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CAC 40

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Cac 40 : Le CAC 40 plonge de 4,75% face au nouveau variant, plus forte baisse depuis mars 2020

vendredi 26 novembre 2021 à 17h35
Le CAC signe sa plus forte baisse depuis mars 2020

(BFM Bourse) - Pris de panique face à l'émergence d'un nouveau variant du Covid-19 potentiellement plus contagieux que les précédents, alors que le nombre de contaminations était déjà en nette augmentation, le CAC 40 enregistre sa plus forte baisse depuis le krach du printemps 2020 causé par le premier confinement. Le pétrole est également en chute libre.

Un rallye pour rien. Tous les gains accumulés par le CAC 40 lors d'une exceptionnelle séquence haussière (14 hausses en 15 séances) entamée fin octobre, qui l'on porté à plus de 7.150 points le 17 novembre dernier, ont été effacés vendredi, la séance tournant au sauve-qui-peut. Aucun des précédents variants, ni les reconfinements, n'avaient provoqué de telle rechute du marché parisien. Mais en cette séance qui s'annonçait calme en raison du week-end prolongé de Thanksgiving, le CAC 40 a subi sa plus forte chute journalière depuis celle du 18 mars 2020 (-5,94%), date correspondant au creux touché par l'indice vedette après le krach du printemps dernier. Le baromètre de la cote tricolore a flanché de 4,75% à 6.739,73 points en clôture dans un volume d'échanges impressionnant de plus de 5,3 milliards d'euros.

C'est la découverte en Afrique du Sud d'un nouveau variant du Covid-19, pour l'instant désigné B.1.1.529 (s'il est classé "variant à suivre" ou a fortiori "variant préoccupant" par l'OMS une lettre grecque lui sera alors attribuée) qui a provoqué ce vendredi noir sur les places boursières mondiales - coïncidant par ailleurs au "black Friday" commercial. Ce qui n'est pas sans rappeler des scénarios éprouvés depuis l'hiver dernier, notamment lors des séances du 28 octobre, où le CAC 40 avait perdu jusqu'à 4,4%, et du 21 décembre 2020 (jusqu'à -4% ce jour-là à cause du variant dit "anglais", le premier à recevoir une lettre grecque ensuite : Alpha). À la différence que cette fois-ci, le CAC 40 a bouclé la séance (et la semaine) à son plus bas de la séance ou presque. Il met au passage un terme à 7 progressions hebdomadaires consécutives.

Si l'OMS a depuis dû suivre plusieurs variants avec une attention particulière, dont le Delta (détecté en Inde au départ) ou plus récemment Mu (initialement détecté en Colombie), cela n'a pas empêché finalement les marchés d'enregistrer de très belles performances depuis le début de l'année à la faveur du redressement de l'économie et des bénéfices des entreprises.

Mais le risque d'échappée d'un énième variant potentiellement préoccupant jette à nouveau les marchés en état de panique. Le problème est que les scientifiques en savent encore très peu sur ce B.1.1.529. "Il nous faudra plusieurs semaines pour bien comprendre l’impact de ce variant" a expliqué le docteur Marian Van Kerkhove, épidémiologiste responsable technique pour la COVID-19 à l’Organisation mondiale de la Santé. "Ce que nous savons est que ce variant présente un nombre élevé de mutations et notre préoccupation est que cela modifie la façon dont se comporte le virus", a-t-elle ajouté, suggérant un risque d'échappement aux vaccins existants.

"Le seul élément qui peut vraiment faire dérailler la reprise mondiale a toujours été un nouveau variant du Covid-19 qui balaie le monde et entraîné la réimposition de restrictions sanitaires massives", rappelle Jeffrey Halley, analyste d'Oanda. "Il y a des craintes que si les vaccins existants ne fonctionnent pas, les gens doivent se confiner à nouveau", a pour sa part commenté Nobuhiko Kuramochi de Mizuho Securities, cité par l'agence Bloomberg.

