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CAC 40

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Cac 40 : La Bourse de Paris freine des quatre fers avant un week-end prolongé

jeudi 30 avril 2020 à 18h38

(BFM Bourse) - Pendant trois séances d'affilée, le CAC 40 avait ignoré la multiplication des signaux révélant l'ampleur des dégâts de la crise du coronavirus sur l'économie. Les marchés s'accrochaient à la conviction que les banques centrales agiront sans limite pour relancer le crédit puis à l'espoir de voir bientôt autorisé un premier traitement du Covid-19. Mais le CAC 40 a fait marche arrière jeudi à la veille du 1er mai. La performance hebdomadaire reste tout de même impressionnante à plus de 4%.

Les indicateurs macroéconomiques alarmants ont été largement éclipsés cette semaine par l'annonce de résultats encourageants sur le front de la pandémie ainsi que par le soutien sans faille des banques centrales. Toutefois, après trois séances consécutives dans le vert, le CAC 40 a rétrocédé jeudi 2,12% à 4572,18 points, n'ayant cessé de creuser ses pertes au cours de la séance. 4,2 milliard d'euros ont été échangés, témoignant de prises de bénéfices appuyées. Sur l'ensemble de la semaine, écourtée puisque la Bourse ferme ses portes le vendredi 1er mai, l'indice conserve cependant 4,07% de gains.

L'économie tricolore a connu au premier trimestre une contraction inédite depuis l'après-guerre. Le PIB a plongé de 5,8% par rapport au trimestre précédent, ce qui correspond au repli le plus important dans l’historique des évaluations trimestrielles, débutées en 1949, selon les données de l'Insee. Ce chiffre ressort ainsi nettement au-dessus de la contraction de 5,3% enregistrée au deuxième trimestre 1968, quand les grandes grèves avaient paralysé le pays. Elle intervient en outre alors que l’Allemagne s’attend "à vivre la pire récession" de l’histoire de la république fédérale (créée en 1990) et que l’Espagne voit son PIB s’effondrer de 5,2% au premier trimestre. Les Etats-Unis, eux, ont annoncé un recul de 4,8% en rythme annualisé sur les trois premiers mois de l'année, mettant ainsi un terme à dix années de croissance.

Résultats encourageants pour Gilead

Ce flot de mauvaises nouvelles est cependant atténué par l'annonce de résultats encourageants sur le traitement du laboratoire Gilead contre le Covid-19. Cet antiviral expérimental remdesivir aurait permis, dans la plus importante étude menée à ce jour, d'accélérer le rétablissements de patients atteints du Covid-19. Mais l'étude n'a pas encore été publiée dans son intégralité.

La détermination affichée par la Réserve fédérale américaine a aussi alimenté également l'optimisme des investisseurs. L'institution monétaire a en effet promis, mercredi, à l'issue d'une réunion de deux jours, de faire "tout ce qu'elle pourrait pour sauver l'économie américaine", appelée à plonger dans les mois à venir. Jeudi, c'est la BCE qui, sans toucher aux grandes lignes de sa politique, a fait un geste supplémentaire en annonçant qu'elle allait rémunérer encore plus qu'avant les banques qui lui empruntent des liquidités à long terme afin de favoriser le crédit (la BCE prête à ces établissements à un taux négatif de -1%, c'est-à-dire qu'elles lui remboursent moins qu'elle ne lui ont emprunté).

Après l'envolée des trois premiers jours de la semaine, les opérateurs ont tout de même jugé qu'il était l'heure de prendre des bénéfices, aussi bien en Europe qu'à Wall Street où le Dow Jones cédait 1,5%, le S&P 500 1,3% et le Nasdaq 0,7% peu après la clôture parisienne. Les derniers indicateurs macro-économiques américains, comme des inscriptions hebdomadaires au chômage plus élevées que prévu (3,839 millions, soit près de 30 millions d'emplois supprimés en six semaines...), une baisse de 7,5% de la consommation des ménages en mars et un repli de 2% de leurs revenus, également plus importants qu'attendus, les y ont d'autant plus incité. Dans ce contexte, alors même que l'épidémie a fait plus de 60.000 morts pour un millions de personnes infectées par le virus, le déconfinement est plus que jamais à l'ordre du jour outre-Atlantique, non sans risque évidemment.

Airbus rebondit, Valneva flambe

Côté valeurs, les publications continuaient à se suivre en ordre serré vendredi, mais le regain d'aversion au risque a fortement limité le nombre de valeurs en hausse en fin de séance. Seules quatre composant de l'échantillon vedette ont terminé dans le vert, avec un biais fortement défensif : L'Oréal (+35), Essilor et Danone (+1,1%), suivis par Pernod Ricard (+0,8%).

Du côté des biotechnologies, Valneva a gagné 31,6% à l'annonce d'un accord majeur avec Pfizer. Le géant américain a acquis les droits de développement et commercialisation du vaccin expérimental contre la maladie de Lyme mis au point par la firme nantaise, contre un paiement initial de 130 millions d'euros, pouvant grimper jusqu'à 308 millions d'euros. Toujours dans les sciences de la vie, OSE Immuno a pris 10,6% et Genkyotex 9,6%.

À l'autre extrémité, Société Générale a perdu 8,6%. La banque rouge et noir a perdu 326 millions d'euros au premier trimestre, plombée par sa banque de financement et d'investissement, ainsi que des provisions de plus de 550 millions d'euros pour faire face au coronavirus et à "deux dossiers exceptionnels de fraudes". Dans son sillage, Crédit Agricole (-6%) et BNP Paribas (-6,6%), quelques jours avant leur publication (respectivement mercredi et mardi prochain) ont aussi souffert.

Après avoir pris un temps la tête du palmarès, Airbus s'est retourné et finalement lâché 0,8%.

Le pétrole poursuit sa "remontée"

Les cours des références mondiales de brut poursuivaient leur rebond -mais restent à des niveaux historiquement bas- au lendemain de statistiques montrant une augmentation des stocks américains moins inquiétante que prévu et grâce à des signes d'une baisse de production bienvenue. Plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, la Norvège a annoncé mercredi une réduction de sa production de pétrole jusqu'à la fin de l'année. Comme les marchés actions, c'est néanmoins l'annonce de Gilead qui constitue le principal catalyseur du marché pétrolier. Stephen Innes, d'Axicorp, a relevé une "nouvelle incroyablement positive pour le marché pétrolier mondial puisqu'elle laisse entrevoir une reprise plus rapide de la demande mondiale". Le baril de WTI reprenait 17,26% à 17,66 dollars quand celui de Brent du Nord gagnait 6,60% à 25,83 dollars.

Enfin, sur le marché des changes, l'euro remontait nettement à 1,0926 dollar (+0,49%).

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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