(BFM Bourse) - Le président américain Donald Trump a vanté jeudi -sur son réseau social favori- un possible accord entre l'Arabie saoudite et la Russie, jusqu'ici engagés dans une guerre des prix, en vue de réduire la production de pétrole de 10 à 15 millions de barils par jour. En réaction, les cours du Brent et du WTI ont bondi de plus de 30%.
Deux tweets ont suffi à propulser de 30% les cours des principales références mondiales de pétrole brut. Via son réseau social de prédilection, Donald Trump a publié un premier message: "Je viens de parler à mon ami MBS (le prince héritier, NDLR) d'Arabie saoudite, qui a parlé avec le président Poutine et j'espère et je m'attends à ce qu'ils réduisent (leur production, NDLR) d'environ dix millions de barils, et peut-être nettement plus". Jugeant peut être le chiffre pas assez convaincant, il a rapidement ajouté dans un second tweet que "cela pourrait même aller jusqu'à 15 millions de barils. Bonne (excellente) nouvelle pour tout le monde!" s'est réjoui le président américain.
Dans les instants qui ont suivi, les barils les plus traités sur les marchés, le Brent et le WTI, ont chacun bondi de plus de 30%, avant de rétrocéder une partie de ses gains spectaculaires une demi-heure plus tard. À 17h20, le Brent de mer du Nord prend tout de même encore 18,19 à 29,24 dollars, après avoir atteint plus de 31 dollars. Quant au "light sweet crude" texan, il décolle de 22,16% à 24,81 dollars.
Riyad plus mesuré
Peu après les tweets de Donald Trump, l'Arabie saoudite a réagi à son tour, via un communiqué de l'agence officielle SPA, réclamant d'urgence une réunion avec les pays membres de l'Opep, ses partenaires dont la Russie, et -nouveauté- d'autres pays producteurs (les États-Unis) afin de "trouver un accord équitable" pour rétablir l'équilibre sur le marché pétrolier.Cet appel "s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par le Royaume pour soutenir l'économie mondiale" et "intervient à la demande du président des Etats-Unis Donald Trump", qui s'est entretenu par téléphone jeudi sur ce sujet avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, a ajouté SPA.
Le Kremlin a aussitôt démenti, assurant par le biais de son porte-parole Dmitri Peskov que Vladimir Poutine n'avait pas parlé au prince héritier saoudien.
Le président américain tente par tous les moyens ces derniers jours d'apaiser les tensions entre Riyad et Moscou, dont la guerre des prix a provoqué un cataclysme sur le marché de l'or noir, mettant notamment en péril le secteur du schiste américain.