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CAC 40

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Cac 40 : La Fed baisse ses taux pour rassurer les marchés... et sème la confusion

mardi 3 mars 2020 à 18h10
La Bourse de Paris termine en nette hausse mais dans le désordre

(BFM Bourse) - La Bourse de Paris a limité sa hausse (+1,12%) mardi, au terme d'une séance chaotique, marquée par l'annonce surprise de la Fed qui a baisé à l'improviste ses taux directeurs de 50 points de base afin d'atténuer l'impact économique du coronavirus.

Mais quelle mouche a piqué Jay Powell ? Le patron de la Fed a totalement pris de court les marchés en annonçant mardi une baisse de 0,5 point de pourcentage de son principal taux directeur afin de combattre les risques que fait peser la propagation du Covid-19 sur l'économie mondiale. Cette décision, intervenue en dehors du calendrier habituel des réunions monétaires, a été prise à l'unanimité. Il s'agit de la première baisse des taux annoncée à l'improviste depuis la crise financière de 2008. Le timing et l'ampleur de ce mouvement de la Fed sont mal accueillis par le marché, d'autant que les indices US avaient vivement rebondi la veille, le Dow ayant notamment repris plus de 5%.

Wall Street déboussolée

De fait, "rien n'inspire plus la confiance qu'une Fed qui panique" ironise Sven Henrich, le fondateur de NorthmanTrader.com. Sur les marchés, l'annonce a en tout cas fait l'effet d'une bombe puisque après un bref rallye d'une quinzaine de minutes des principaux indices boursiers européens et américains, ceux-ci ont immédiatement effacé leurs gains puis creusé leurs pertes, à l'image du Dow Jones qui cède 1,6% à 17h50 (-1,4% pour le S&P, -1,3 pour le Nasdaq), alors que ces indices évoluaient dans le vert avant l'annonce de Jerome Powell. L'adage boursier qui veut que les investisseurs achètent la rumeur puis vendent l'information se vérifie donc, pour une fois.

La Bourse de Paris limite son rebond

À Paris, le CAC 40 a encore connu une séance particulièrement mouvementée. Le baromètre parisien qui progressait de plus de 2% avant l'annonce de la Réserve fédérale a momentanément accéléré à +3,3%, avant d'effacer tout aussi vite une bonne partie de ces gains pour boucler la séance sur une hausse de 1,12% à 5.393,17 points, dans un volume d'échanges toujours très nourri de 7,5 milliards d'euros.

Toujours est-il que, pour de nombreux observateurs, l'institution monétaire américaine vient de se tirer une balle dans le pied puisque si la situation sanitaire venait à se dégrader, la Fed aurait plus de mal à soutenir l'économie puisqu'elle vient d'épuiser une bonne partie de ses munitions. A contrario, Donald Trump a fustigé la banque centrale dans un tweet, jugeant... qu'elle n'allait pas assez loin et exhortant son président à d'autres baisses.

Pour Vincent Lequertier, gérant chez WeSave, le message inquiétant à tirer de cette décision, c'est qu'il n'y a absolument "pas de coordination entre les banques centrales". Plus tôt dans la journée, la BCE avait en effet publié un bref communiqué où elle évoque notamment des mesures ciblées, suggérant des interventions sur le marché du crédit pour fournir de la liquidité et stabiliser les cours, mais n'actant encore rien. La Banque d'Angleterre avait auparavant communiqué sur le même registre.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays membres du G7 se sont entretenus par téléphone mardi pour coordonner leur action face à l'épidémie, mais cela n'a aboutit pour le moment qu'à un communiqué assez banal.

Quoi qu'il en soit, les opérateurs parisiens se sont ré-intéressés de nouveau à l'actualité des entreprises françaises.

Les valeurs bancaires encore sanctionnées

Le producteur d'électricité Albioma (ex-Séchilienne Sidec) a grimpé de 11,4% après avoir fait état d'une progression de son chiffre d'affaires et de son Ebitda l'an dernier.

Interparfums a bien résisté à l'annonce d'un probable repli de 10% de son chiffre d'affaires au premier trimestre, du fait de l'impact de l'épidémie de coronavirus sur la distribution de ses produits. L'action gagne 3,3% tandis que le groupe publié au titre de 2019 une hausse de 7,4% de son bénéfice net, ayant amélioré son taux de marge opérationnelle et vu son chiffre d'affaires annuel progresser à 484,3 millions d'euros.

Bien reçu également du côté d'Altarea (+0,6%), tandis que le groupe immobilier a vu son actif net réévalué (ANR) atteindre 178,7 euros par action à fin décembre 2019, en progression de 4,8% sur un an.

Au sein du CAC 40, le secteur bancaire s'est vivement retourné après l'annonce de Jay Powell qui a propulsé les rendements obligataires à un nouveau plancher. Société Générale (-3,2%), Crédit Agricole (-2,3%) et BNP Paribas (-1,5%) ont terminé en net repli, tout comme Renault (-2,3%). De l'autre côté du palmarès de l'indice phare, on retrouve notamment EssilorLuxottica (+4,9%), Airbus (+4,2%) ou encore Safran (3,1%).

Après avoir décroché fin 2019 un premier accord commercial (avec DSM) pour assurer les débouchés de son site de production de Carling/Saint-Avold, prochainement opérationnel, Metabolic Explorer a signé un nouvel accord pour le second des deux premiers composés agrosourcés qui seront produits en Moselle. L'action a gagné 8,1%, soit 40% de rebond en l'espace des trois derniers mois.

Enfin, le secteur biotechnologique a continué à bénéficier d'une vague de fusions-acquisitions avec notamment le rachat par Gilead de Forty Seven pour 5 milliards de dollars ou celui de Qiagen par Thermo Fisher pour 11,5 milliards de dollars. Abivax (+19,3%) et AB Science (+14,3%) notamment étaient bien orientés. Transgene a repris 13% après avoir annoncé qu'il présenterait lors de prochains congrès de nouvelle données sur un vaccin oncolytique de nouvelle génération, BT-001, dont le premier essai chez l'homme devrait intervenir avant la fin de l’année en Europe et aux USA.

Après avoir touché la veille un plus haut niveau depuis près de deux mois, porté par les anticipations de baisse vigoureuse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine, l'euro poursuivait sur sa lancée grâce aux annonces de la Fed et reprenait encore 0,23% à 1,1164 dollar vers 18h15.

Tandis que l'Opep se réunira cette semaine à Vienne pour essayer de mettre en place des mesures propres à enrayer la chute des cours de l'or noir, le baril de Brent remontait de 0,85% à 52,34 dollars. Le cours du pétrole texan WTI gagnait de son côté 1,48% à 47,44 dollars.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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