Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

CAC 40

PXI - FR0003500008
6 766.51 +0.80 % Temps réel Euronext Paris

Cac 40 : Le spectre d'une pénurie d'énergie plombe la Bourse de Paris

mardi 28 septembre 2021 à 17h36

(BFM Bourse) - L'indice phare CAC 40 a décroché mardi de plus de 2%, face à un début de crise de l'énergie qui se manifeste en Chine mais également au Royaume-Uni, menaçant ainsi de pénaliser la croissance économique dans les marchés développés cet hiver.

Energy crunch : ce terme, désignant une pénurie d’énergie (accompagnée d’une envolée des prix du pétrole et du gaz) pourrait bien revenir fréquemment dans les jours à venir. Brutalement mis face au risque d’un ralentissement de l’économie mondiale faute, littéralement, de carburant, le CAC 40 vient de subir un coup de semonce, perdant 2,17% (soit l’une des cinq plus fortes baisses de l’année) mardi à 6.506,50 points.

Grâce à un rebond bien plus vigoureux que prévu des principales économies, avec pour corollaire un redressement spectaculaire des bénéfices des sociétés cotées, l’année 2021 a été exceptionnellement porteuse pour les marchés d’actions – jusqu’à cet été. Le CAC 40 n’a pas été le dernier à en profiter, remontant mi-août à plus de 6900 points pour la première fois depuis plus de vingt ans, mais échouant à un cheveu de son record absolu.

Force est de reconnaître que les choses se compliquent depuis : même si l’indice phare tricolore n’a pour l’instant jamais perdu plus de 10% (seuil à partir duquel on parle par convention de « correction ») par rapport à son dernier sommet, différents motifs d’inquiétude viennent tour à tour déstabiliser les investisseurs. Si la crainte d’une remontée des contaminations au coronavirus du fait du variant Delta s’est globalement éloignée, la perspective d’une Réserve fédérale moins accommodante et le durcissement réglementaire vis-à-vis de grandes entreprises chinoises ont commencé à venir troubler le jeu le mois dernier. Septembre a vu surgir une nouvelle menace sous la forme d’une possible faillite, en tous cas d’une restructuration quasi-certaine, du deuxième promoteur immobilier chinois, Evergrande. Et au cours des dernières heures, c’est un spectre assez inédit qui s’est dressé sur la route des marchés financiers, celui d’un "energy crunch", autrement dit une possible pénurie d’énergie d’ici à la fin de l’année.

Sans tendance à l'ouverture, la Bourse de Paris a basculé dans le rouge en milieu de matinée mardi, avant d'accentuer sensiblement ses pertes pour finir pas loin du plus bas de la séance, sur l'une de ses plus fortes baisses de l'année. Les marchés mondiaux se retrouvent en effet aux prises avec de nombreuses interrogations, notamment un regain de tension sur les taux obligataires, un potentiel effet de domino sur le marché immobilier chinois compte tenu de la situation extrêmement fragile d'Evergrande, et désormais une forte hausse du prix du baril et un début de crise de l'énergie en Chine.

"Les tensions continuent sur le marché des matières premières, les prix de l'énergie (pétrole et gaz notamment) étant sur une trajectoire haussière de long terme qui pourrait pénaliser la croissance économique dans les pays développés cet hiver" prévient Christopher Dembik, directeur stratégie et macroéconomie chez Saxo Bank. Cette crise de l'énergie qui couve en Asie du Sud arrive de surcroît "au plus moment, juste avant la saison des achats des fêtes de fin d'année, au milieu d'une demande exponentielle provenant notamment du redémarrage de l'économie américaine (et donc de la consommation)", regrette également John Plassard, de Mirabaud Securities.

La Chine inquiète

Du charbon plus rare et plus cher, des limitations environnementales concernant les émissions de CO2, la flambée des prix du gaz et des usines qui tournent à plein régime : la Chine fait actuellement face à des coupures de courant qui pourraient freiner sa croissance économique. À l'approche de la saison froide, la pénurie inquiète d'ailleurs les autorités, Pékin ayant appelé la semaine dernière à "stabiliser les prix des matières premières afin de garantir l'approvisionnement en électricité et en gaz naturel pendant l'hiver". Selon les données de Bloomberg, au moins 17 régions chinoises ont imposé des coupures d'électricité au cours des derniers mois.