Aux yeux de Patrice Gautry, Chef économiste à l'Union Bancaire Privée, invité de BFM Patrimoine vendredi matin sur BFM Business, les marchés subissent des réactions épidermiques, mais potentiellement exagérées. D'une part, il n'est pas encore établi que ce nouveau variant résiste aux vaccins, que les fabricants pourront en outre faire évoluer à l'image de ceux contre la grippe saisonnière. L’Europe cherche en outre à se protéger ce qui est plutôt une bonne nouvelle, observe le spécialiste.

Par ailleurs, alors que les inquiétudes portaient plutôt dernièrement sur un resserrement monétaire beaucoup plus fort, les banques centrales ne manqueraient pas de différer leurs ajustements monétaires s'il en était besoin et les gouvernements continueraient à soutenir l’activité.

Bien qu'exacerbée, la chute est d'ailleurs bien moins prononcée à Wall Street: vers 18h20, le Dow Jones cède 2,5% quand le S&P et le Nasdaq limitent leur recul à environ 2%. La séance est pour rappel écourtée outre-Atlantique, où le marché new-yorkais fermera ses portes à 19h (heure de Paris) ce vendredi en raison de Thanksgiving.

Aéronautique, tourisme et restauration collective en première ligne

Comme lors des épisodes évoqués plus haut, les investisseurs se détournent massivement des valeurs dont les revenus dépendent du degré d'ouverture des économies, et se réfugient vers les quelques sociétés dont l'activité est mécaniquement accrue comme les producteurs de tests, mais aussi celles qui bénéficieraient d'une tendance des consommateurs à se réfugier à domicile, comme les jeux vidéos.

Parmi les principales victimes du jour figure le spécialiste de la restauration collective Elior (-11,1%) alors qu'il est vivement demandé aux employeurs de favoriser le télétravail, quand Sodexo perd 8,2%. La multiplication des suspensions de liaisons vers l'Afrique australe pèse sur le secteur aérien (-11,5% pour Airbus, -10,3% pour Safran, -9,7% pour Air France-KLM).

L'automobile (-7,4% pour Faurecia, -7,8% pour Renault, -6,9% pour Stellantis, -6,1% pour Plastic Omnium) n'est pas non plus épargnée, pas plus que la finance (-7,1% pour Société Générale, -5,9% pour BNP). Nouvelle purge synonyme de nouveau plongeon également pour les foncières, à commencer par URW (-11,9%) ou Klépierre (-8,9%).

Seule une minorité de titres parviennent à garder la tête hors de l'eau, dont géant tricolore des analyses Eurofins, qui redécolle de 7,8%, ou hors de l'indice phare Sartorius Stedim Biotech (+7,1%), bioMérieux (+4,8%) et Novacyt (+28,7%). Le fabricant de vaccins Valneva, qui pourrait voir prochainement homologué son vaccin à virus entier inactivé étant donné les résultats positifs de la phase 3, grimpe de 9% tandis qu'Orapi, un producteur de détergents et désinfectants, profite d'une hausse de 12,9%. Le spécialiste de la purification d'espaces UV Germi décolle pour sa part de 17,7%.

Le pétrole en chute libre

La perspective de nouvelles restrictions pèse également sur celle de la demande en hydrocarbures, et provoque une liquidation des positions sur l'or noir ce vendredi, avec une chute inédite en valeurs depuis le krach historique d'avril 2020 pour les références mondiales que sont le Brent et le WTI. Vers 18h05, le baril de "light sweet crude" texan plonge de 12,1% à 68,9 dollars, à un creux depuis deux mois et demi, quand la référence européenne lâche 10,2% à 63,9 dollars.

Ce mouvement spectaculaire de ventes se traduit par de lourdes pertes pour les valeurs pétrolières, TotalEnergies cédant notamment 5,9%. CGG (-6,5%) et TechnipFMC (-7,2%) ont également été sanctionnées.

Les pétrolières et parapétrolières sont en outre pénalisées (-5,1% pour TotalEnergies) par la lourde chute des cours du brut, dont -5,73% à 76,28 dollars s'agissant du pétrole de la mer du Nord, le Brent.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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