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CAC 40

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Cac 40 : Incapable de rebondir malgré le soutien de Wall Street, le CAC 40 termine à l'équilibre

jeudi 29 octobre 2020 à 18h00
La Bourse de Paris termine la séance à l'équilibre

(BFM Bourse) - Alors qu'il semblait de nouveau se diriger vers une baisse à la mi-journée, le CAC 40 a pu compter sur le rebond de Wall Street -sur fond de PIB meilleur que prévu- pour éviter de creuser ses pertes. Plus volontariste que prévu, la BCE se "prépare à agir" mais les annonces de l'institution ont peu pesé sur le marché.

Indécis, le CAC 40 termine finalement la séance à l'équilibre, ou plus précisément sur une perte anecdotique de 0,03% à 4.569,67 points, après avoir alterné entre rouge et vert toute la journée. L'échantillon principal a cédé jusqu'à 1,3% peu après l'ouverture de la Bourse de New-York, avant que le rebond de celle-ci ne lui permette de s'extirper de ce nouveau creux et même de reprendre près de 0,8% à une heure de la clôture avant de revenir donc à l'équilibre.

Le marché parisien avait tenté d'ouvrir en hausse ce matin "dans le sillage d’un rebond technique suite aux lourdes pertes de ces dernières séances" mais "les annonces de (semi) confinement en Allemagne et surtout en France restent dans l’esprit de tous les investisseurs, tout comme les élections américaines de mardi prochain et la publication des résultats des GAFAs ce soir" relevait le directeur des investissements John Plassard dans sa note matinale. Mais le rebond avait encore tourné (très) court, les craintes concernant les répercussions économiques du nouveau tour de vis de plusieurs gouvernements européens pesant toujours dans l'esprit des investisseurs.

La seconde vague qui frappe l’Europe a de fait accéléré la réaction des gouvernements notamment en France et en Allemagne où de nouvelles mesures de confinement ont été décidées. "En anticipation de ces nouvelles annonces le CAC 40 a chuté à son plus bas niveau depuis le 25 mai" et l'indice allemand (le Dax) a connu la même sanction, constate Alexandre Baradez, responsable des analyses marchés d'IG France. "Par rapport à son point haut de lundi, l’indice français a cédé près de 8% en l’espace de trois jours. Ce repli est désormais de 13% par rapport au point haut de juin" note également l'expert, qui souligne qu'il n'y a "toutefois pas eu de surréaction sur les "Futures CAC40" au moment de l’annonce officielle" d'Emmanuel Macron, ce qui s'explique selon lui par "le fait que ce confinement, même s’il aura un impact économique évident, est toutefois plus "souple" que celui du printemps avec une revue au bout de 15 jours pour en mesurer l’efficacité. Différence majeure par rapport au confinement du printemps, les crèches, écoles, collèges et lycées vont cette fois rester ouverts, tandis que l'activité se poursuivra dans les services publics, les usines et le BTP,

Le mouvement actuel sur les marchés apparaît donc, selon Alexandre Baradez, "comme une réplique après l'épicentre du stress en février-mars mais son ampleur devrait être beaucoup plus limitée" avance-t-il.

La BCE se tient prête à agir

Dans ce contexte, les investisseurs s'en remettaient alors à la BCE pour inverser la tendance. Mais l'institution, quoique volontariste, n'a pas surpris les marchés et laissé, comme il était attendu, sa politique monétaire inchangée. Elle a toutefois ouvert la porte à des mesures de soutien supplémentaires en décembre pour contrer les dégâts économiques de la deuxième vague de la pandémie de coronavirus qui déferle sur l'Europe. Si elle n'a pas modifié les paramètres de sa politique, l'institution de Francfort a laissé entendre très clairement qu'elle se tenait prête à les ajuster dès sa prochaine réunion. "Nous reconnaissons tous le rôle et l'importance de la force motrice de la pandémie, et l'augmentation de la contagion, ainsi que l'impact que les mesures de restriction vont avoir sur l'économie", a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui a ajouté que les membres du Conseil des gouverneurs s'étaient entendus "sur la nécessité d'agir et donc de recalibrer nos instruments lors de la prochaine réunion", le 10 décembre prochain.

Wall Street rebondit sur un PIB meilleur que prévu

Si la présidente de l'autorité monétaire européenne a tout juste répondu aux attentes des investisseurs, ces derniers ont en revanche trouvé un soutien inespéré dans le rebond historique du PIB américain au troisième trimestre. Celui-ci a grimpé de 33,1% en rythme annualisé entre juillet et septembre, ce qui correspond toutefois à un recul de 2,9% par rapport au T3 2019, selon une estimation préliminaire du département du Commerce publiée jeudi, quand les analystes misaient sur un rebond de 32%. Dans le sillage de cette publication, les indices new-yorkais, qui s'acheminent vers leur plus mauvaise depuis le mois de mars, reprennent un peu de hauteur (entre +0,3% pour le Dow et +1,2% pour le Nasdaq) à 18h, bien aidé par ailleurs par quelques solides publications.

