Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

EURONEXT

ENX - NL0006294274 SRD PEA PEA-PME
149.700 € -1.32 % Temps réel Euronext Paris

Euronext : Dans l'ombre de Wall Street et des chiffres affolants de SpaceX, les introductions en Bourse en Europe ont carburé sur la première partie d'année avec la défense... Mais guère en France où elles demeurent faméliques

Aujourd'hui à 12:00
Quel bilan retirer des introductions en Bourse en Europe

(BFM Bourse) - Le marché européen des introductions en Bourse a principalement été animé au premier semestre par les arrivées des sociétés du secteur de la défense. En France, le bilan reste très faible avec seulement deux entreprises qui ont osé franchir le pas.

L'entrée en Bourse hors norme de SpaceX a été incontestablement l'événement marquant sur les marchés financiers au premier semestre 2026. le géant américain de l'aérospatiale et de l'intelligence artificielle a levé la somme record de 86 milliards de dollars grâce à son introduction en Bourse, le mois dernier.

Cette opération intervient après des années de vaches maigres en matière d’introductions en Bourse, déclenchant de nouveau un appétit des investisseurs pour ces opérations, remarque EY dans son bilan "Q2 IPO Trends".

"Le premier semestre 2026 constituerait déjà la deuxième année complète la plus active jamais enregistrée en termes de recettes générées par les introductions en Bourse aux États-Unis", souligne Rachel Gerring, spécialiste des introductions en Bourse pour EY pour la région Amériques.

HSBC s'attend à ce que les entreprises américaines, dont SpaceX, OpenAI et Anthropic, lèvent un total de près de 300 milliards de dollars cette année, le montant le plus élevé depuis 2021 (plus de 300 milliards) lors d'introductions en Bourse, dont 200 milliards de dollars pour les trois groupes précités.

Des montants levés en hausse de 76% en Europe

Si le marché américain occupe largement le devant de la scène, la situation est encourageante Europe. "Alors que l’attention mondiale s’est naturellement concentrée sur le Nasdaq, qui a accueilli la plus grande introduction en Bourse de l’histoire, l’Europe a fait preuve d’une résilience encourageante, soutenue par un nombre croissant d’entreprises cherchant à accéder aux marchés financiers", avance le cabinet PwC. 

"Londres est restée une place boursière attractive pour les entreprises internationales, comme en témoigne la première cotation d’une société ouzbèke, qui est devenue la deuxième plus importante introduction en Bourse de l’année en Europe", déclare Vhernie Manickavasagar, associée et spécialiste des marchés britanniques pour PwC.

La spécialiste fait référence à l'arrivée à la Bourse de Londres du fonds d'investissement ouzbèke UzNIF, qui a levé 517 millions d'euros en mai dernier.

Les montants levés ont ainsi augmenté de 76 % par rapport à la même période de l’année précédente pour atteindre 7,2 milliards d’euros, selon le dernier rapport de PwC.

"Plusieurs secteurs continuent néanmoins d’attirer l’attention : défense, infrastructures critiques, industrie et activités liées à l’intelligence artificielle", remarque pour sa part Cédric Garcia, Partner, Conseil comptable et financier et IPO Leader France chez EY.

CSG Group, une opération record dans le secteur de la défense

L'appétit pour ces secteurs a été à l'origine d'opérations d'envergure sur la première partie de l'année 2026 sur le Vieux Continent. Notamment dans le secteur de la défense, malgré des tensions géopolitiques accrues et la convergence de plusieurs facteurs macroéconomiques défavorables, remarque EY. Il faut dire que depuis 2025, plusieurs dirigeants européens ont effectué des déclarations prônant davantage de dépenses de défense sur le Vieux Continent.

Sous la pression des États-Unis, qui sont désormais bien moins enclins à assurer la sécurité du Vieux Contient, l'Europe a décidé de se réarmer. L'Allemagne a par exemple annoncé des centaines de milliards d'euros d'investissement dans la défense. En juin 2025, les pays membres de l'Otan se sont engagés à investir 5% par an de leur PIB dans la défense.

