveau annoncé mardi sa volonté d'accroître ses exportations de pétrole à plus de 10 millions de barils par jour, exerçant une pression supplémentaire sur les cours. Si la manœuvre vise à la fois à renforcer son statut de plus gros exportateur mondial et à punir Moscou pour avoir abandonné l'alliance, le Kremlin ne voit forcément la chute des cours d'un si mauvais œil.

De sources au fait des négociations lors du dernier sommet de l'Opep, la Russie aurait exprimé sa frustration devant l'inefficacité des précédentes réductions de production, plus que compensées par la hausse de celle du pétrole de schiste aux États-Unis. En outre, les sanctions américaines contre les compagnies énergétiques russes, notamment celles visant le géant Rosneft (pour avoir exporté du brut du Venezuela) soutenu par l'État le mois dernier, et les tentatives d'arrêter la construction du gazoduc Nord Stream 2 vers l'Allemagne (Donald Trump a signé le 20 décembre dernier un décret prévoyant des sanctions contre les entreprises participant au projet) auraient rendu Moscou furieux. Et la Russie, estimant qu'une coupe de production supplémentaire de l'Opep offrirait une nouvelle "bouée de sauvetage" au secteur du schiste américain (dont la croissance a fait des États-Unis le plus grand producteur mondial, à ses dépens), s'y est opposée.

Le Kremlin serait d'ailleurs enclin à "tester" le secteur du schiste américain en guise de représailles après les sanctions promulguées par Washington. Déjà surendettée, l'industrie du schiste américain dont le seuil de rentabilité tourne autour de 50 dollars le baril ne pourra pas résister longtemps à des prix inférieurs à 30 dollars le baril, considère Moscou, qui voit peut-être dans la décision de l'Arabie saoudite d'inonder le marché une aubaine pour reprendre aux États-Unis le statut de premier producteur mondial d'or noir.

Les petits pays producteurs inquiets

Tous les pays ne sont néanmoins pas armés pour tenir une longue période à ce niveau de prix bas, des craintes partagées lundi par les responsables de l'Agence internationale de l'Energie et de l'Opep dans un rare communiqué commun. Parmi eux l'Irak, qui "demande instamment une nouvelle réunion Opep+ (...) pour discuter des mesures immédiates à prendre pour aider à équilibrer le marché du pétrole", a rapporté Al Stanton, de RBC.

À noter que la dernière fois que les prix de l'or noir ont atteint un tel plancher, il s'en est suivi "le troisième choc pétrolier" de 2003 à 2008, période au cours de laquelle les cours du pétrole avaient été multipliés par 5. Lorsque la crise sanitaire sera derrière nous, l'hypothèse d'un rebond d'envergure n'est pas à écarter alors que l'augmentation massive et brutale de la demande mondiale pourrait dépasser l'offre, qui atteint actuellement des records. Non seulement les investissements dans l'appareil productif sont largement insuffisants depuis plusieurs années pour suivre la future croissance de la demande, mais une ou plusieurs faillites pourraient encore aggraver la situation d'ici là.

(avec AFP).

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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