(BFM Bourse) - Alors que la première partie d'année s'est achevée cette semaine, BFM Bourse fait le point sur les plus fortes variations tant à la hausse qu'à la baisse sur le SBF 120. Les semi-conducteurs ont signé d'impressionnantes performances portés par la thématique de l'intelligence artificielle alors qu'a contrario Stellantis s'enfonce dans la crise boursière et que Vusion a pâti de doutes sur son activité.
L'année boursière est arrivée à mi-chemin, le premier semestre s'étant achevé mardi. La place de Paris a connu une première partie d'année agitée, avec l'éclatement du conflit au Moyen-Orient, la remontée des rendements obligataires, l'émergence d'une Réserve fédérale américaine (Fed) plus restrictive, les doutes autour des promesses de l'intelligence artificielle (IA) et des saisons de résultats médiocres.
In fine, le CAC 40 est parvenu à décrocher une performance positive, avec une hausse de 3,12% depuis le 1er janvier tandis que le SBF 120 a pris 2,97%.
Toutefois, ces variations cachent évidemment des performances très contrastées. BFM Bourse fait le point à mi-année sur les plus fortes hausses et baisses à la Bourse de Paris en prenant comme référence le SBF 120.
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Soitec et STMicro largement en haut du palmarès
Du côté des progressions, le palmarès est ultra-dominé par les groupes de semi-conducteurs. Soitec (+405,8%) et STMicroelectronics (+187,4%) signe de très loin les deux plus fortes hausses. Ces deux actions ont été propulsées par la thématique de l'IA.
Le marché s'est récemment pris d'affection pour les semi-conducteurs européens, comprenant que ses valeurs ont un rôle important à jouer dans la montée en puissance de l'intelligence artificielle.
"Alors que l’histoire de l’IA s’est longtemps écrite sur les marchés au travers de quelques noms adorés des investisseurs, ceux-ci s’aperçoivent à présent que l’industrie des semi-conducteurs, dont dépend la croissance de l’IA, est bien plus complexe et implique de nombreuses dépendances critiques. En 2026, le marché redécouvre que beaucoup d’entre elles passent encore par l’Europe", écrivait Enguerrand Artaz, stratégiste chez LFDE , début juin.
STMicroelectronics a récemment relevé ses prévisions de chiffre d'affaires pour ses produits liés à l'IA pour 2026 et 2027. Le groupe commercialise notamment des technologies autour de la connectivité optique, la conversion de puissance, les composants d'infrastructure thermique, autant de composants qui permettent d'alimenter les centres de données et de gérer leur consommation.
Soitec, pour sa part, bénéficie de son avancée dans les substrats photoniques, des briques clés dans les connexions optiques des data centers, remarque Enguerrand Artaz.
Toutefois les valorisations commencent à être tendues. La semaine dernière, UBS a abaissé son conseil à "vendre" sur Soitec jugeant que sa valorisation pouvait "surestimer ses perspectives de croissance". our STMicro, Alphavalue considère que si la société voit ses perspectives se redresser, sa valorisation reste "très très tendue".
Mersen et Exail Technologies dans le top 5
La thématique de l'intelligence artificielle a, dans une moindre mesure, porté Mersen, troisième du classement avec une hausse de 74,7%. L'ex-Carbone Lorraine, spécialiste des matériaux avancés et électriques, a été soutenu par sa croissance dans sa division "Electrical Power" (+8,7% au premier trimestre) et plus particulièrement par l'activité de distribution électrique, elle-même boostée par les data centers. Grâce à son parcours boursier enviable, Mersen est revenu sur le SBF 120, mi-juin.
Quatrième, Nanobiotix (+64,6%), une biotech qui se base sur les propriétés physiques des nanoparticules pour améliorer l'efficacité des radiothérapies, a bénéficié d'un certain optimisme autour de son essai de phase III (la dernière étape avant une commercialisation) Nanoray qui évalue son produit phare, JNJ-1900, dans le domaine de l'oncologie pour le traitement du carcinome épidermoïde de la tête et du cou localement avancé.
