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CAC 40

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Cac 40 : Pénalisé par le luxe et la tech, le CAC reflue de 1,06% sur la semaine

vendredi 14 janvier 2022 à 18h00
Le CAC reflue de 1,06% sur la semaine

(BFM Bourse) - La séquence haussière du CAC 40 s'arrête à trois progressions hebdomadaires consécutives, l'indice vedette de la cote tricolore ayant subi cette semaine le vif reflux des valeurs du luxe et de la technologie en raison de l'inflation persistante. Les premiers résultats des grandes banques aux Etats-Unis n'ont pas spécialement rassuré les investisseurs non plus.

Déjà tendu par la perspective d'un resserrement monétaire, plombant notamment les valeurs de croissance aux ratios de valorisation les plus élevés, dans la matinée, le marché parisien a également subi l'ouverture dans le rouge de Wall Street ce vendredi après-midi après plusieurs indicateurs décevants aux États-Unis et des premiers résultats annuels en-deçà des attentes. Entamé jeudi (-0,50%), le mouvement baissier s'est ainsi accentué sous l'effet d'un nouveau recul du compartiment du luxe, le plus fortement pondéré au sein de l'indice parisien, ou encore des technologiques. Le CAC termine la semaine sur un recul de 0,81% à 7.143 points, dans un volume d'échanges moyen de 3,9 milliards d'euros malgré le regain d'aversion pour le risque des opérateurs.

Les deux secteurs mentionnés souffrent actuellement de la persistance d'une inflation élevée, celle-ci ayant encore atteint un record en décembre aux Etats-Unis à +7,0% sur un an, et donc de taux d'intérêts plus élevés. Schématiquement, si les investisseurs anticipent que l'inflation passe de 1 à 2% à 6 ou 7% durablement, ils tendent exiger une prime de risque plus élevée sur les titres dont la valorisation se fonde sur les bénéfices à plus long terme.

Pour prendre un exemple marquant, Hermès se paie plus de 60 fois le montant des bénéfices que le groupe devrait enregistrer cette année d'après le consensus des analystes, un multiple extrêmement élevé si l'on s'en réfère donc aux résultats immédiats, parce que les investisseurs pensent que le potentiel de bénéfices d'ici quelques années le justifie. Or plus l'inflation (et donc le rendement des placements à plus court terme) est haute, moins il est (comparativement) intéressant de miser sur la croissance future, ce qui fait baisser les prix des titres dits "growth".

Alors que la dernière intervention du patron de la Réserve fédérale, Jerome Powell, avait quelque peu rasséréné les marchés en milieu de semaine, le ton jugé moins accommodant de sa future vice-présidente Lael Brainard jeudi contribue à décourager l'appétit pour la croissance - d'une manière générale les phases d'accélération de l'inflation sont propices à la volatilité dans la mesure où les investisseurs peinent à appréhender l'ampleur de la hausse des prix et s'en réfèrent beaucoup aux interventions des banquiers centraux pour tenter de se repérer.

JP Morgan et Citigroup dans le rouge après leurs résultats annuels

En outre, si les premiers groupes tricolores à avoir réalisé un point d'activité annuel (OVHcloud, Rexel ou encore Sopra Steria) avaient rassuré les investisseurs quant au dynamisme de l'activité au 4e trimestre, les publications des grandes banques américaines -qui lancent traditionnellement les saisons de résultats- ont déçu Wall Street ce vendredi. Celle de JP Morgan est sanctionnée par un recul de 5,5% à 17h45, les bénéfices de la plus grande banque mondiale étant ressorties en-dessous des attentes du marché en raison d'une faiblesse dans sa branche dédiée au trading. Citigroup lâche aussi 2,4% après avoir publié une baisse de son bénéfice trimestriel lié à une hausse des dépenses et des performances décevantes de son activité de détail. Seuls les résultats de Wells Fargo, qui a multiplié par six son bénéfice net annuel, trouvent grâce (+3,2%) aux yeux des investisseurs ce vendredi. Conséquence, les principaux indices new-yorkais évoluent dans le rouge en fin de matinée, le DJIA cédant notamment 0,7%.

Hermès dans le rouge

Les incertitudes quant aux réelles intentions de la Fed concernant ses taux pèsent donc particulier sur le secteur du luxe (en repli de 2% supplémentaires ce vendredi, Hermès porte à plus de 15% son recul depuis le début de l'année, bon dernier du CAC 40) mais aussi pour les valeurs technologiques comme Eurofins (-2,7%), Dassault Systèmes (-1,4%), Teleperformance (-1,9%), etc. Kering, L'Oréal et LVMH reculent respectivement de 3%, 2,4% et 2,1%.

Inversement, les titres "value", valorisés de façon plus modeste, essentiellement sur leurs performances à court terme, s'en sortent mieux : un Carrefour (valorisé environ 12 fois ses bénéfices attendus pour 2021, cinq fois moins qu'Hermès) termine à l'équilibre, Orange (moins de 10 fois ses bénéfices annuels) gagne 0,6% et Sanofi 1,9%.

EDF en grande difficulté en Bourse

En dehors de cette rotation sectorielle qui constitue le marqueur de ce début 2022 en Bourse, l'évènement boursier du jour est la chute de 14,6% d'EDF à l'annonce par le gouvernement français de nouvelles mesures visant à limiter la hausse du prix de l'électricité et de la révision concomitante de la prévision de production du parc nucléaire de l'énergéticien.

Le démarrage graduel de la saison des publications commence à animer le marché, avec un chiffre d'affaires en ré-accélération chez Thermador au quatrième trimestre 2021. En hausse de près de 2% en début de séance, l'action boucle toutefois la séance inchangée par rapport à la veille.

Esker, qui fait figure de valeur de croissance s'il en est (à plus de 100 fois le bénéfice attendu) décroche de10,5%, même si la firme lyonnaise a fait état d'un chiffre d'affaires record tant pour le quatrième trimestre que pour l'ensemble de l'exercice 2021.

Sur le marchés des changes, ou Forex, l'euro très en forme depuis le début de l'année, rend une partie de ses récents gains ce vendredi peu avant 18h (-0,41% à 1,1411 dollar).

Les tarifs pétroliers réaccélèrent avec 0,8% de gains sur le baril de Brent à 85,2 dollars, ce qui profite à TotalEnergies (+1,5%).

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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