Les groupes allemands Vincorion et Gabler Group, l'un spécialisé dans les systèmes d'alimentation critiques et l'autre dans développement de technologies sous-marines critiques ont exploité cette fenêtre de tir favorable pour les entreprises de défense, levant respectivement 405 millions d'euros et 116 millions d'euros à Francfort. Ces opérations figurent parmi les plus importantes en Europe au premier semestre, note PwC.

Le record reste détenu par Czechoslovak Group, auteur d'une entrée en Bourse qui marqué les esprits en janvier dernier. Ce groupe de défense basé à Prague et spécialisé dans les munitions lourdes et les véhicules de combat avait réalisé sur le premier mois de l'année la plus grande introduction en Bourse de l'histoire pour un groupe de défense, en levant 3,8 milliards d'euros sur la place d'Amsterdam. Il s'agissait également de la plus importante introduction en Bourse au monde au premier trimestre 2026.

Les investisseurs s'étaient rués sur le titre, illustrant le fort appétit du marché pour les groupes de défense européens et leurs perspectives florissantes, portées par le réarmement à la vitesse grand V des pays des Vieux continent. L'action avait décollé de 31,4%.

Le groupe tchèque a donc attiré l'attention des investisseurs. Au point que seulement trois mois après son entrée à la Bourse d'Amsterdam, CSG faisait déjà l'objet d'une attaque d'un vendeur à découvert. remettant en cause le modèle d'activité de la société tchèque.

L'action cède près de 60%* depuis le début de l'année, en raison de la désaffection pour la défense, qui était pourtant le secteur phare l'an passé. Un désintérêt qui a d'ailleurs sonné le glas de l'arrivée sur les marchés financiers du groupe de défense KNDS. Début juillet, le fabricant du canon Caesar a annoncé qu'il reportait sine die son introduction en Bourse.

Au deuxième trimestre, les introductions en Bourse venaient de secteurs plus diversifiés, couvrant la technologie, la consommation, l'immobilier et la finance. Une variété qui reflète selon PwC l'intérêt croissant des investisseurs pour d'autres secteurs et la réouverture des fenêtres d'introduction en Bourse après la volatilité observée au premier trimestre.

"Pour autant, reprise ne rime pas avec euphorie. Les investisseurs demeurent hyper-sélectifs, les fenêtres de tir sont parfois très étroites et les tensions géopolitiques continuent d’influencer le calendrier des opérations. Dans ce nouvel environnement, seules les entreprises les mieux préparées sont à même de réussir leur entrée en Bourse", avance Cédric Garcia.

Un marché français à la peine

À Paris en revanche, c'est encore le calme plat. Ces dernières années, la Bourse de Paris a perdu un nombre important de ses pensionnaires, quand, en parallèle, les prétendants à un renouvellement de la cote se raréfient au fil du temps.

Le millésime 2025 n'a pas fait pas exception. L'an passé, personne ou presque n’a tapé à la porte de la Bourse de Paris (hors Euronext Access, le compartiment le moins réglementé de la Bourse de Paris). Seules deux entreprises ont eu l’audace de se jeter dans le grand bain boursier, et uniquement sur Euronext Growth, le compartiment phare des petites et moyennes capitalisations.

Après une année 2025 historiquement faible, les espoirs étaient donc permis pour une reprise des introductions en Bourse cette année. Le bilan des introductions en Bourse de la première partie de l'année 2026 n'est pas flatteur tant sur les montants levés que sur le nombre d'opérations.

Seules deux entreprises ont osé se lancer en Bourse sur Euronext Growth, pour un montant levé proche de 50 millions d'euros en cumulé.

Le promoteur de chalets de luxe Rising Stone a débloqué en février le compteur des introductions en Bourse de l'année 2026. L'action cède près de 11% par rapport à son cours d'introduction fixé à 55,90 euros par action.

Le promoteur de chalets de luxe a été suivi un mois plus tard de Ieva Group, un spécialiste de la beauté et du bien être sur mesure.

