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CAC 40

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Cac 40 : Rassurée sur l'état de santé de Donald Trump, la Bourse rebondit nettement

lundi 5 octobre 2020 à 18h19
Le CAC 40 se rapproche des 4.900 points

(BFM Bourse) - La Bourse de Paris a gagné près de 1% lundi, soutenue par une vague d'achats sur les valeurs cycliques (en dépit de la poursuite de l'augmentation du nombre des infections), alors que l'état de santé du président de la première puissance mondiale semble inspirer moins d'inquiétudes.

Habitué à "faire" le marché à grands coups de déclarations fracassantes, Donald Trump dicte cette fois bien malgré lui la conduite des marchés depuis vendredi. Un temps déboussolée par l'annonce que le président américain a contracté la Covid-19, la Bourse de Paris a rebondi de 0,97% lundi à 4.871,87 points dans le sillage de l’amélioration apparente de son état de santé.

Saluant l'atténuation des incertitudes qui résulteraient d'un empêchement physique de l'actuel locataire de la Maison-Blanche à accomplir son mandat (sans parler d'un imbroglio constitutionnel en vue de l'élection qui intervient d'ici un mois), Wall Street évoluait aussi en progression, soit +1,6% pour le Nasdaq Composite et +1,3% pour les indices Dow Jones et S&P 500 au moment de la clôture parisienne.

La crise sanitaire reste la préoccupation première des marchés

Si des informations contradictoires ont circulé ce week-end sur l'état de santé du président américain, les marchés semblent donc retenir le fait qu'il pourrait regagner la Maison blanche dès ce lundi (nous n'en sommes qu'à la mi-journée aux US au moment où nous écrivons ces lignes) selon les médecins qui le soignent dans l'hôpital militaire où il a été admis vendredi, information rendue publique seulement samedi.

La contamination de Donald Trump a néanmoins remis l'accent sur la dégradation de la situation sanitaire dans le monde. En France, Paris et les trois départements de la petite couronne basculent en zone d'alerte maximale pour freiner la propagation de la pandémie. Des mesures telles que la fermeture des bars ou l'instauration d'une "jauge" dans les centres commerciaux parisiens vont de nouveau être mises en place. Outre-Atlantique, la ville de New York s'apprête également à placer à nouveau sous confinement certaines zones identifiées comme des foyers de contamination. À Moscou et dans deux régions russes, la fermeture des écoles a été décrétée lundi matin.

Des indicateurs d'activité peu réjouissants

L'actualité sanitaire a tendance à éclipser les autres nouvelles mais les investisseurs ont pris connaissance lundi matin des principaux résultats définitifs des enquêtes Markit auprès des directeurs d'achat du secteur des services en Europe. L'activité du secteur privé de la zone euro a ralenti en septembre pour se maintenir d'extrême justesse en territoire de croissance (pour rappel, le seuil de 50 marque la limite entre expansion et contraction de l'activité) face à la résurgence pandémique. L'indice composite, qui combine l'activité des services et celle du secteur manufacturier, est ainsi ressorti à 50,4 en septembre contre 51,9 en août. En France, ce même indice composite est repassée en territoire de contraction en septembre à 48,5, conformément à une première estimation, après 51,6 en août., pénalisé par la perte d'élan des services (à 47,5). "La hausse des cas de contamination ont contribué à un retournement de l'activité à la fin du troisième trimestre", commente Eliot Kerr, économiste d'IHS Markit.

Les marchés restent également dans l'attente d'un nouveau stimulus monétaire aux États-Unis. "Le Congrès n'a pas encore trouvé de terrain d'entente concernant le nouveau plan de soutien économique et ce malgré le besoin urgent", constate Vincent Boy, analyste chez IG France. "Cette situation inquiète de plus en plus et pourrait conduire à un rebond économique bien moins important qu'anticipé sur les derniers mois de l'année aux Etats-Unis, alors que l'épidémie se poursuit et que les incertitudes et les risques s'intensifient", complète-t-il.