Les autorités médicales américaines ont récemment allégé le protocole de cet essai, ce qui permettra à Nanobiotix de publier plus rapidement les résultats de cet études, désormais attendus au premier semestre 2027. La société a récemment prolongé sa visibilité financière jusqu'en 2029 au moyen d'une augmentation de capital.
Dans le top 5, Exail Technologies s'adjuge 47,36% après avoir pris 370% l'an passé. Le groupe a enregistré de nombreuses commandes grâce à son positionnement, la société comptant devenir le "SpaceX du drone marin" spécialisé dans le déminage. Le groupe a récemment vu son cours bondir après que Safran a confirmé avoir approché la société en vue d'une potentiel offre publique d'achat (OPA) valorisant l'entreprise 2,2 milliards d'euros.
Parmi les autres progressions, Derichebourg a été soutenu par un retour des volumes dans le marché de la ferraille et par des prix supérieux dans l'aluminium et le cuivre. Ce qui a permis au spécialiste du recyclage des métaux de relever ses objectifs en mai dernier.
Les groupes pétoliers et parapétroliers Maurel et Prom (+40,99%) et Vallourec (27,59%) ont été portés par le bond des cours du pétrole entre mars et juin, tandis qu'Eutelsat (+46,2) a bénéficié du regain d'intérêt des investisseurs pour les valeurs spatiales en amont de l'introduction en Bourse de SpaceX.
Stellantis toujours dans le dur
Du côté des baisses, Stellantis (-47%) semble aller de Charybde en Scylla. Après avoir remis à plat (et lourdement revu à la baisse) sa stratégie dans l'électrique, avec 22,2 milliards d'euros de dépréciations d'actifs à la clef, le groupe né de la fusion entre Fiat Chrysler Auotmobiles et Peugeot SA a publié des résultats décevants au premier trimestre. L'Amérique du Nord, région clef, de son redressement, est réstée en perte opérationnelle, hors élements exceptionnels.
La journée dédiée aux investisseurs de mai dernier n'a pas enthousiasmé les investisseurs. "Nous ne sommes pas convaincus que l'équipe de direction de Stellantis ait acquis la crédibilité nécessaire pour que ses objectifs FaSTLAne 2030 (le nom du plan stratégique, NDLR)– à savoir un taux de marge opérationnelle courante de 7% au niveau du groupe et un flux de trésorerie disponible industriel de 6 milliards d'euros en 2030 – soient acceptés sans réserve", prévient Bernstein.
Pour ne rien aider, Stellantis a du composer avec une aversion plus générale du marché envers l'automobile, elle-même provoquée par la concurrence des constructeurs chinois en Europe, et les répercussions du conflit en Iran. "Le scepticisme des investisseurs à l'égard de Stellantis et de l'ensemble des constructeurs européens reste élevé, reflétant les menaces structurelles des produits chinois moins chers et technologiquement avancés", souligne d'ailleurs Citi.
Deuxième plus forte baisse du SBF 120, Alstom (-38,9%) a encore prévenu attendre une lourde consommation trésorerie, de 1,5 milliard d'euros, sur les six premiers mois de son exercice actuel, et a abandonné ses objectifs de moyen terme. Cet avertissement sur résultats avait fait plonger son titre de 27,15% sur une seule séance, le 17 avril.
Valneva (-39,97%) a récemment dû abaisser ses prévisions annuelles en raison d'"une tendance émergente défavorable dans l'adoption des vaccins du voyage sur ses principaux marchés, liée à des facteurs géopolitiques".
Essilorluxottica (-39,21%) a été plombé par les doutes sur ses "smartglasses" produites avec Meta, le marché redoutant la concurrence des géants du numérique (Apple, Google, Alibaba) ainsi qu'un "effet cannibalisation" sur les montures plus traditionnelles.
Vusion (-38,2%) a souffert, plombé par les incertitudes autour du calendrier et du déploiement d'un méga-contrat avec Walmart. Si Exane BNP Paribas reconnaît que les objectifs 2027 de la société seront difficiles à attendre, le bureau d'études est récemment passé à "surperformance" sur le titre, jugeant que ces inquiétudes sont largement intégrées dans le cours.
