(BFM Bourse) - Animé par un mouvement de rotation sectorielle en faveur des cycliques, au dépens des valeurs de croissance, le CAC 40 a progressé lundi de 0,19%, limitant ses gains en fin de séance au regard de la prudence initiale de Wall Street.
Ayant tant bien que mal réussi à progresser de 1,04% au cours de la semaine écoulée, la Bourse de Paris a ouvert la semaine sur une note positive, en réduisant toutefois assez nettement ses gains au fil de la séance. L'indice phare tricolore a en effet terminé à 6.650,91 points, soit seulement 0,19% plus haut que vendredi soir, alors qu'en matinée sa hausse atteignait jusqu'à +0,75%.
Au moment de la clôture européenne, le S&P 500 américain reculait d'environ 0,2% et le Nasdaq Composite de 0,7%, tandis que le DJIA parvenait à progresser modestement, grâce à ses représentants de la chimie (+5% pour Dow Chemicals) et du pétrole (+2,6% pour Chevron).
Tandis que le baril de Brent approche les 80 dollars (niveau inédit depuis octobre 2018), à 78,76 dollars en fin de journée (+1,98%), sur fond de difficultés d'approvisionnement, les titres liés à l'énergie ont continué à bénéficier d'un regain marqué d'intérêt de la part des investisseurs. À commencer par TotalEnergies, qui a encore pris plus de 3,4%, portant à plus de 18% son rebond depuis le creux de juillet dernier. L'ensemble du secteur parapétrolier a suivi avec également 4,9% sur Vallourec, 2,3% pour Technip Energies et 2,7% pour Maurel & Prom, notamment.
Les bancaires de leur côté réagissaient aussi au renchérissement d'une variable clé: l'appréciation des taux d'intérêt (qui conditionne la marge qu'elles réalisent sur les prêts). Crédit Agricole a gagné 3,5%, Société Générale 3,2% et BNP 3,1%.
Tourisme, hôtellerie et loisirs à la relance
Le regain d'appétit pour les valeurs du tourisme, des transports et de l'hôtellerie a constitué un troisième marqueur sectoriel fort, dans la foulée des annonces récentes facilitant les échanges Europe/Etats-Unis notamment : Air France-KLM (+5,6%, malgré la hausse du pétrole d'ailleurs), Accor (+5,2%) en ont profité, ainsi indirectement que l'aéronautique dont Safran, en hausse de 3,3%. Le motoriste a par ailleurs conclu un partenariat avec TotalEnergies en vue de développer ensemble des solutions répondant aux enjeux de la décarbonation du secteur aérien.
Toujours sur le thème de la réouverture, l'exploitant de centres commerciaux URW est remonté de 6,7%, et le groupe de BTP Vinci, également exploitant de concessions aéroportuaires et autoroutières, a grimpé de 3,7%.
L'absence de signaux d'une reprise pandémique à l'approche de l'automne dans plusieurs marchés clés, et la perspective de la fin des tests gratuits, a inversement pesé sur les valeurs ayant vu leur activité précédemment dopée par les tests (ou la fabrication de vaccins dans le cas de Sartorius): Eurofins a encore flanché de 4,95%, entamant mal décidément son bail au sein du CAC 40 (après une première semaine depuis son accession en repli d'environ 4%), Sartorius Stedim Biotech a perdu 5,9% et bioMérieux 6,2%.
Sur fond de crise des semi-conducteurs, Plastic Omnium a dû à son tour revoir en baisse ses prévisions de résultats pour l'année, entraînant un repli de 3,5%.
Parmi les autres actifs, l'euro reculait de 0,17% à 1,1701 dollar, non loin de son plancher annuel, alors que la réduction du soutien exceptionnel de la Fed semble plus proche que sur celui de la BCE. Le taux du dix ans américain restait ferme à 1,482%.