"On a vu que la maladie de Donald Trump avait potentiellement changé la donne. Les démocrates seraient plus à même de venir sur le terrain des républicains", analyse de son côté ce lundi dans l'émission BFM Bourse John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud.

Les secteurs bancaire, pétrolier et touristique au rebond

Peu de nouvelles fraîches à se mettre sous la dent pour la Bourse de Paris, en dehors des inévitables feuilletons autour de l'avenir de Suez et de celui de Lagardère. En repli de 4,2%, Suez n'a pas profité de l'épisode du jour, aux rebondissements un peu décevants. Réuni lundi, le conseil d'administration a taclé... son principal actionnaire Engie et sa "précipitation" à vouloir décider de l'avenir de sa participation "sans analyse et sans discussion et dialogue préalables", et assuré qu'il mettrait en oeuvre "tous les moyens à sa disposition pour éviter une prise de contrôle rampante ou un contrôle de fait", tout en se disant "avec la décision d’Ardian de ne pas remettre d’offre" pour le moment. Rien de franchement conclusif donc, autant pour Veolia d'ailleurs (le candidat acquéreur a cédé près de 1%). Engie a grappillé 0,4%.

Après une pause vendredi, le cours de Lagardère est reparti en hausse de 8,2%, Vivendi s'étant déclaré prêt à assumer son obligation de dépôt d'offre publique s'il venait à franchir le seuil de 30% du capital en cas d'exercice du droit de préemption que lui a consenti son partenaire Amber Capital. Autrement dit, dans sa grande générosité le conglomérat de médias est disposé à respecter la réglementation applicable en cas de franchissement de seuil. Dans les dernières déclarations, Vivendi pointait à 26,7% du capital, Amber à 19,93%, et face à eux le groupe Arnault atteint 6,69%.

Au sein de l'indice phare, les valeurs boursières ont de nouveau rebondi avec des gains de 3,2% pour Société Générale, de 3,2% pour BNP Paribas et de 1,8% pour Crédit Agricole (sur le SBF, Natixis progresse de 6,9%), mais c'est Orange qui a signé la plus forte hausse des quarante valeurs phares avec +3,7%

Rachat stratégique pour Sartorius Stedim

À noter que les secteurs des transports, du tourisme (et même les foncières) ont globalement été recherchées, en dépit de la réinstauration de mesures restrictives. En témoignent les hausses d'Accor (+3,3%), d'Air France-KLM (+4,3%), d'URW (+4,35%) ou encore d'Airbus (+1,8%), malgré les déclarations du directeur des opérations Michael Schöllhorn au Handelsblatt dimanche, expliquant que les perspectives du secteur aérien se sont encore détériorées avec le rebond de l'épidémie.

Également à souligner, le renforcement de Sartorius Stedim Biotech dans la purification de molécules destinées à l'industrie pharmaceutique avec l'acquisition du slovène BIA Separations, qui permet au titre (+2%) du fournisseur médical de tutoyer de nouveau son dernier sommet historique touché fin août.

Le pétrole repart de l'avant

Enfin, les pétrolières et parapétrolières ont profité du rebond des références mondiales de brut, après une fin de semaine particulièrement compliquée sur fond de craintes sur la demande mondiale et d'une offre en hausse. Total reprend ainsi 2,3%, quand CGG a bondi de 8,9% et TechnipFMC de 5,3%.

Les cours pétroliers reprennent près de 6%, soutenus par le volontarisme du président américain ainsi que par un mouvement de grève en Norvège chez la société pétrolière Equinor (l'ex-Statoil), ce qui pourrait réduire la capacité de production du pays. En fin de journée, le baril de Brent s'échange à 41,58 dollars (+5,88%) tandis que le WTI bondit de 6,67% à 39,52 dollars.

Parallèlement, le billet vert reperd de son attrait en tant que "valeur refuge" au profit de l'euro qui remonte de 0,6% à 1,1787 dollar.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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