Pour Patrick O'Hare de Briefing, ce rapport sur le PIB n'a toutefois pas provoqué de véritable électrochoc à la Bourse new-yorkaise, car les investisseurs avaient anticipé une forte hausse et ils continuent de s'attendre à des turbulences dans les prochains mois. "Il n'y a pas de plan de relance aux Etats-Unis, il y a l'incertitude liée à l'élection présidentielle (américaine, ndlr), il y a une flambée des cas de contamination au coronavirus et de nouveaux efforts par des autorités de limiter la propagation via des mesures de confinement ou de fermetures ciblées", énumère l'expert.

Solides publications de Sanofi, Orange, Worldline et Nexity

Les opérateurs du marché parisien ont également été occupés à faire le tri dans une nouvelle salve de publications trimestrielles plutôt convaincantes. Sans oublier d'autres actualités plus surprenantes, comme le nouvel accord trouvé par LVMH et le joaillier américain en vue d'un mariage, sur la base d'un prix revu à la baisse, de 135 à 131,5 euros par action. Le titre du n°1 mondial du luxe cède 0,2%.

Les résultats trimestriels traduisent globalement un net rebond de l'activité des fleurons de la cote tricolore par rapport au deuxième trimestre. Le géant pharmaceutique Sanofi a publié un chiffre d'affaires de 9,5 milliards d'euros, en hausse de 5,7% à taux de changes constants pour le troisième trimestre. Il a dans la foulée de nouveau relevé ses objectifs pour son bénéfice net, qu'il anticipe désormais en croissance de 7 à 8% pour 2020, alors qu'il prévoyait auparavant une progression comprise entre 6 et 7%. Son titre lâche toutefois 1%. Les groupes de paiements électroniques Worldline et Ingenico, dont la fusion doit permettre de créer le numéro 4 mondial du secteur, ont publié des résultats en ligne ave leurs attentes (CA respectivement en repli de 11 et 14%) et confirmé leurs objectifs annuels globalement conformes à ceux de 2019. Worldline prend 4,9% et Ingenico grappille 0,8%. C'est toutefois l'opérateur télécoms Orange qui domine le palmarès de l'indice phare ce jeudi avec un gain de 6,1% en réaction à des résultats meilleurs qu'attendu, le groupe étant parvenu à renouer avec la croissance. À noter qu'Airbus cède 0,4% après avoir fait état d'une perte nette de 767 millions d'euros entre juillet et septembre, notamment en raison d'une charge de 1,2 milliard d'euros pour se restructurer. L'avionneur européen, dont le chiffre d'affaires a fondu de 27% au troisième trimestre, à 11,2 milliards d'euros, a toutefois mis fin à l'hémorragie de sa trésorerie. Après avoir consomm12,4 milliards d'euros de cash sur les six premiers mois de l'année, le groupe est parvenu à dégager un flux de liquidités positif de 600 millions d'euros.

Au sein du SBF 120, Nexity prend 4,9% à l'annonce d'un repli très limité de son activité sur les neuf premiers mois (-2%) et de l'anticipation d'un rebond de 10% en 2021, confinement ou pas. TF1 a fait état mercredi d'une hausse de 7,5% de ses revenues publicitaires en raison d'un retour progressif des investissements pendant la levée du confinement cet été, ce qui a permis au groupe de médias de tripler son bénéfice net à près de 60 millions d'euros. Le titre flambe (+8,5%). Quant au géant de la restauration collective Sodexo, il a vu son résultat net (part du groupe) s'effondrer sur l'exercice annuel 2019-2020 clos fin août en raison de l'épidémie de Covid-19, passant d'un bénéfice de 665 millions d'euros l'année précédente à une perte de 315 millions d'euros. Le groupe, qui traverse "la plus importante crise de son histoire" selon son directeur général Denis Machuel, s'attend à une chute de 20 à 25% de ses revenus en 2020-2021, mais son titre grignote 1,4%.

Le pétrole au plus bas depuis mi-juin

Déjà en forte baisse au cours des derniers jours, les cours des références mondiales de pétrole poursuivent leur chute et touchent un plus bas depuis le 15 juin, alors que la propagation rapide du Covid-19 entraîne en Europe des mesures drastiques limitant la consommation de brut. Les investisseurs craignent désormais un déséquilibre du marché alors que l'offre libyenne augmente également plus vite que prévu. À 18h05, le baril de Brent lâche 4,09% à 38,01 dollars quand celui de WTI dévisse de 4,04% à 35,88 dollars.

La monnaie unique continue de lâcher du lest face à un billet vert qui profite une nouvelle fois de son statut de valeur refuge, et cède 0,79% à 1,1657 dollar.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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