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C'était la plus grande introduction en Bourse de l'histoire dans la défense, le groupe tchèque de la défense CSG perd 13% sur une séance, attaqué par un vendeur à découvert qui l'accuse de tromper les investisseurs

Aujourd'hui à 11:44
CSG s'était introduit en Bourse en janvier

(BFM Bourse) - Le vendeur à découvert Hunterbrook a produit un rapport au vitriol remettant en cause le modèle d'activité de la société tchèque qui était arrivée en janvier dernier sur la cote à Amsterdam. L'entreprise conteste vigoureusement ces allégations.

Czechoslovak Group a marqué les esprits en janvier dernier. Le groupe tchèque avait réalisé sur le premier mois de l'année la plus grande introduction en Bourse de l'histoire pour un groupe de défense, en levant 3,8 milliards d'euros sur la place d'Amsterdam. Il s'agissait également de la plus importante introduction en Bourse au monde au premier trimestre 2026.

Les investisseurs s'étaient rués sur le titre, illustrant le fort appétit du marché pour les groupes de défense européens et leurs perspectives florissantes, portées par le réarmement à la vitesse grand V des pays des Vieux continent. L'action avait décollé de 31,4%.

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Fondée en 1995, Czechoslovak Group (CSG) fabrique des véhicules tout-terrain lourds, des radars, des systèmes de contrôle du trafic aérien, des munitions de tous calibres et même des montres-bracelets de luxe.

En 2025, ses revenus ont bondi de plus de 30% en données comparables, à 6,7 milliards d'euros tandis que son carnet de commandes a atteint 15 milliards d'euros. À moyen terme, l'entreprise entend dégager une croissance annuelle en données comparables de son chiffre d'affaires située autour de 15%.

L'action tangue

Le groupe tchèque a donc attiré l'attention des investisseurs. Au point que seulement trois mois après son entrée à la Bourse d'Amsterdam, CSG fait déjà l'objet d'une attaque d'un vendeur à découvert.

Pour rappel, ces investisseurs parient sur une baisse de l'action d'une société cotée en empruntant le titre de cette entreprise. L'investisseur génère alors un bénéfice si le cours de l'entreprise en question chute et qu'il doit racheter l'action à un prix plus bas lorsqu'il rend le titre à son propriétaire.

Pour appuyer leurs positions, ces investisseurs produisent parfois des rapports de recherche à charge contre l'entreprise. Dernièrement, le vendeur à découvert Grizzly Research avait publié mi-mars une enquête contenant des accusations très lourdes contre le groupe hôtelier Accor.

Pour revenir à CSG, l'action a souffert lundi, perdant 26% au plus bas de la séance avant de terminer en recul de 13,1%, après la publication d'un rapport au vitriol d'Hunterbrook Capital. Ce mardi 5 mai le titre reprend à peine 5% à la Bourse d'Amsterdam.

Hunterbrook a adressé plusieurs accusations à l'encontre du groupe tchèque, affirmant avoir mené une investigation longue de plusieurs mois.

Par exemple, Hunterbrook Capital écrit que dans son prospectus d'introduction en Bourse, CSG se présente comme un rival de Rheinmetall dans la fourniture de munition. Mais la société d'investissement juge que l'entreprise induit en erreur les actionnaires car "la grande majorité de ses revenus liés aux munitions ne provient pas de la fabrication d'obus, mais de leur revente".

Le vendeur à découvert estime que les revenus générés à proprement parler par la production de munitions s'élèveraient à 524 millions d'euros en 2024, soit une fraction (21%) du chiffre d'affaires publié par CSG dans son segment "munition de moyens et grands calibres".

Manque d'informations sur les minoritaires

Hunterbrook reproche également à la société de ne pas avoir, au moment de son introduction en Bourse, tenu le marché informé d'une option de vente d'un actionnaire minoritaire dans l'une de ses entités, CSG Land Systems. Peter Kratochvíl, détient 10% de cette filiale et aurait cherché à exercer en janvier son droit de vente, demandant 1,4 milliard d'euros alors que CSG lui proposait à peine un dixième de ce montant. La société tchèque a toutefois assuré à Hunterbrook que l'investisseur minoritaire n'avait finalement pas exercé son droit.

"Peu importe quelle estimation est la plus précise, ce différend revêt une grande importance", écrit la société d'investissement, d'autant que Kratochvíl affirme disposer d'importants droits de veto sur cette filiale.

"Le fait que le prospectus ne mentionne pas les détails de l'exercice de l'option de vente par Kratochvíl ne semble pas être une anomalie. Au fur et à mesure que Hunterbrook approfondissait ses recherches, d'autres omissions sont apparues, révélant une tendance : une série de transactions entre parties liées qui semblent transférer des fonds vers l'entourage des initiés de la société — et parfois vers leurs partenaires politiques — ainsi qu'un réseau d'entités affiliées et de sociétés écrans qui semblent jouer un rôle douteux dans les pratiques d'acquisition de CSG", assure également le vendeur à découvert.

Le rapport d'Hunterbrook se fait par ailleurs le relais d'informations de presse déjà parues. Ces informations rapportaient que la production de sa filiale espagnole FMG, basée à Grenade, avait vu sa production être suspendue depuis l'été 2025, par l'agence des achats de l'Otan.

CSG a réagi dans un communiqué, contestant "fermement les conclusions et les affirmations présentées". "L'article contient des inexactitudes, des interprétations sélectives et des descriptions erronées", a assuré la société tchèque.

"En particulier, CSG rejette catégoriquement toute suggestion selon laquelle son prospectus ou ses communications ultérieures auraient été incomplets ou trompeurs", poursuit l'entreprise.

"CSG réaffirme également la solidité et la résilience de son modèle économique", a encore ajouté le groupe de défense. La société déclare par ailleurs se réserver le droit d'ester en justice.

Malgré ce démenti, les allégations d'Hunterbrook "pourrait néanmoins peser sur la performance de l'action CSG pendant un certain temps, jusqu'à ce que la direction ait entièrement clarifié la situation", a jugé Deutsche Bank dans une note publiée lundi.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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