(BFM Bourse) - Le fabricant de véhicules blindés et de munitions Czechoslovak Group serait sur le point de lancer son introduction en Bourse très prochainement, au cours de laquelle il prévoit de coter 15% de son capital à Amsterdam, selon Reuters.
L'introduction en Bourse du fabricant de véhicules blindés et de munitions tchèque Czechoslovak Group n'a jamais semblé aussi proche.
Plus connu sous son acronyme "CSG", ce groupe de défense basé à Prague et spécialisé dans les munitions lourdes et les véhicules de combat devrait donner le coup d'envoi de son entrée en Bourse dès "la semaine prochaine" rapporte Reuters , citant deux sources proches du dossier.
CSG est donc dans les starting-blocks pour entrer à la Bourse d'Amsterdam, dans le cadre d'une opération qui pourrait rapporter plus de 3 milliards d'euros, ajoute Reuters. Son propriétaire et président Michal Strnad, a aussi indiqué à Reuters envisager de mettre en Bourse 15% de son capital dans le cadre de cette opération.
Une grosse opération de 2026
Les modalités de l'entrée en Bourse de CSG qui s'annonce comme l'une des plus importantes de l'année 2026 se précisent donc. Début août, Bloomberg avait rapporté que le groupe tchèque comptait faire son entrée à la Bourse d'Amsterdam et envisagerait aussi une cotation secondaire à Prague, pour tirer parti de l'augmentation des dépenses de défense des gouvernements européens.
L'agence de presse ajoutait que le groupe visait une valorisation de 30 milliards d'euros. A titre de comparaison, son plus proche rival, l'allemand Rheinmetall, est valorisé plus de 82 milliards d'euros à la Bourse de Francfort, selon companiesmarketcap.com.
Fondé en 1995, CSG est devenue l'une des entreprises non-cotées les plus puissantes en Europe dans le domaine de la défense. Le groupe fabrique des véhicules tout-terrain lourds, des radars, des systèmes de contrôle du trafic aérien, des munitions de tous calibres et même des montres-bracelets de luxe. L'an dernier, cette société a racheté le fabricant américain de munitions Kinetic Group pour plus de 2 milliards de dollars.
Toujours en 2024, CSG a vu son chiffre d'affaires plus que doubler sur un an, atteignant 4 milliards d'euros, contre 1,7 milliard d'euros en 2023. Sur une base pro-forma, les ventes à l'OTAN et l'Ukraine ont représenté 94,1% des revenus 2024 de la société tchèque, selon son rapport annuel 2024.
Dans ce document, l'entreprise rappelle avoir fourni l'an dernier, un million d'unités de munitions d'artillerie à l'Ukraine, dont une partie dans le cadre de "l'Initiative tchèque pour les munitions" un projet du gouvernement tchèque visant à soutenir l'approvisionnement en munitions de l'Ukraine.
"L'Europe traverse une période charnière où l'industrie de la défense n'est plus seulement un secteur économique, mais un pilier de notre souveraineté et de notre sécurité. L'augmentation spectaculaire des dépenses de défense à travers le continent reflète une prise de conscience claire de cette réalité, et les résultats records enregistrés par CSG en 2024 prouvent que nous sommes prêts à relever ce défi historique", a déclaré son propriétaire Michal Strnad.
KDNS proche d'une double cotation
CSG n'est d'ailleurs pas la seule entreprise du secteur à viser une cotation en Bourse, avec la hausse à venir des dépenses militaires. Le fournisseur de systèmes de défense terrestre KNDS a annoncé ce mercredi 17 décembre viser une entrée en Bourse en 2026 via une double cotation à Francfort et à Paris, sous réserve des conditions de marché.
Une place boursière où sont déjà cotés Rheinmetall, qui fabrique des chars, des munitions et d'autres équipements militaires ou Hensoldt, qui fournit des solutions d'optronique, des capteurs et de l'électronique et dont les titres gagnent plus de 180% et 140% sur un an.
Cité dans un communiqué, Tom Enders, président du conseil d'administration de KNDS, avait alors jugé que le "moment est venu" et que "l'entreprise est prête" pour une cotation en Bourse. Le secteur européen de la défense en Bourse est donc appelé à se renforcer avec un potentiel nouveau pensionnaire dans ses rangs.
Il faut dire que depuis un an, plusieurs dirigeants européens ont effectué des déclarations prônant davantage de dépenses de défense sur le Vieux Continent. Sous la pression des États-Unis, qui sont désormais bien moins enclins à assurer la sécurité du Vieux Contient, l'Europe a décidé de se réarmer. L'Allemagne a par exemple annoncé des centaines de milliards d'euros d'investissement dans la défense.
Et l'année 2026 a commencé par une démonstration de force américaine au Venezuela. Le président américain Donald Trump n'envisage pas de se contenter d'une intervention au Venezuela. Il a clairement pris pour cibles d'autres pays comme Cuba ou la Colombie, et réitéré ses menaces envers le Groenland. Mercredi, il a annoncé mercredi, vouloir augmenter de 50% le gigantesque budget américain de la défense. "Notre budget militaire pour l'année 2027 devrait être de 1.500 milliards de dollars, et non pas de 1.000 milliards de dollars", a-t-il déclaré.
