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Le rebond à deux chiffres de Kering aura permis au CAC 40 d'éviter la clôture dans le rouge (+-0,06% à 8 327 points), dans un marché encore très technique. Le groupe de luxe dirigé par Luca de Meo a pourtant publié une copie trimestrielle terne, marquée par une chute vertigineuse de 94% du bénéfice, mais a affiché une dette nette plus faible qu'anticipé par les analystes et un engagement à revenir à la croissance avec une hausse des marges dès cette année.
Côté macro, le marché attend plusieurs indicateurs phares cette semaine, notamment le rapport sur l'emploi américain mercredi puis l'inflation qui sera publiée vendredi. Le rapport NFP sera donc publié ce jour, avec 3 séances de retard en raison d'un shutdown partiel. Les marchés s'attendent à des créations de postes assez faibles, de l'ordre de 66 000. Publiées hier, les ventes au détail mensuelles, stagnantes, ont complètement manqué les attentes.
"On suivra d’ailleurs avec attention la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis, reportée au 11 février en raison du très court shutdown qui a pris fin mardi dernier. Ces données revêtent une importance particulière alors que plusieurs signes de fragilisation du marché du travail ont récemment émergé. L’enquête JOLTS a montré un recul marqué des offres d’emploi non pourvues (6,542 M contre 7,25 M attendus), tandis que l’enquête ADP a révélé un net ralentissement des créations, à +22 000 en janvier contre +45 000 anticipés", comptabilise Romane Ballin, gérante obligataire d'Auris Gestion.
"Les prix à la consommation aux États-Unis en janvier constituent le point d’attention majeur. Sauf surprise, ils devraient ressortir proches de leur niveau de décembre à 2,7% sur un an. L’inflation américaine est plus élevée que dans d’autres économies développées. Ce n’est pas particulièrement inquiétant car c’est en partie la conséquence d’une demande plus soutenue qu’ailleurs. De notre point de vue, cela ne devrait pas empêcher la Réserve Fédérale de baisser à deux reprises les taux directeurs pour un total de 50 points de base ce semestre. C’est déjà en partie intégré par le marché", analyse Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
Un marché qui ne voit pas sa volatilité historique baisser, tout en conversant une volatilité implicite, mesurée notamment par le VIX, rester à un niveau très bas. Cette observation, associée à l'étude des volumes d'échanges depuis le début de l'année, montre un marché en phase de distribution.
Pour être complet côté valeurs, JCDecaux a grimpé de 3,3% en réaction à l'offre de rachat de Mubadala Capital sur son concurrent américain Clear Channel. Du coté des capitalisations de moyenne taille, Lumibird a pris 2,2% après avoir reçu une commande de la part de Rheinmetall qui laisse présager d'autres contrats. Un essoufflement du camp vendeur permettait à Soitec (+7,08%) et à Remy Cointreau (+4,70) de retrouver des couleurs.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé en ordre dispersé, à l'image du Dow Jones (+0,10%) et du Nasdaq Composite (-0,59%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 0,33% à 6 941 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1850$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 64,30$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,18%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 17,36 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mercredi, à suivre en priorité le rapport NFP (pour Non Farm Payrolls) sur la santé de l'emploi privé outre Atlantique à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le niveau technique des 8 260 points - niveau clef - avait été franchi sur gap vendredi 09 janvier. Il aura été réintégré rapidement (19 janvier), sur gap encore plus ample, ce qui n'est pas une bonne nouvelle. En une séance seulement, l'indice a effacé tous les gains enregistrés depuis le début de l'année. Jeudi 22 janvier, la vapeur s'est brutalement inversée, avec la formation d'un gap haussier qui brouille les signaux techniques sur indicateurs oscillatoires. L'indice retrouve progressivement une sorte d'équilibre au cœur de son range automnal, au-dessus du seuil symbolique des 8 000 points.
La volatilité historique s'intensifie, provoquant un élargissement notable des bandes de Bollinger, comme nous l'avions connu au tournant du mois d'octobre. Dans l'immédiat, la distance entre les cours et la borne haute de ces bandes vaut moins de 100 points.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8500.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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