(BFM Bourse) - SpaceX a ouvert le bal des méga-introductions en Bourse de l'année 2026. Les géants de l'intelligence artificielle Anthropic et OpenAI devraient suivre les traces du groupe spatial d'Elon Musk cette année. Pour autant, aussi impressionnantes soient ces opérations, elles ne vont pas menacer le record de 2021.
Vendredi 12 juin, SpaceX est entré dans l'histoire des marchés financiers. Le géant américain de l'aérospatiale et de l'intelligence artificielle a levé la somme record de 86 milliards de dollars grâce à son introduction en Bourse.
Depuis cette introduction en Bourse en fanfare, l'entreprise d'Elon Musk a gagné plus de 50%. Une ascension qui lui a permis pour sa troisième journée à Wall Street de s'offrir le scalp du géant du e-commerce Amazon, lui passant devant pour pointer à la cinquième place des capitalisations boursières mondiales.
Début juin, Anthropic, la jeune pousse américaine connue pour avoir développé le grand modèle de langage d'intelligence artificielle Claude a soumis un document d'enregistrement auprès du gendarme boursier américain. Ce qui lui donne l'option de débouler à Wall Street en fonction des conditions de marché.
La future et hypothétique introduction en Bourse d'Anthropic a de bonnes chances de dépasser les 1.000 milliards de dollars. En plus d'Anthropic, OpenAI est aussi un prétendant identifié par le marché à une entrée en Bourse en 2026. La société à l'origine du robot conversationnel ChatGPT espère être valorisée 1.000 milliards de dollars dans le cadre de cette potentielle opération, rapportait Reuters fin octobre. Elle pourrait par ailleurs lever 60 milliards de dollars à cette occasion.
Ces trois entreprises pourraient lever plus que l'ensemble des introductions en Bourse de 2025 sur le sol américain, selon des experts de marché cités par le Financial Times.
Aux États-Unis, 223 opérations ont été réalisées l'an dernier selon le décompte annuel du cabinet de conseil EY.
Une vague puissante mais...
L'année 2026 devrait donc se distinguer par le retour des opérations d’envergure.
HSBC s'attend à ce que les entreprises américaines, dont SpaceX, OpenAI et Anthropic, lèvent un total de près de 300 milliards de dollars cette année, le montant le plus élevé depuis 2021 (plus de 300 milliards) lors d'introductions en Bourse, dont 200 milliards de dollars pour les trois groupes précités.
"Le marché des introductions en Bourse s'apprête peut-être à connaître l'un de ses cycles les plus importants depuis des années, mais la prochaine vague pourrait se caractériser moins par son ampleur que par son envergure", avance Russell Investments.
2021 : un point de comparaison clé
Les équipes de JPMorganquant à elles projettent des levées de fonds cumulées de 250 milliards de dollars en 2026.
Cet afflux de capitaux sur les marchés américains marquerait une forte progression par rapport aux 70 milliards de dollars en 2025. Pourtant, le marché nord américain était l'un des plus dynamiques sur le plan mondial.
"Le marché des introductions en Bourse des Amériques a démontré une résilience remarquable en 2025, surmontant des défis importants tout en maintenant un solide pipeline (réservoir, NDLR) d'entreprises de haute qualité", expliquait Rachel Gerring, responsable des introductions en Bourse dans les Amériques chez EY.
"Dans cet environnement dynamique, la préparation est essentielle. Les entreprises qui se préparent avec discipline seront bien positionnées pour agir rapidement et stratégiquement face aux opportunités de marché favorables", avait-elle ajouté.
Le montant projeté par les équipes de JPMorgan de 250 milliards de dollars avoisinerait le pic de 275 milliards de dollars atteint en 2021. Les équipes de Goldman Sachs ont récemment relevé leurs prévisions à 225 milliards de dollars contre 160 milliards de dollars, citant un environnement plus sain pour des nouvelles cotations et des chances accrues que certaines des plus grandes entreprises non cotées en Bourse le deviennent cette année.
Russell Investments est plus optimiste. Les levées de fonds des sociétés pourraient, selon la société d'investissement, "battre le précédent record américain établi en 2021 aux États-Unis".
"Cette année-là, plus de 300 introductions en Bourse soutenues par des sociétés de capital-risque ont généré plus de 123 milliards de dollars de fonds levés, ce qui représente le plus grand nombre d’introductions de ce type sur la période considérée", avance Russell Investments.
Or, la situation en 2026 est bien différente de celle de 2021. D'une part, cette reprise des introductions en Bourse en 2026 intervient après un marché asséché sur les quatre dernières années, tant en volume qu'en valeur.
En 2022, les montants levés ont drastiquement chuté en 2022, retombant à environ 20 milliards de dollars. Idem pour 2023, avant d'augmenter à environ 35 milliards de dollars en 2024, selon les données de JP Morgan.
En 2021, beaucoup d'entreprises étaient arrivées en Bourse au moyen des SPAC, ou "Special-Purpose Acquisition Company". Le boom des SPAC a permis à tout un vaste échantillon de sociétés d'arriver directement sur le marché boursier sans avoir à se soumettre au processus lourd et complexe d'une introduction (IPO) classique. L’envolée des marchés boursiers post-pandémie a redonné une seconde jeunesse à ces véhicules d’investissement si singuliers.
En 2021, 613 SPAC ont fait leur entrée en bourse aux États-Unis, levant au total environ 162 milliards de dollars de recettes brutes, selon les données de Ipox. Soit plus de la moitié des sommes levées sur l'année 2021 outre-Atlantique.
Mais avec la hausse des taux d'intérêt, le resserrement des conditions de crédit, l'euphorie autour des SPAC est retombée comme un soufflé. Les investisseurs ont également tourné le dos à ces sociétés blanc-seing devant un durcissement réglementaire, qui les rendrait moins attractives. En mars 2022, le régulateur américain des marchés, la SEC, a dévoilé une série de nouvelles règles qui vont imposer davantage de transparence aux SPAC, dont l'opacité a souvent été critiquée.
Pour en revenir à 2026, cette année pourrait selon Russell Investissement, battre des records en termes de recettes sans pour autant donner l’impression d’une réouverture d'une fenêtre de tir qui pourrait se généraliser à l'ensemble des entreprises non cotées en Bourse.
"Les investisseurs pourraient être disposés à financer des actifs rares et déterminants pour leur catégorie, liés à l'IA et aux infrastructures stratégiques, tandis que de nombreuses entreprises en phase avancée continuent de faire face à un environnement de sortie plus difficile", remarque aussi Russell Investments.
Recevez toutes les infos sur SPACEX en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email