"Goldman Sachs et Nomura ont dégradé cette nuit leurs perspectives annuelles pour la Chine, où des pénuries d'électricité ralentissent la production et pourraient déstabiliser encore plus les chaînes d'approvisionnement déjà en difficulté, indique de son côté Jeffrey Halley, analyste chez Oanda. Citigroup en a fait de même ce mardi matin, abaissant sa prévision de croissance du PIB de la 2e économie mondiale de 5,5% à 4,9% en 2021.

Le luxe et la technologie chutent lourdement

Le mouvement de vente a touché principalement les valeurs de croissance, à savoir la "tech" et le luxe, affectées par le vif rebond des rendements obligataires dans le sillage des annonces du prochain "tapering" de la Fed. Au sein du CAC 40 à 95% teinté de rouge, les plus fortes baisses étaient ainsi à mettre à l'actif de Capgemini (-5,7%), STMicroelectronics (-5%) ou Dassault Systèmes (-4,4%), tandis qu'Hermès, LVMH et Kering ont respectivement lâché 3,8%, 3% et 1,6%.

À l'autre côté du palmarès, seul TotalEnergies -qui tenait ce jour sa journée investisseurs- et Carrefour ont réussi à clôturer dans le vert. Le géant de l'énergie a sans surprise profité de la poursuite de la hausse des cours du brut pour s'adjuger 1,3% supplémentaires. Le distributeur, dont l'activité est considérée comme peu exposée à un retournement économique car centrée sur les produits alimentaires, a quant à lui bondi de 2,7%, profitant également d'une note du blog britannique Betaville (tenu par un ex-reporter) évoquant à nouveau un intérêt de Couche-Tard.

Sanofi a terminé sur un recul limité de -0,5% après avoir fait état de premier résultats positifs dans le cadre d'un essai initial sur un candidat vaccin contre le Covid-19. L'objectif est moins d'amener le SP0254 un jour sur le marché que de profiter de l'expérience ainsi acquise dans l'ARN messager pour lancer des programmes dans d'autres maladies, à commencer par la grippe.

Plusieurs dossiers d'entreprises de croissance quasi-structurelle ont également été vendus, à l'instar d'Eurofins qui poursuit son repli depuis qu'il a intégré l'indice phare (-2,95%), Sartorius (-3,5%) ou Somfy (-2,15%). Atos en revanche continue à être recherché depuis sa sortie du CAC (+2,4%, l'une des plus fortes hausses du SBF 120).

Sur le reste de la cote, le spécialiste des catamarans Catana a signé un gain de 7,9% après avoir annoncéun quadruplement de son carnet de commandes à un niveau historique, alors que le pro des sondages Ipsos a flanché de 9,6%, déstabilisé par la volte-face du groupe quant à sa future gouvernance.

Le Brent frôle les 80 dollars

Au chapitre énergétique, le baril de Brent a frôlé 80 dollars (79,85 dollars en matinée), aidé par les incertitudes du côté de l'offre aux Etats-Unis et dans plusieurs pays africains (Nigéria et Angola notamment). Le mouvement se modérait à peine en fin de journée à 78,08 dollars (-0,81%).

Enfin, sur le Forex, le billet vert profitait mécaniquement de la hausse du rendement des Treasuries et la monnaie unique cédait encore 0,13% à 1,1680 dollar. Le Bitcoin pâtissait de la remontée de la défiance vis-à-vis des actifs à risque, cédant 2,75% à 41.250 dollars, sans que l'or tire vraiment son épingle du jeu pour autant (1736,20 dollars l'once, en baisse de 0,9%).

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
Votre avis

Ils ont donné leur avis

28/09/2021 par FX25 1
Bah, c'est pas gagné dit. :[
TradingSat
Portefeuille Trading
+313.40 % vs +36.12 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat