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Cac 40 : La menace du variant Omicron et l'aveu de Powell vis-à-vis de l'inflation minent le marché parisien

mardi 30 novembre 2021 à 17h34

(BFM Bourse) - Auteur d'un maigre rebond lundi, l'indice phare de la Bourse de Paris est retombé dans le rouge ce mardi (-0,81%) après les déclarations du patron de Moderna puis du président de la Fed.

La tendance mardi en Bourse a été largement influencée par les propos de Stéphane Bancel dans un entretien au Financial Times, puis ceux de Jerome Powell lors d'une audition devant la commission bancaire du Sénat américain. Des déclarations qui actent que le scénario favorable, aussi bien sur le front de la pandémie que sur celui de l'inflation, perd de l'influence: d'un côté, les vaccins actuels pourraient perdre en efficacité face au variant Omicron, de l'autre la persistance des tensions sur les prix ne permet plus de qualifier de "transitoire" l'inflation (évacuant les arguments en faveur d'un maintien d'un biais accommodant sur les taux). Dans ce contexte, le CAC 40 a flanché de 0,81% à 6.721,16 points mardi, à un plus bas depuis le 20 octobre.

Il avait fallu un mois au CAC 40 pour progresser de 500 points, et inscrire au passage un nouveau sommet historique, mais il en a ainsi reperdu près de 400 en trois séances. La rechute de mardi a débuté avec les nouvelles interrogations au sujet de l’efficacité des vaccins actuels face au nouveau variant, du fait des commentaires de Stéphane Bancel. Le désormais célèbre patron français de Moderna a indiqué au Financial Times que les vaccins existants pourraient être moins efficaces pour combattre Omicron que les précédents variants, et que plusieurs mois pourraient être nécessaires avant que les entreprises pharmaceutiques puissent fournir à grande échelle un vaccin adapté. L'Université d'Oxford a quelque peu tempéré, en rappelant que les vaccins actuels, élaborés à partir de la souche Wuhan d'origine, apportent une protection très importante sur les variants qui ont circulé depuis et qu'il n'y a pas à ce stade d'indication irréfutable que cela ne soit pas le cas face au variant Omicron. En tout état de cause, il faudra vraisemblablement au moins deux semaines pour davantage de visibilité, une incertitude peu goûtée des investisseurs.

"Les marchés qui n'aiment pas l'incertitude, vont devoir prendre leur mal en patience" pour en savoir davantage sur le variant Omicron, écrit Tangi Le Liboux, analyste d'Aurel BGC. "Mais si de nouveaux vaccins étaient nécessaires, il est certain que leur mise au point et leur production en masse serait une affaire qui se compte en mois, voire en trimestres". La directrice exécutive de l'Agence européenne des médicaments (AEM) avance pour sa part un délai de 3 à 4 mois pour que le régulateur puisse autoriser -si besoin- des vaccins adaptés pour cibler le variant Omicron, soulignant que les vaccins existants continueraient de conférer un certain degré de protection. A cet égard, le vaccin candidat du français Valneva, en cours d'examen par l'agence européenne, voire celui (beaucoup moins avancé toutefois) d'OSE Immuno, une autre biotech tricolore, pourraient jouer un rôle intéressant, vu les technologies sur lesquels ils s'appuient respectivement.

Dans l'après-midi, c'est le patron de la Réserve fédérale, Jerome Powell, qui a encore jeté un froid en reconnaissant, en réponse à une question sur la pertinence de maintenir le terme "transitoire" pour qualifier le pic d'inflation actuel, que le moment était venu de retirer ce mot... Pour le président de la Fed, tout récemment choisi pour un second mandat, si les hausses des prix est globalement liée aux problèmes d'approvisionnement, ces hausses se sont répandues plus globalement et le risque d'une inflation durablement plus élevée s'est accru. Autrement dit, c'est un peu tout le scénario mis en avant ces derniers mois qui est battu en brèche, et le grand argentier reconnaît qu'il va falloir discuter d'un retrait plus rapide des mesures de soutien non conventionnelles, sans même parler d'un resserrement des taux.

Du côté des valeurs, la séance a finalement composé un palmarès hétéroclite. Dans un premier temps, craignant les répercussions d'une lutte difficile contre le nouveau variant sur l'économie, les investisseurs ont fui les valeurs cycliques pour se reporter sur les valeurs sûres de la santé ou dans une certaine mesure de la tech. Mais l'intervention de Jerome Powell a changé la donne, en incitant les opérateurs à réduire la voilure sur les secteurs richement valorisés, dont les susnommés. La plus forte hausse de l'indice en matinée, Eurofins, a ainsi terminé légèrement dans le rouge. Au final se sont retrouvés pêle-mêle parmi les plus sanctionnés Danone (-4,3%), Carrefour (-3,6%), Unibail RW (-3%) ou Safran (-2,8%).

À l'opposé, Schneider (+3,3%) a tiré son épingle du jeu, le numéro un mondial des équipements électriques basse tension ayant dévoilé son ambition d'une croissance organique annuelle de son chiffre d'affaires comprise entre 5% et 8% en moyenne pour la période allant de 2022 à 2024, assortie d'une amélioration organique annuelle de 30 à 70 points de base de sa marge opérationnelle ajustée (Ebita).

Les craintes de nouvelles restrictions et d'un ralentissement de la reprise économique ont aussi plombé l'or noir. Fortement remontés lundi sans pour autant effacer leur plongeon à deux chiffres de vendredi, les cours pétroliers refluaient de nouveau vivement mardi (-3,69% pour le baril de Brent à 70,75 dollars). La suite de la semaine s'annonce tout aussi volatile pour l'or noir, avec la réunion de l'Opep+ en ligne de mire ce jeudi. Michelin, Teleperformance, Capgemini ou Hermes ont su également résister à la pression baissière.

Parmi les biotechs, OSE Immuno a gagné plus de 12% alors que le vaccin contre le Covid-19 que le groupe est en train de développer apparaît potentiellement plus résistant aux mutations du virus. Erytech Pharma a gagné 15% après annoncé l'obtention d'un nouveau brevet (relatif aux traitements de tumeurs solides par l'administration de méthioninase et d'asparaginase, deux enzymes aux propriétés métaboliques) aux Etats-Unis. Enfin, après avoir repris 50% au cours des quatre dernières séances, le laboratoire Valneva a subi quelques prises de bénéfices (-1,6%) malgré des rumeurs de renégociation du contrat avec les autorités britanniques, et l'annonce d'un accord de production avec le façonnier allemand IDT Biologika.

L'éditeur de jeux vidéo et spécialiste des périphériques gaming Nacon a de son côté cédé 12,7% en réaction à son avertissement de résultats, le groupe nordiste ayant décalé la sortie de 4 jeux à l'exercice suivant, pour lequel il relève en revanche ses perspectives. Sa maison-mère BigBen Interactive a aussi perdu 10,5%.

Du côté des changes, pour la énième fois une tentative de rebond de l'euro tournait court : l'abandon du qualificatif "transitoire" au sujet de l'inflation outre-Atlantique, perçu comme un signal supplémentaire de durcissement à venir, poussait les cambistes à se renforcer sur le billet vert. L'euro redescendait de 0,14% à 1,1278 dollar en fin de journée.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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