(BFM Bourse) - Les cours pétroliers chutent ce lundi 2 février, plombés par les propos de Donald Trump en faveur d'un accord avec l'Iran. Les valeurs pétrolières et parapétrolières sont dans le dur, tandis que les compagnies aériennes prennent de l'altitude.
Les matières premières connaissent depuis quelques semaines une extrême volatilité. Ces derniers jours, la violente chute des cours de l’or et de l’argent ont concentré l'attention des marchés, après une flambée spectaculaire de ces deux métaux sur un an.
En seulement 3 jours, l’or a chuté de près de 20% et le mouvement est encore plus violent pour l’argent qui chute de 40% depuis les sommets historiques atteints jeudi dernier, rappelle Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.
Les cours du pétrole ne sont pas en reste, et reculent ce lundi 2 février après avoir fortement progressé ces derniers jours. Comme souvent, ce sont les dernières déclarations du président américain qui font la pluie et le beau temps sur les prix du pétrole.
Un "accord" en Iran
Donald Trump a indiqué souhaiter un accord avec l'Iran qu'il menace depuis plusieurs semaines d'une intervention militaire.
"J'espère qu'on va trouver un accord", a-t-il déclaré à la presse dimanche. Reuters rapporte de son côté que Téhéran étudierait les différentes propositions visant à entamer des négociations diplomatiques avec les États-Unis en vue de parvenir à un résultat "dans les prochains jours", selon des déclarations,ce lundi, du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei.
Cette désescalade éloigne la perspective les craintes d'une intervention américaine au Moyen-Orient, avec en filigrane une perturbation de l'approvisionnement de pétrole.
Le contrat de mars sur le Brent de mer du Nord abandonne 5,2% à 65,69 dollars le baril tandis que celui de février sur le WTI coté à New York dévisse de 5,5% à 61,61 dollars le baril, vers 10h30. Les cours pétroliers enregistrent leur plus forte baisse en une séance depuis six mois, selon Reuters.
Comme souvent, lorsque les cours du pétrole varient fortement, plusieurs secteurs réagissent. Les valeurs pétrolières reculent, par ricochet, comme Totalenergies qui cède 2,3% à la Bourse de Paris. Du côté des parapétrolières, Vallourec recule de 2%, Viridien cède 2,8%.
Cette chute des cours pétroliers soutient, a contrario, Air France-KLM occupe la plus forte hausse du SBF 120 avec un gain de 2,7%. La baisse des cours de l'or noir profite en effet aux compagnies aériennes dont la facture carburant représente l'un des principaux postes de dépenses.
Selon le document d'enregistrement universel d'Air France-KLM, cette facture a représenté en 2024 un montant total de 6,737 milliards d'euros. Au 10 janvier 2025, le groupe de transport aérien chiffrait qu'une hausse moyenne de 10 dollars du prix du baril de Brent conduirait à un alourdissement de cette facture de 487 millions de dollars (après couverture) et une baisse de même ampleur à une économie de 432 millions de dollars.
Une flambée de l'or noir, la semaine passée
La semaine passée, les cours de l'or noir avaient fortement progressé sur les craintes d'une intervention militaire américaine en Iran qui produit plus de 3 millions de barils par jour (un peu plus de 10% de la production de l’Opep). Beaucoup d'investisseurs craignaient alors des perturbations dans l’approvisionnement d'or noir et notamment le blocage du détroit d'Ormuz.
Ce passage maritime situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman est un point névralgique du transit mondial d'or noir et il existe très peu d'alternatives pour acheminer le pétrole hors du détroit s'il venait à être fermé. Environ 20% de la consommation mondiale de pétrole transite par ce détroit selon l'Agence américaine de l'énergie (AIE).
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars s'était alors rapproché des 71 dollars en fin de semaine dernière, touchant un plus haut depuis juillet. Le WTI avait de son côté dépassé les 65 dollars le baril.
