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VALNEVA

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Valneva : Le labo Valneva accélère les préparatifs en Europe pour livrer son vaccin anti-Covid dès avril 2022

mardi 30 novembre 2021 à 15h21
Valneva accélère pour produire son vaccin

(BFM Bourse) - La résiliation par le gouvernement britannique de son contrat d'achat du vaccin anti-Covid de Valneva incite le groupe à revoir son plan de production, aux dépens de nouveaux recrutements sur son site de Livingston en Ecosse. À l'inverse, le groupe se tourne vers un façonnier allemand, IDT Biologika. Au Royaume-Uni, la volte-face est de plus en plus critiquée, d'autant que le profil du VLA2001 suggère une bonne efficacité face aux variants tels qu'Omicron.

Le spécialiste français des vaccins Valneva a bien mis derrière lui la déception provoquée en septembre par la résiliation inattendue du contrat précédemment conclu avec le gouvernement britannique pour le VLA2001, son candidat vaccin contre la Covid (désormais en cours d'examen auprès des autorités de santé après l'issue positive de la phase 3, dernière étape des essais cliniques avant une éventuelle commercialisation). Notamment au plan boursier : tombé jusqu'à 11 euros le jour de la déconcertante annonce britannique, le titre a inscrit lundi un sommet historique proche de 30 euros, frôlant au passage la barre de 3 milliards d'euros de capitalisation - totalement inédit pour une biotech française.

À la suite des discussions avec le gouvernement britannique au cours de l'été, puis à nouveau après la résiliation du contrat britannique en septembre, Valneva a réexaminé sa stratégie de production prévoyant de conjuguer production externe et interne pour adapter son plan de production en fonction de la demande. Les sites de Valneva à Livingston, en Écosse, et à Solna, en Suède, continueront à jouer un rôle clé dans la stratégie de production du groupe.

Premières doses livrées en avril ?

Après la signature la semaine dernière d'un accord d'achat anticipé avec la Commission européenne pour la fourniture d’un maximum de 60 millions de doses de VLA2001 sur deux ans, la firme a notamment annoncé lundi soir un accord avec IDT Biologika pour la production du candidat vaccin. Concrètement, cette société installée à Dessau-Roßlau, dans le Saxe-Anhalt, produira la substance active. Si la production du groupe à Livingston n'est pas pour autant abandonnée, le recours à un partenaire suggère fortement que le groupe n'investira pas dans l'accroissement des capacités de son site écossais.

"IDT est un partenaire de longue date dans le réseau des fabricants travaillant pour Valneva. Nous sommes donc très heureux d’élargir ce partenariat à la fourniture de VLA2001. Cette collaboration contribuera au déploiement rapide de notre vaccin inactivé, car nous continuons à croire que notre candidat vaccin différencié peut apporter une contribution importante à la lutte mondiale contre la pandémie de Covid-19", a indiqué Thomas Lingelbach, le président du directoire de Valneva.

Vives critiques au Royaume-Uni

L'accélération des préparatifs en Europe en vue d'être prêt à livrer de premières doses en avril 2022, sous réserve de l'obtention du feu vert de l'Agence européenne des médicaments (EMA), intervient alors que s'élèvent des critiques de plus en plus vigoureuses outre-Manche.

"Alors que ministres et scientifiques avertissent que la nouvelle mutation du [virus du] Covid Omicron pourrait être plus infectieuse que les précédents variants, le vaccin français annulé par le gouvernement du Royaume-Uni il y a deux mois seulement pourrait détenir la solution pour faire échec à la nouvelle super-souche [virale]", a proclamé samedi dernier le Daily Mail, un quotidien extrêmement populaire (et généralement peu versé dans la francophilie).

"Des experts ont expliqué au Mail on Sunday [l'édition dominicale du quotidien] qu'il existe pourtant une injection qui pourrait déjà être efficace contre cette version du virus: celle développée par la firme française Valneva et commandée par le gouvernement du Royaume-Uni - puis annulée", poursuit le journal, en expliquant en quoi la technologie du VLA2001, unique en Europe, peut lui conférer un avantage. Le candidat de Valneva contient un virus entier inactivé, ce qui aide le système immunitaire à reconnaître la menace et combattre le vrai virus en cas d'infection.