Le "Netflix de la Beauté" a connu une séance inaugurale très difficile, s'effondrant de 20% dès les premiers échanges avant de limiter son repli à 9,3% pour son premier jour de cotation, le 31 mars. L'action Ieva Group concède encore 26% de sa valeur par rapport au prix de 12,79 euros par action fixé pour son entrée en Bourse.

Le bilan est donc maigre pour cette première partie de l'année 2026. Le Slip Français a débarqué en Bourse le 14 juillet, jour de fête nationale à la Bourse de Paris, débloquant le compteur des opérations pour la seconde partie de l'année.

Les premiers pas du spécialiste du Made in France ont été relativement encourageants dans la mesure où ils ont été effectués dans un contexte de marché défavorable.

Pour l'heure, seules trois sociétés ont donc émergé en Bourse sur l'année 2026. Pourtant, Euronext a déployé un arsenal pour inciter les entreprises à venir sur les marchés financiers. L'opérateur boursier a mis en place "IPO Ready", un dispositif visant à faire émerger en Bourse de nouvelles pépites. Lancé en 2015, ce programme de formation préparatoire à l'introduction en Bourse (IPO) vise à démystifier cette étape importante dans la vie d'une société.

Ce camp d'entrainement spécial jeunes pousses a permis l'éclosion en Bourse du spécialiste de la chimie verte Afyren fondée en 2012 en septembre 2021 ou du spécialiste du marketing affinitaire Obiz en mai 2021. Mais ce n'est pas assez pour compenser les nombreuses sorties de cote, volontaires ou liées à une procédure collective.

Pour tenter d'arrêter l'hémorragie, l'opérateur boursier paneuropéen a lancé fin juin, "IPOGo", un nouveau dispositif d’introduction en Bourse pour simplifier la cotation des PME sur Euronext Growth.

IPOGo est basé sur le nouveau cadre européen (EU Listing Act), qui a introduit plus de flexibilité pour les PME souhaitant aller en Bourse. Le document d'Information requis pour cette opération a été significativement allégé (réduit d’environ 50%), et Euronext promet des coûts réduits grâce à une optimisation du process d’introduction.

Ce nouveau dispositif s'adresse aux PME rentables, disposant d'une visibilité financière suffisante, une année de comptes audités et souhaitant lever entre 2,5 et 12 millions d'euros.

Il faut dire que les investisseurs sont plus regardants sur la qualité des sociétés qui se présentent à eux. "Désormais, les investisseurs vont rechercher plutôt des sociétés rentables à l'image de Semco Technologies, Stif ou encore Odyssée Technologies. Contrairement à la phase qu'on avait pu connaître juste après le Covid, ces entreprises ont toute une maturité en termes de résultats. Ça n'a pas été forcément le cas sur cette vague où on a vu beaucoup de sociétés (dans le domaine) des énergies nouvelles qui venaient avec des plans de croissance importants, mais pas encore de rentabilité", avait indiqué à BFM Bourse en janvier, Vincent Le Sann, directeur général adjoint de Portzamparc.

Pour les petites et moyennes entreprises notamment les plus rentables, Vincent Le Sann expliquait qu'elles ont renforcé leurs fonds propres, ou elles se sont vendues ces dernières années en dehors de la Bourse en raison de conditions de financement plus attractives. "Avec la remontée des taux long et celle du prix des entreprises en Bourse, la donne est en train de changer. Mais pour faire venir ces entreprises en Bourse, ça prend du temps", avait-t-il ajouté.

Pour Vincent Le Sann, la Bourse est aussi un formidable outil de développement et de transmission pour les sociétés familiales. "La Bourse permet de prolonger, de développer l'entreprise sans la vendre puisque c'est souvent une des alternatives. On sait qu'il y a un gros enjeu dans les années qui viennent de transmission, de génération, donc la Bourse est une des réponses", avait-t-il confié à BFM Bourse.

*Variations arrêtées à la clôture du vendredi 17 juillet

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur EURONEXT en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse


Par email

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+318.20 % vs +67.75 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour