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Plus grosse introduction en Bourse d'une entreprise de défense de tous les temps, le spécialiste tchèque des véhicules de combat CSG bondit de 26% à Amsterdam

Aujourd'hui à 11:50
Czechoslovak Group inaugure les introductions d'envergure en Europe

(BFM Bourse) - Le fabricant de véhicules blindés et de munitions Czechoslovak Group progresse nettement à la Bourse d'Amsterdam pour son premier jour de cotation. Cette opération est historique, puisqu'elle constitue la plus importante introduction en Bourse dans le secteur de la défense.

C'est fait pour l'une des introductions en Bourse des plus attendues de l'année 2026 en Europe. Le fabricant de véhicules blindés et de munitions tchèque Czechoslovak Group a effectué ses premiers pas à Amsterdam, ce vendredi 23 janvier. Son titre progresse de 26,3% à 31,5825 euros, par rapport au prix de 25 euros retenu pour cette opération.

Plus connu sous son acronyme "CSG", ce groupe de défense basé à Prague et spécialisé dans les munitions lourdes et les véhicules de combat a levé 3,8 milliards d'euros, ce faisant la plus importante entrée en Bourse jamais réalisée dans le secteur de la défense, "tant en termes de montant levé que de capitalisation boursière", se félicite l'opérateur boursier Euronext dans un communiqué.

L'opération valorise le deuxième producteur de munitions de moyen et gros calibre en Europe 25 milliards d'euros. CSG est aussi le premier producteur mondial de munitions de petit calibre en termes de chiffre d'affaires.

Début janvier, Reuters rapportait que CSG était bien engagé pour se lancer en Bourse ce mois-ci, et dans le cadre d'une opération qui pourrait rapporter plus de 3 milliards d'euros, ajoutait l'agence. Son propriétaire et président Michal Strnad, avait aussi aussi indiqué à Reuters envisager de mettre en Bourse 15% de son capital dans le cadre de cette opération.

Une étape "historique "

Cette entrée à la Bourse d'Amsterdam "marque une étape historique pour CSG", se félicite son propriétaire Michal Strnad, ce vendredi.

"Notre introduction en Bourse [...] renforce notre capacité à investir dans l'innovation, à étendre notre présence mondiale et à remplir notre mission qui consiste à être un fournisseur essentiel à long terme de solutions industrielles et de défense avancées pour les États membres de l'OTAN et les gouvernements partenaires du monde entier", ajoute son dirigeant.

Fondée en 1995, CSG est devenue l'une des entreprises les plus puissantes en Europe dans le domaine de la défense. Le groupe fabrique des véhicules tout-terrain lourds, des radars, des systèmes de contrôle du trafic aérien, des munitions de tous calibres et même des montres-bracelets de luxe. L'an dernier, cette société a racheté le fabricant américain de munitions Kinetic Group pour plus de 2 milliards de dollars.

Toujours en 2024, CSG a vu son chiffre d'affaires plus que doubler sur un an, atteignant 4 milliards d'euros, contre 1,7 milliard d'euros en 2023. Sur une base pro-forma, les ventes à l'OTAN et l'Ukraine ont représenté 94,1% des revenus 2024 de la société tchèque, selon son rapport annuel 2024.

Dans ce document, l'entreprise rappelle avoir fourni l'an dernier, un million d'unités de munitions d'artillerie à l'Ukraine, dont une partie dans le cadre de "l'Initiative tchèque pour les munitions" un projet du gouvernement tchèque visant à soutenir l'approvisionnement en munitions de l'Ukraine

KDNS proche d'une double cotation

CSG n'est pas la seule entreprise à céder aux sirènes de la Bourse. Le fournisseur de systèmes de défense terrestre KNDS a annoncé le mois dernier viser une entrée en Bourse en 2026 via une double cotation à Francfort et à Paris, sous réserve des conditions de marché.

Une place boursière où sont déjà cotés Rheinmetall, qui fabrique des chars, des munitions et d'autres équipements militaires ou Hensoldt, qui fournit des solutions d'optronique, des capteurs et de l'électronique et dont les titres sont en très forte hausse sur un an.

Cité dans un communiqué, Tom Enders, président du conseil d'administration de KNDS, avait alors jugé que le "moment (était) venu" et que "l'entreprise (était) prête" pour une cotation en Bourse. Le secteur européen de la défense en Bourse est donc appelé à se renforcer avec un potentiel nouveau pensionnaire dans ses rangs.

Il faut dire que depuis un an, plusieurs dirigeants européens ont effectué des déclarations prônant davantage de dépenses de défense sur le Vieux Continent. Sous la pression des États-Unis, qui sont désormais bien moins enclins à assurer la sécurité du Vieux Contient, l'Europe a décidé de se réarmer. L'Allemagne a par exemple annoncé des centaines de milliards d'euros d'investissement dans la défense.

L'introduction de TKMS, le 20 octobre dernier, a montré une appétence du marché pour les entreprises de la défense. L'action de la branche navale militaire de Thyssenkrupp s'était envolée en effet de près de 80% lors de sa première séance à la Bourse de Francfort.

Le groupe avait annoncé à l'été 2025, la scission de cette branche appelée à jouer un rôle accru dans le réarmement européen, face aux ambitions de la Russie et au repli américain.

L'année 2026 a commencé par une démonstration de force américaine au Venezuela tandis que les marché redoutent annexion du Groenland par les États-Unis. Donald Trump a toutefois écarté une opération militaire au Groenland, mercredi.

"En conséquence, le secteur de la défense a très largement surperformé les grands indices boursiers depuis le début de l’année, qu’il s’agisse des marchés américains, asiatiques ou européens. Les tensions entre grandes puissances font que les budgets militaires devraient continuer à augmenter sur les prochaines années, rappelle Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques, ce vendredi 23 janvier.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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