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VALNEVA

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Valneva : Le ministère de la Santé britannique juge que le vaccin de Valneva n'obtiendra pas son homologation

mardi 14 septembre 2021 à 17h26

(BFM Bourse) - Le secrétaire d'État à la Santé britannique estime que le vaccin expérimental développé par Valneva n'obtiendrait pas l'autorisation de l'agence locale des médicaments, justifiant selon lui la résiliation du contrat signé l'an dernier (et confirmé en février par l'exercice d'une option sur des doses supplémentaires). Une explication qui soulève davantage de questions.

À quel moment exactement, et sur la base de quelles informations, le gouvernement britannique a-t-il perdu confiance envers le vaccin "VLA2001" en cours de développement chez Valneva? Le groupe de travail, ou Vaccine Taskforce, mis rapidement en place par le ministère britannique de la Santé pour organiser la campagne de vaccination avait pu signer très tôt des contrats avec les fournisseurs de vaccins jugés les plus prometteurs, permettant de débuter les injections dès début décembre 2020, pratiquement avant tout autre pays.

Afin d'assurer ses arrières, c'est-à-dire les éventuels rappels, le Royaume-Uni avait notamment signé pour le vaccin encore expérimental de la biotech franco-autrichienne, commandant 60 millions de doses dès septembre 2020 puis 40 millions de plus en février dernier - sous réserve évidemment qu'il fasse preuve de son efficacité, obtienne le feu vert règlementaire, et puisse être livré dans les délais prévus.

Coup de tonnerre pour la biotech (et pour ses actionnaires qui ont vu leur investissement perdre 42% de sa valeur en une séance), Valneva a fait savoir lundi matin que le gouvernement britannique lui avait notifié la résiliation de l’accord, prétendant de plus que la firme nantaise avait manqué à ses obligations, ce que Valneva conteste "vigoureusement".

Mardi, le secrétaire d'État à la Santé et à la Protection sociale Sajid Javid a expliqué que la décision de résilier le contrat passé avec Valneva a été prise parce que l'agence compétente, la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA), ne devrait vraisemblablement pas approuver le vaccin. "Il y a des raisons commerciales pour lesquelles nous avons annulé le contrat, mais il était également clair pour nous que le vaccin en question développé par l'entreprise n'obtiendrait pas l'approbation de la MHRA ici au Royaume-Uni", a indiqué Sajid Javid (ancien banquier d'affaires, ministre à plusieurs reprises sous Cameron, May puis Johnson), cité dans le Telegraph.

Faute de vaccin disponible pour une éventuelle campagne de rappel, le gouvernement de Sa Majesté a assuré disposer d'un "plan B" face à une possible recrudescence du coronavirus cet hiver. Un plan reposant sur des mesures aussi audacieuses que de "demander au public de se montrer plus prudent face au Covid", mettre en place un pass vaccinal, imposer le port du masque et retourner en télétravail.

De prime abord toutefois, l'argument invoqué par le ministre n'entre pas dans les (nombreuses) clauses de résiliation du contrat détaillées par Valneva dans son dernier rapport annuel. Dans les grandes lignes, une possibilité de résiliation était logiquement prévue face à des problèmes de sécurité importants ou un manque d'efficacité significatif. Or, les derniers résultats complets, ceux de la phase 1/2 (publiés en avril), n'ont pas suscité davantage d'effets secondaires que le placebo, tout en générant une réponse immunitaire potentielle significative au vu de l'augmentation du taux d'anticorps.

Le rejet d'une demande d'autorisation de mise sur le marché est bien mentionné, mais encore faut-il que ce rejet soit acté : il est assez douteux que le contrat mentionne une résiliation au simple motif qu'un des contractants s'attende à un rejet. Le processus de demande d'autorisation a débuté avec la MHRA le mois dernier, et doit en principe reposer essentiellement sur les résultats de la phase finale (phase 3), attendus au début du quatrième trimestre. Certes avec retard, puisque Valneva visait au départ des résultats en septembre, mais le ministère britannique n'a pas évoqué cela comme un problème.

En quelque sorte, le Royaume-Uni semble agir comme si des informations défavorables quant à l'efficacité du VLA2001, jusqu'ici non communiquées ou inconnues de Valneva, étaient en la possession du ministère - sachant que l'université de Southampton étudie effectivement de son côté le VLA2001, parmi d'autres candidats, dans un essai à titre de rappel chez des personnes déjà vaccinées. Cet essai baptisé "Cov-Boost" doit durer un an au total, mais avec de premiers résultats attendus dès septembre, donc de façon imminente.

Autre possibilité : celle que le gouvernement britannique ne soit guère effrayé par l'idée d'un nouveau litige potentiel. Rappelons qu'en avril dernier, le ministère de la Santé avait déjà dénoncé un contrat avec le fournisseur tricolore de tests PCR, Novacyt, qui lui avait pourtant fourni en masse des tests dès avril 2020. Le groupe Novacyt a de son côté "sollicité des conseils juridiques concernant ce conflit et estime avoir de solides arguments pour faire valoir ses droits contractuels".

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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