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La bourse de Paris devrait tenter de reprendre de la hauteur ce jeudi après une séance sans relief mercredi. Le CAC 40 a terminé en léger repli de 0,09 % à 8 501 points, dans un marché toujours partagé entre la détente des rendements obligataires américains, les craintes inflationnistes et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Le principal événement de la veille est venu des États-Unis, où le Trésor américain a annoncé le doublement, à compter de septembre, de ses rachats d'obligations à long terme, à au moins 4 milliards de dollars par opération. Cette intervention vise à améliorer la liquidité du marché obligataire après la forte remontée des rendements observée ces dernières semaines.
L'annonce a immédiatement provoqué une détente sur la partie longue de la courbe américaine. Le rendement du Treasury à 10 ans est revenu autour de 4,64 %, tandis que celui à 30 ans s'est replié vers 5,19 %. Un mouvement favorable aux actifs risqués, mais qui intervient alors que la dette publique américaine vient de franchir le seuil symbolique des 40 000 milliards de dollars.
La baisse des rendements américains a également lourdement pesé sur le dollar. L'euro a progressé de près de 0,9 % pour revenir autour de 1,168 dollar. Dans le même temps, l'or a bondi de plus de 4 %, au-dessus de 4 500 dollars l'once.
La détente obligataire ne signifie toutefois pas que la pression monétaire disparaît. Les dernières minutes de la Réserve fédérale ont confirmé que plusieurs responsables étaient favorables à une hausse des taux dès la réunion de juillet. De nombreux membres estiment également qu'un nouveau resserrement pourrait devenir nécessaire si l'inflation ne converge pas suffisamment rapidement vers l'objectif de 2 %.
Les marchés font ainsi face à deux forces contradictoires : d'un côté, le Trésor américain contribue à détendre les conditions financières sur les maturités longues ; de l'autre, la Fed conserve un discours restrictif face à une inflation encore trop élevée. La remontée du pétrole constitue à ce titre un risque supplémentaire, puisqu'une hausse durable des prix de l'énergie pourrait alimenter de nouvelles tensions inflationnistes.
Wall Street a plutôt bien accueilli la baisse des rendements. Le S&P 500 a progressé de 0,21 % à 7 707 points et le Dow Jones de 0,22 % à 53 463 points. Le Nasdaq 100 a en revanche abandonné 0,22 % à 29 426 points, signant une cinquième séance consécutive de baisse.
La séance américaine a surtout été marquée par l'envolée du secteur de la santé. Moderna a bondi de près de 177 % et Merck de plus de 12 % après des résultats positifs concernant leur vaccin personnalisé à ARN messager contre le mélanome, administré en association avec Keytruda. À l'inverse, les banques ont souffert de la baisse des rendements longs, qui pèse sur les perspectives de marges d'intérêt.
Cette pression s'est également retrouvée à Paris. Société Générale a perdu 3,79 %, BNP Paribas 2,39 % et Crédit Agricole 2,59 %. Le poids important du secteur bancaire dans les indices européens explique en partie la sous-performance du Vieux Continent face à Wall Street.
Stellantis s'est en revanche distingué avec une progression de près de 6 %. Le marché a notamment bien accueilli la perspective d'une fermeture et d'une vente de l'usine canadienne de Brampton, qui pourrait permettre au constructeur de réduire ses coûts en Amérique du Nord. Le groupe reste néanmoins confronté à plusieurs difficultés opérationnelles et à de nouveaux rappels de véhicules.
Le secteur européen des semi-conducteurs demeure également sous pression dans le sillage de la consolidation des valeurs technologiques mondiales. STMicroelectronics a perdu 3,13 %, Infineon 3,95 % et BE Semiconductor 4,54 % par exemple.
À Paris, les investisseurs devraient donc continuer à surveiller prioritairement l'évolution des taux américains, du pétrole et du dossier iranien. La détente obligataire apporte un soutien aux valorisations, mais le maintien d'un Brent supérieur à 90 dollars et la fermeté affichée par la Fed limitent pour l'instant le potentiel de réappréciation des actifs risqués.
L'agenda macroéconomique sera principalement américain ce jeudi. À 14h30 seront publiées les inscriptions hebdomadaires au chômage, attendues autour de 210 000, ainsi que l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois d'août. Ces données seront particulièrement suivies après les récents signes de ralentissement de l'économie américaine et pourraient influencer les anticipations concernant les prochaines décisions de la Fed.
Sur le front microéconomique, Walmart concentrera l'attention avec la publication de ses résultats trimestriels. Après les chiffres solides et le relèvement des perspectives de Target mercredi, la publication du numéro un mondial de la distribution donnera une nouvelle indication sur la résistance de la consommation américaine dans un environnement marqué par des taux élevés et des pressions persistantes sur les prix.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Techniquement, l’indice parisien évolue toujours au contact de son support situé autour des 8 500 points. Tant que ce niveau reste préservé et que les cours parviennent à s’y maintenir, un rebond pourrait se dessiner en direction des 8 645 points. À l’inverse, une clôture sous les plus bas de la veille fragiliserait ce scénario et pourrait entraîner une nouvelle accélération baissière vers des niveaux inférieurs.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est positif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario haussier est valable tant que l’indice CAC 40 cote au dessus du support à 8508.00 points.
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