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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Les prix du pétrole reculent après l'offensive américaine mais les compagnies américaines comme Chevron et le français Maurel & Prom grimpent en Bourse

lundi 5 janvier 2026 à 11h38
Les prix du pétrole reculent

(BFM Bourse) - Les cours pétroliers sont en retrait ce lundi 5 janvier, deux jours après l'opération militaire américaine au Venezuela. Les groupes parapétroliers présents au Venezuela à l'image de Maurel & Prom rebondissent, le marché anticipant qu'ils auront les coudées un peu plus franches pour exploiter les réserves de brut du pays.

Le marché évalue les répercussions sur le secteur pétrolier et parapétrolier après l'opération militaire américaine au Venezuela intervenue ces derniers jours.

Les États-Unis ont en effet mené dans la nuit de vendredi à samedi une série d'attaques aériennes sur le Venezuela, capturé puis emmené en territoire américain le dirigeant Nicolas Maduro.

"Tous les yeux sont braqués sur le pétrole, à cause de l'impact en termes de production d'or noir que pourrait représenter ces événements géopolitiques. Le Venezuela exporte essentiellement sa production vers la Chine, et ça représente 80% de sa production. Les États-Unis ont probablement voulu mettre fin à cette relation inter blocs entre la Chine et le Venezuela", avance Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM à l'antenne de BFM Business.

Le contrat de mars sur le Brent de mer du Nord cède 1,40% à 59,90 dollars le baril tandis que celui de février sur le WTI coté à New York abandonne 1,6% à 56,43 dollars le baril, vers 10h30.

Des craintes sur un retour progressif de l'offre vénézuélienne

Pour les économistes d'ING, la réaction des prix du pétrole après l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis suggère que le marché se concentre davantage sur le potentiel d'augmentation de l'offre à long terme que sur les perturbations à court terme liées à une transition du pouvoir.

"Le marché anticipe donc un retour progressif de la capacité de production du Venezuela qui devrait contribuer à ce que les prix à moyen terme baissent", ajoute pour sa part Emmanuel Cau, responsable de la stratégie action chez Barclays.

Samedi 3 janvier, le président des États-Unis Donald Trump a affirmé que les compagnies pétrolières américaines se rendront au Venezuela pour exploiter les colossales réserves de pétrole du pays, tout en ajoutant que l'embargo actuel restait en vigueur.

Rappelons que Washington impose des sanctions économiques au Venezuela depuis 2017. Et depuis 2025, les États-Unis ont révoqué les licences des "entreprises transnationales de pétrole et gaz", une mesure destinée à asphyxier économiquement le Venezuela.

"Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées (...) et commencer à générer des revenus pour le pays", a dit le président américain lors d'une conférence de presse en Floride.

17% des réserves mondiales

Le Venezuela dispose en effet des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le Venezuela est doté de réserves de 303 milliards de barils, soit environ 17% des réserves mondiales. Pour autant, sa production est au compte-gouttes et ne représente actuellement que 1% de l'offre mondiale de brut.

Donald Trump a déclaré que la prise de contrôle par les États-Unis de l'industrie pétrolière vénézuélienne générerait une "richesse considérable" qui pourrait soutenir un nouveau gouvernement et indemniser les compagnies pétrolières américaines dont les actifs avaient été saisis sous le précédent régime de Chavez, indique le Financial Times.

Si un gouvernement plus favorable aux États-Unis et aux investissements se mettait en place au Venezuela, Chevron serait "le mieux placé" pour étendre son rôle, a déclaré à CNBC Saul Kavonic, responsable de la recherche énergétique chez MST Financial.

Ces anticipations portent le titre Chevron, qui bondit de 7,9% dans les échanges d'avant-Bourse à New York, ce lundi 5 janvier. Le groupe pétrolier américain est le seul autorisé par les États-Unis à pouvoir exploiter les réserves de pétrole du Venezuela, sous des conditions strictes.

"Chevron travaille en partenariat avec des filiales de Petróleos de Venezuela (PDVSA), la compagnie pétrolière nationale du Venezuela, dans le cadre de cinq projets de production onshore et offshore dans l'ouest et l'est du Venezuela, conformément aux lois et réglementations en vigueur", rappelle la compagnie américaine sur son site internet.

Elle a exporté environ 140.000 barils par jour au quatrième trimestre 2025, selon les données du cabinet de conseil en énergie Kpler, cité par CNBC.

"Après des années de négligence, il faudra investir massivement dans les infrastructures pétrolières du Venezuela. Et pour que ces investissements se concrétisent, il faudra que les compagnies pétrolières étrangères acceptent d'investir dans l'industrie nationale. Cela est plus facile à dire qu'à faire, étant donné qu'ExxonMobil et ConocoPhillips ont vu leurs actifs au Venezuela expropriés en 2007", rappellent les économistes d'ING.

Comme Chevron, d'autres actions du secteur américain du pétrole progressent dans les échanges d'avant-Bourse. Halliburton grimpe de 8,5%, ConocoPhillips gagne 7,5% quand ExxonMobil est en hausse de 3,9% à la Bourse de New York.

Des entreprises européennes telles que Repsol et Eni pourraient également en bénéficier, compte tenu de leur position actuelle au Venezuela, a aussi expliqué Saul Kavonic à CNBC.

Le groupe français Maurel & Prom est aussi présent dans ce pays et exploite le champ pétrolier d'Uraneta Oesta dans le lac Maracaibo, via une société mixte appelée Petroregional del Lago. Le groupe français détient 40% de cette société, les 60% restants appartiennent à PDVSA. Or, depuis mars, la société s'est vue retirer sa licence spécifique pour exercer ses activités pétrolières au Venezuela révoquée par les États-Unis.

À la Bourse de Paris, le groupe progresse encore de 6,7% après avoir bondi de 12,63% dans les premiers échanges ce lundi. "Le Venezuela représente 2,77 euros/action, soit 29% de l'actif net réévalué mais cette valeur ne sera pas perdue totalement tout dépendra de la durée des sanctions", indiquait en mars Oddo BHF, tout en ajoutant qu'une "partie de cette décision a été déjà intégrée avec le début des menaces de sanctions sur le Venezuela".

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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