(BFM Bourse) - Le spécialiste des vaccins contre les maladies infectieuses a abaissé ce mercredi 13 mai ses prévisions annuelles de chiffre d'affaires, citant une tendance émergente défavorable dans l’adoption des vaccins du voyage sur ses principaux marchés, liée à des facteurs géopolitiques. Son titre connaît une forte volatilité après cette publication.
En début de semaine, les dernières informations sur la circulation de l'hantavirus, un virus transmis par les rongeurs, ont déclenché une forte réaction sur des valeurs qui étaient autrefois concernées par la pandémie de Covid-19.
Cet intérêt pour ces anciennes stars de la période Covid ont ainsi porté sur les spécialistes des tests Biosynex et Novacyt dont leurs actions avaient respectivement flambé de près de 43% et 68%, ou Euromedis Groupe, qui fabrique des produits médicaux à usage unique, et qui avait de son côté, gagné 15% lundi 11 mai.
Ce mouvement s'est étendu à certaines valeurs américaines, à l'image du spécialiste des vaccins Moderna, dont le titre avait bondi de 12% avant de refluer en fin de séance. Le groupe collabore avec l'armée américaine pour trouver un vaccin contre l'hantavirus.
Le spécialiste des vaccins contre les maladies infectieuses Valneva était aussi animé par ce vent de spéculation sur l'hantavirus, faisant grimper son action de plus de 14% à la Bourse de Paris.
Un premier trimestre "décevant"
Ce mercredi 13 mai, les nouvelles sont moins à l'avantage de Valneva, notamment sur le front commercial. Le groupe a dévoilé ses résultats du premier trimestre, qui sont jugés décevants par les analystes d'Allinvest Securities.
Valneva a ainsi fait état d'un chiffre d'affaires qui a chuté de 37,2% à 30,9 millions d'euros, soit bien moins que les 44,9 millions d'euros de revenus attendus par le consensus (la prévision moyenne des analystes) cité par le bureau d'études.
Les ventes de produits dont le groupe est propriétaire reculent aussi pour atterrir à 30,5 millions d'euros, et ressortent là aussi bien en deçà des attentes du marché logées à 47 millions d'euros.
Ce recul reflète surtout la baisse attendue des ventes de produits tiers, désormais quasi nulles, ainsi qu’un décalage de livraisons au Département américain de la défense d'Ixiario, son vaccin contre l'encéphalite japonaise. Il est utilisé par l'armée américaine depuis 2010 pour protéger ses militaires stationnés en Asie du Sud-est.
Les ventes du Dukoral, son vaccin contre le choléra ont reculé de 30% sur un an, pour s'établir à 8,6 millions d'euros. Elles ont été pénalisées par une base de comparaison difficile (ventes ponctuelles liées à la fourniture de doses à Mayotte à la suite d'une épidémie de choléra) et par le changement de distributeur en Allemagne en janvier 2026.
Un peu plus bas dans les comptes, le résultat brut d'exploitation de Valneva est négatif à hauteur de 18 millions d'euros, là où le consensus cité par Stifel attendait une perte un peu moins élevée, de -9 millions d'euros.
Oddo BHF explique que la rentabilité de Valneva a été mise à rude épreuve en raison d'une forte détérioration des marges brutes liée à des éléments exceptionnels (dépréciations de stocks, coûts de transfert de production, résiliations de contrats de sous-traitance pour Ixchiq).
"Le principal point positif de la publication réside dans la forte amélioration de la consommation de trésorerie d’exploitation", apprécie Allinvest Securities, qui a été ramenée à 0,3 million d'euros au premier trimestre 2026, contre 8,1 millions d'euros un an auparavant.
La trésorerie du groupe s'établit à 168,3 millions d'euros à fin mars 2024, contre 109,7 millions d'euros à fin décembre 2025. Le groupe a précisé que sa trésorerie à fin mars ne prenait pas en compte les 37 millions d'euros de produit brut issu de la récente levée de fonds réalisée fin avril.
"Ce point soutient la lecture d’un groupe qui continue à discipliner sa structure de coûts alors même que la dynamique commerciale court terme devient moins porteuse", remarque aussi Allinvest Securities.
Prudence pour 2026
Valneva fait preuve de prudence pour l'année en cours. Le spécialiste des vaccins contre les maladies infectieuses a abaissé ses prévisions de chiffre d'affaires pour 2026, citant "une tendance émergente défavorable dans l'adoption des vaccins du voyage sur ses principaux marchés, liée à des facteurs géopolitiques".
La société prévoit désormais des ventes de produits comprise entre 135 et 150 millions d'euros, contre une précédente fourchette située entre 145 et 160 millions d’euros.
Les autres revenus sont en revanche confirmés, ce qui conduit Valneva à communiquer une nouvelle prévision de chiffre d’affaires située entre 145 et 160 millions d’euros. Valneva visait auparavant auparavant des revenus entre 155 et 170 millions d'euros.
La société a aussi annoncé un nouveau projet de réorganisation de ses activités visant à optimiser ses opérations et incluant une réduction de 10 à 15% de ses effectifs à l'échelle mondiale. Valneva explique que ces différentes initiatives devraient se traduire par une réduction significative d’environ 25 à 35% des charges opérationnelles en 2026, par rapport à 2025.
Lyme, "principal levier de création de valeur"
Valneva profite aussi de cette publication pour faire le point sur ses programmes cliniques. Le groupe rappelle avoir communiqué les données issues d'un essai clinique de phase III (dernière étape avant une potentielle commercialisation) évaluant son candidat-vaccin contre la maladie de Lyme.
Or, le groupe avait livré des résultats décevants pour cet essai clinique crucial, faisant plonger son action de 39%, le lundi 23 mars.
Valneva a malgré tout confirmé que son partenaire Pfizer avait l'intention de déposer les dossiers réglementaires concernant le VLA15 auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, de l'agence européenne du médicament en 2026, conformément à ce qui avait été annoncé précédemment.
"La FDA devrait mettre 60 jours pour décider d'accepter ou non le dossier en vue de son examen, période qui sera suivie d'une phase d'examen standard d'environ 10 mois", estime Stifel qui ajoute que la "visibilité sur l'acceptation du dossier, et sur la question de savoir si des données supplémentaires pourraient être requises, est attendue pour fin juillet ou août."
Le "dossier Lyme reste le principal levier de création de valeur", avance Allinvest Securities quand Stifel estime que VLA 15 "conserve une trajectoire crédible vers l'autorisation de la FDA sur la base des données de phase III".
"En parallèle, Valneva continue d’avancer sur Ixchiq au Brésil, avec une campagne de vaccination pilote déjà en cours et une autorisation donnée à l’Instituto Butantan pour fabriquer localement une version du vaccin", précise le bureau d'études. Le groupe progresse aussi sur S4V2, un candidat-vaccin "le plus avancé au monde" contre la shigellose, une diarrhée infectieuse aigüe et dont les premiers résultats de Phase II (étape qui évalue l'efficacité et la tolérance d'un traitement) restent attendus mi-2026.
A la Bourse de Paris, une très forte volatilité entoure Valneva après son avertissement sur son chiffre d'affaires annuel. L'action, qui souffrait en début de séance évolue désormais en hausse de 1,1% vers 10h30 ce mercredi 11 mai.
La visibilité commerciale de Valneva est "plus prudente" mais les "catalyseurs stratégiques sont "préservés", avance Oddo BHF.
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