(BFM Bourse) - Porté par un indicateur rassurant concernant l'activité dans les services en zone euro, le marché parisien a également profité de l'appétit des investisseurs pour les valeurs liées à l'énergie ou au secteur bancaire et au rebond technique de Wall Street pour reprendre 1,52% ce mardi.
Les investisseurs parisiens ont fait fi des craintes du moment, mêlant nouvelle poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix de l'énergie, bataille parlementaire aux Etats-Unis, feuilleton Evergrande (où apparaît un nouveau protagoniste, Fantasia) et ralentissement de la reprise économique mondiale, pour offrir au CAC 40 un cossu rebond de 1,52% à 6.576,28 points en clôture ce mardi. C'est même la meilleure performance journalière depuis deux mois et demi (+1,84% le 21 juillet dernier).Timide dans la matinée (+0,2% à l'ouverture), le mouvement s'était déjà nettement affirmé à la mi-journée (+0,8% vers 13h) pour se renforcer encore plus à l'ouverture dans le vert de Wall Street.
"Le début de la semaine a été difficile, mais les investisseurs tentent ce matin d'appuyer sur le bouton de réinitialisation", commente Patrick O'Hare, analyste chez Briefing.com qui reste prudent sur la solidité du rebond, nourri, selon lui, par "un empressement à acheter à la baisse". L'horizon demeure de fait incertain pour les marchés en cette fin d'année alors que s'accumulent les incertitudes mentionnées ci-dessus. Vers 18h15, l'indice technologique reprend tout de même 1,6% et le S&P 500 1,4%.
Le répit du jour a été en partie alimenté par les indices définitifs d'activité dans le secteur des services en zone euro publiés en matinée par IHS Markit, et ressortis légèrement au-dessus de leur lecture initiale, à 56,4 (contre 56,3 précédemment annoncé). "Si pour l'heure le rythme de l'expansion globale demeure solide au regard des critères historiques de l'enquête [largement supérieur au seuil de 50 qui distingue une expansion d'une contraction de l'activité], la trajectoire de l'économie de la zone euro à l'amorce du dernier trimestre 2021 est celle d'un ralentissement de la croissance", a cependant souligné l'économiste en chef d'IHS Markit. En cause, les effets des pénuries de matières premières qui commencent à se propager de la production aux services.
"Faible niveau des stocks et goulets d'étranglement"
"Les pénuries en matière de transport maritime, d'énergie et de main-d'œuvre menacent le rythme de la reprise mondiale, car la reprise de la demande se heurte à un faible niveau des stocks et à des goulets d'étranglement", observe Stéphane Monier, directeur des investissements de Lombard Odier. "Ce choc économique sans précédent suivi de l'un des plus forts rebonds de l'histoire a pour conséquence que nous n'avons pas de référence pour tracer la voie de la normalisation". Le spécialiste estime certes que les actuelles perturbations de l'offre seront transitoires, mais prévient qu'elles "continueront à créer de la volatilité à court terme sur les marchés". À bon entendeur...
Si 36 des 40 valeurs du CAC ont terminé la séance en territoire positif, deux secteurs se sont plus particulièrement distingués. Il s'agit de l'énergie et la finance, sur les motifs assez évidents de la hausse des tarifs énergétiques d'un côté et des taux obligataires de l'autre. TotalEnergies (+3%) s'est hissé à son meilleur niveau depuis février 2020, alors que le cours du pétrole Brent prenait encore 1,7% à 82,74 dollars (à moins de 2 dollars d'un nouveau pic depuis 2014) après la décision de l'Opep+ de ne pas accélérer le rythme de réouverture des vannes au-delà de ce qu'elle prévoyait avant la flambée actuelle des cours. Les prix de l'énergie étant par ailleurs liés quoi qu'on en dise, EDF continue aussi son ascension (+5,5%), après le relèvement à 19 euros de l'objectif de cours de Morgan Stanley.
Les banques profitent des taux en hausse
La poursuite du rebond des rendements souverains (à 1,53% pour le T-bond à dix ans) a profité à Société Générale (+4,3%), BNP Paribas (+4,6%) et Crédit Agricole bondissant même de 5,7%, la banque verte ayant fait savoir qu'elle allait racheter pour 500 millions d'euros de ses propres actions.
En dehors de ces mouvements, l'actualité des sociétés cotées était peu animée à quelques semaines de la prochaine saison de publications. SMCP a gagné encore 6,7% après une note de Jefferies qui explore le scénario du retrait de l'actionnaire chinois du groupe de prêt-à-porter français. Au contraire, Bic a flanché de 6,4% après le reclassement par un fonds de pension suédois d'un bloc représentant près de 4,6% du capital, au prix unitaire de 47,50 euros. L'exploitant de maisons de retraite Orpea a de son côté cédé 4,2% après que Challenges a révélé qu'une perquisition avait été effectuée au siège du groupe en mars dernier dans le cadre d’une enquête préliminaire pour complicité de fraude fiscale et blanchiment aggravé, dans le cadre du rachat en 2008 d'un établissement situé dans les Bouches-du-Rhône pour 9 millions d'euros (à titre de comparaison, le groupe investit actuellement plus d'un demi-milliard d'euros à l'année dans l'immobilier).
Sur le marché des changes, la vigueur du bitcoin, qui s'échangeait de nouveau autour de 50.000 dollars malgré le récent tour de vis de Pékin, contrastait avec les déboires de l'euro. La monnaie unique européenne, déjà bien chahutée la semaine dernière, retombait de 0,05% à 1,1604 dollar peu après 18h.