(BFM Bourse) - Les cours de l'argent et du pétrole reculent nettement ce jeudi 15 janvier, après les propos modérés de Donald Trump sur l'Iran. Le président américain a aussi annoncé une suspension des les droits de douane sur l'argent et d'autres minéraux essentiels, provoquant un lourd repli du métal argenté.
Encore une fois, Donald Trump fait vaciller les marchés par quelques mots.
En l’occurrence celui des matières premières. Notamment pétrole dont les prix plongent ce jeudi 15 janvier après les propos du président américain amenant le marché à ne plus anticiper une intervention américaine en Iran.
Donald Trump a affirmé mercredi que les "tueries" avaient "pris fin "dans le pays, où des manifestations réprimées avec violence, se déroulent depuis décembre.
Le ton plus conciliant adopté par Donald Trump apaise donc les craintes d'une intervention américaine au Moyen-Orient, avec en filigrane une perturbation de l'approvisionnement de pétrole.
Lourd repli des cours du pétrole
Le contrat de mars sur le Brent de mer du Nord abandonne 4,2% à 63,77 dollars le baril tandis que celui de février sur le WTI coté à New York dévisse de 4,4% à 59,36 dollars le baril, vers 16h10 et a momentanément abandonné plus de 5%. Les valeurs pétrolières reculent, par ricochet, comme Totalenergies qui cède 1,3% à la Bourse de Paris.
"Les marchés ont été confrontés (mercredi) à une série croissante de risques géopolitiques, les prix du pétrole connaissant d'importantes fluctuations alors que les investisseurs se concentraient sur les derniers développements en Iran", note sur ce point Deutsche Bank.
En effet, l’Iran, malgré les restrictions dont souffre déjà le pays, produit plus de 3 millions de barils par jour (un peu plus de 10% de la production de l’OPEP), rappelle ING.
En début de semaine, les cours de l'or noir avaient nettement progressé, soutenus par des spéculations autour d'une intervention militaire des États-Unis en Iran. Beaucoup d'investisseurs craignaient des perturbations dans l’approvisionnement d'or noir et notamment le blocage du détroit d'Ormuz.
Ce passage maritime situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman est un point névralgique du transit mondial d'or noir et il existe très peu d'alternatives pour acheminer le pétrole hors du détroit s'il venait à être fermé. Environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole transite par ce détroit selon l'Agence américaine de l'énergie (AIE).
Du calme sur les métaux
Les cours de l'or reculent aussi après cette désescalade des tensions. Valeur refuge par excellence, la relique barbare cède 0,5% à 4.617,60 dollars l'once ce jeudi après-midi.
Les tensions en Iran font partie des récents évènements géopolitiques (avec l'opération américaine au Venezuela et les questions autour de la souveraineté du Groenland) qui ont propulsé l’or à des niveaux historiques.
Le métal précieux a touché un plus haut historique de 4.600 dollars l’once, mercredi.
L'argent, lui, fait des montagnes russes. La matière première limite son repli à 1,4% mais a chuté de plus de 5% au cours de la journée.
Le président américain Donald Trump a annoncé qu'il reportait les nouveaux droits de douane visant les importations de minéraux essentiels (dont l'argent), préférant opter pour des accords bilatéraux afin de garantir la disponibilité de ces métaux en quantité suffisante.
Cette décision vient quelque peu atténuer les risques de perturbation à court terme à court terme.
"Les craintes liées à l'imposition de droits de douane ont conduit à conserver certaines réserves, notamment d'argent, dans des entrepôts américains, ce qui a contribué à une pénurie mondiale l'année dernière et a continué à soutenir les prix jusqu'en 2026", rappelle Bloomberg.
Toutefois, les prix de l'argent gagnent plus de 25 % depuis le début de l'année, ce qui, selon ING, met en évidence une vraie demande structurelle.
"La récente reprise souligne la volatilité bien connue de l'argent, qui est généralement plus élevée que celle de l'or en raison de la taille plus réduite de son marché et de son double rôle de métal industriel et d'investissement", fait valoir Ewa Manthey, stratégiste en matières premières chez ING.
Dans l'ombre de l'or ou de l'argent, les métaux industriels tels que le cuivre ou l’aluminium ont aussi connu une progression de leurs cours sur un an.
Les prix du cuivre ne cessent d'enchaîner les records, et ont atteint récemment plus de 13.400 dollars la tonne à la Bourse de Londres, en raison d'une forte demande pour le fil rouge, réputé être le métal phare de la transition énergétique.
L’aluminium n'est pas en reste, et évolue desormais à plus de 3.200 dollars la tonne. L’aluminium est considéré comme une alternative moins onéreuse au cuivre pour la conductivité électrique.