D'autres vaccins, aussi bien Pfizer qu'AstraZeneca reconnaissent des fragments génétiques du virus issus d'une région particulière du virus, la protéine S (correspondant à la spicule qui donne son nom de "couronne" au virus et lui permet de s'accrocher aux cellules pour les infecter). Or, cette région est aussi la plus propice aux mutations: les 32 mutations observées sur le variant Omicron se situent toutes au niveau de la protéine S (spike en anglais), ce qui accroît le risque que les anticorps développés avec un premier vaccin ne reconnaissant pas ce nouveau virus. "Comme le vaccin de Valneva présente davantage de sections du virus pour éduquer le système immunitaire, les experts pensent qu'il pourrait être davantage résistant aux variants que d'autres", conclu le journal.

Gestion approximative du gouvernement britannique

De fait, si le vaccin de Valneva a été conçu (comme ceux actuellement sur le marché) à partir de la souche "Wuhan" originale du coronavirus, au moment où se déroulaient les essais c'était déjà les variant Alpha ("britannique") et ensuite Delta ("indien") qui circulaient. Or, l'efficacité était bien au rendez-vous, aucun des patients n'ayant reçu le vaccin n'ayant dû être hospitalisé.

Dans ce contexte, l'incompréhension voire la colère montent en Grande-Bretagne deux mois après le renoncement, piteusement justifié par le ministre de la Santé Sajid Javid - d'autant plus que le pays avait misé très tôt, fin 2020, sur le produit de Valneva.

L'ancienne responsable de la Vaccine Taskforce mise en place par le ministère de la Santé pour organiser la campagne de vaccination, Kate Bingham, a elle-même taillé en pièces la gestion approximative du gouvernement lors d'une conférence à l'université d'Oxford la semaine dernière.

Dans son discours "From wartime to peacetime: lessons from the Vaccine Taskforce", Dame Bingham a d'abord retracé l'évolution de la réponse britannique depuis sa nomination en mai 2020 jusqu'à la fin de son mandat à la fin de la même année, une fois le pays devenu le premier en occident à vacciner sa population (dès le 8 décembre), non sans souligner les obstacles issus du gouvernement et de Whitehall (la haute administration britannique) qu'il a fallu surmonter pour sécuriser l'approvisionnement en vaccins.

Un vaccin plus simple sur le plan logistique

L'ancienne patronne du groupe de travail vaccins a recommandé d'incorporer beaucoup plus étroitement l'expertise scientifique dans le processus de décision du gouvernement, prônant une refonte visant à refocaliser l'administration sur le but à atteindre plutôt que sur l'adhésion à un processus, et suggéré d'améliorer les relations entre le gouvernement et les entreprises. Elle a mis en avant les opportunités manquées pour se préparer aux futurs besoins.

Abordant spécifiquement le cas du vaccin Valneva, Kate Bingham a estimé que l'annulation récente du contrat avec cette société pionnière avant les résultats positifs de la phase 3 au motif que le Royaume-Uni disposait de suffisamment de vaccins, même pour les rappels, contrevenait au mandat donné par le Premier ministre au Vaccine Task Force d'obtenir et de livrer rapidement des vaccins au Royaume-Uni et à l'étranger dans les pays mal armés économiquement. Cette annulation ne tenait pas compte des besoins de Covax, l'agence internationale d'achat de vaccins, et du fait que la plupart des pays du monde n'ont pas accès aux vaccins, alors que la formulation de celui de Valneva se prête particulièrement à un déploiement dans les pays à faible revenu puisqu'il ne nécessite pas une infrastructure de chaîne du froid complexe. Une décision qui a fait également une croix sur "la nécessité de renforcer la résilience de la capacité de préparation du Royaume-Uni à une pandémie grâce à une nouvelle usine de fabrication flexible à la pointe de la technologie à Livingston, en Écosse, capable de fabriquer des vaccins dans n'importe quel format selon les besoins, y compris des vaccins contre la grippe. 100 nouveaux emplois prévus pour l'Écosse sont désormais transférés en Allemagne de l'Est", a-t-elle estimé.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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