Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

CAC 40

PXI - FR0003500008
4 978.18 -1.22 % Temps réel Euronext Paris

Cac 40 : Noyé sous un flot de mauvais indicateurs, le CAC perd 4,5% sur la semaine

vendredi 3 avril 2020 à 18h00
Le CAC lâche 4,5% sur la semaine

(BFM Bourse) - Le nouveau bond du pétrole vendredi n'a cette fois pas suffi pas à contenter les investisseurs, inquiétés par l'accumulation d'indicateurs économiques catastrophiques en Europe et aux États-Unis, alors que le Covid-19 a désormais contaminé plus d'un million de personnes à travers le monde. Le CAC 40 a lâché 1,57% en clôture, portant à -4,5% son repli hebdomadaire.

Le CAC 40 vient de boucler son plus mauvais trimestre depuis des décennies mais ne semble pas devoir s'arrêter en si mauvais chemin. Au lendemain d'un timide rebond (+0,33%) qui faisait suite au nouvel accès de faiblesse (-4,3%) observé mercredi, le CAC 40 a de nouveau reflué vendredi, malgré la nouvelle flambée des cours de l'or noir. À la clôture, le baromètre de la Bourse de Paris a lâché de nouveau 1,57% à 4.154,58 points, dans un volume d'échanges restreint de 3,2 milliards d'euros, signe de la prudence qui a dominé sur le marché vendredi, comme l'anticipait Tangi Le Liboux, stratégiste chez le courtier Aurel BGC dans sa note matinale.

Le marché parisien a ouvert sans réelle tendance (-0,4%), dans l’attente du bilan mensuel du marché de l'emploi outre-Atlantique. Le chiffre mesurant la variation du nombre d'emplois (hors secteur agricole) était attendu d'autant plus fébrilement que le Département américain du Travail avait déjà dénombré plus de 6,6 millions de nouveaux inscrits aux allocations chômage la semaine dernière (portant le total des nouveaux chômeurs à près de 10 millions en quinze jours, du jamais-vu). Et le rapport "Non-farm payroll" (NFP, indicateur mensuel majeur de l’économie américaine recensant le nombre de créations ou le cas échéant de destructions d'emplois publics et privés, hors agriculture) est apparu encore plus mauvais qu'anticipé par les analystes. De fait, 700.000 emplois salariés non-agricoles ont été supprimés en un mois (contre 200.000 attendus), le taux de chômage bondissant à 4,4% en mars, contre 3,5% en avril et 3,8% attendu par les analystes.

Ce chiffre devrait en outre continuer à grimper dans les mois qui viennent puisque les enquêtes du département du Travail ont eu lieu (...) avant que l'impact du Covid-19 ne soit réellement visible", observe Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Toujours sur le terrain des indicateurs, l'activité économique de la zone euro s'est effondrée en mars face aux mesures prises pour contenir la pandémie de coronavirus qui ont conduit les gouvernements de toute la région à fermer de vastes pans de leurs économies. L'indice composite PMI auprès des directeurs d'achat calculé par IHS Markit a chuté à un niveau record de 29,7 en mars selon sa version définitive, contre 51,6 en février et 31,4 annoncé en estimation flash. En France, l'indice du secteur des services compilé par IHS Markit auprès des directeurs d'achat (PMI) est tombé à 27,4 en mars contre une première estimation à 29,0 et après 52,5 en février. Il s'agit de son plus bas niveau depuis qu'il a commencé à être mesuré, en 1998. En Italie, le même secteur a également connu une contraction d'une ampleur inédite en chutant de 52,1 en février à 17,4 en mars.

Sur le front de la pandémie, le seuil du million de personnes contaminées a été franchi à travers le monde, pour plus de 55.000 décès.

Sur le marché pétrolier, le flou n'empêche pas la poursuite du rebond

Les cours du pétrole brut ont d'abord corrigé vendredi matin (-4,4% vers 8h20) avant de rebondir violemment pour prendre encore près de 10% peu avant 18h pour le Brent (+9,12% à 32,67 dollars) et 5,02% à 26,59 dollars pour le WTI texan. Ces deux référence avaient flambé de plus de 20% en clôture jeudi dans le sillage de tweets de Donald Trump promettant une réduction de la production russe et saoudienne pour rééquilibrer le marché de l'or noir.

Pourtant, les doutes grandissent quant à une éventuelle trêve entre Riyad et Moscou, le Kremlin ayant démenti avoir eu une conversation avec le président héritier d'Arabie saoudite à ce sujet. Par ailleurs, "il apparaît inconcevable que les deux pays acceptent de baisser leur production de 10 millions de barils [le chiffre avancé au départ par Donald Trump, qui a même évoqué jusqu'à 15 millions de barils ensuite, NDLR], ce qui représenterait la production entière de l'un des deux pays, ou 50% de leur production cumulée", signale Tangi Le Liboux. En outre, la Russie ne consentirait à une réduction que si les États-Unis en ont fait de même.

Wall Street accuse le coup

Après un début de séance en dents de scie, les investisseurs étant partagés entre des chiffres pires que prévu sur l'emploi américain et le rebond des cours du pétrole, la Bourse de New York repartait nettement dans le rouge en fin de matinée. À 17h55, le Dow Jones perd 1,6%, le S&P 1,5% et le Nasdaq 1,4%.

Total, les banques et les assurances en souffrance

Face aux incertitudes qui subsistent sur l'avenir du marché pétrolier, Total a nettement reflué vendredi (-7,6%). Les compartiments de la banque et de l'assurance ont aussi fortement souffert, à l'instar d'Axa (-4,6%) et CNP Assurances (-9,5%), tandis que Natixis (-18,7%), Société Générale (-8,1%), BNP Paribas (-5%, après avoir à son tour annoncé la suspension du versement d'un dividende à ses actionnaires pour 2019) et Crédit Agricole (-3,1%) ont encore creusé leurs pertes. Safran a encore lâché 8,2% alors qu'Unibail enregistrait la plus grosse chute du jours au sein de l'indice phare (-9%).

Accord a reculé de 3,4% alors le groupe hôtelier français est contraint par la pandémie de coronavirus de fermer "les deux tiers" de ses hôtels dans le monde dans les prochaines semaines et renonce à distribuer comme prévu 280 millions d'euros sous forme de dividende.

Les valeurs défensives comme Carrefour (+6,1%) Sanofi (+2,4%) ou Air Liquide (+1,7%) ont bien mieux résisté, ainsi de façon moins intuitive que Publicis (+4,2%),

Parmi les plus petites capitalisations, l'entrée de NXP Semiconductors (dans le top 10 mondial du secteur des semi-conducteurs) au capital de Kalray a dopé le cours de la pépite tricolore (+7,2%) à l'origine d'une nouvelle génération de processeurs, dits intelligents en raison de leur capacité à percevoir et interagir avec leur environnement.

Sur le Forex, la monnaie unique lâchait encore du lest face au billet vert (-0,58% à 1,0791 dollar) à 18h.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+330.30 % vs +0.14 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat