(BFM Bourse) - Dans l'attente d'en savoir plus sur les intentions de la Fed concernant un éventuel ralentissement du rythme de ses rachats d'actifs, le CAC 40 a repris sa marche en avant, porté par un flot positif de résultats, et terminé au-dessus des 6.600 points pour la première fois depuis plus d'un mois.
Les opérateurs parisiens n'ont clairement pas cédé à la traditionnelle prudence de mise avant les décisions de politique monétaire de la Fed, faisant preuve d'optimisme dans un marché animé par un grand nombre de publications, majoritairement convaincantes. Déjà en hausse de 0,7% à la mi-journée, l'échantillon principale de la cote tricolore a étoffé ses gains dans l'après-midi, bouclant la séance en hausse de 1,18% à 6.609,31 points, dans un volume d'échanges néanmoins resserré de 2,7 milliards d'euros. Le CAC évolue ainsi à un sommet en clôture depuis le 25 juin dernier.
Malgré la diffusion du variant Delta, la mise à jour des perspectives économiques mondiales du Fonds monétaire international (FMI) incite les opérateurs à l'optimisme. L'institution attend désormais une progression de 5,6% du PIB des économies les plus avancées, contre +5,1% visés jusqu'ici, et +4,4% en 2022 (+0,8 point de plus qu'estimé jusqu'alors). Le relèvement des prévisions du FMI s'explique par un facteur déterminant : la vaccination, qui semble porter ses effets dans les pays qui ont la chance de disposer de suffisamment de doses, en limitant les cas graves et les hospitalisations malgré la recrudescence des contaminations. Constat qui ne rend que plus urgente encore la nécessité de faciliter l'accès aux vaccins pour les pays en développement.
Le FMI table en outre sur un retour rapide de l'inflation à son niveau précédant la pandémie, après un pic (jusqu'à 3% à l'échelle de l'ensemble des économies développées d'ici la fin d'année) : le fameux scénario des tensions transitoires, qui laisserait le champ libre aux banques centrales pour maintenir un soutien important.
Pour ce qui est de la banque centrale des Etats-Unis, dont la décision interviendra après la clôture européenne, "l’hypothèse la plus probable est que rien de vraiment nouveau ne soit signalé", souligne Hervé Goulletquer. Trois éléments retiendront cependant particulièrement l'attention, qu’il s’agisse du communiqué publié ou de la conférence de presse donnée par le Président Powell : le jugement sur l’inflation, après les hausses rapides des prix à la consommation en mai et en juin (degré de confort dans le caractère transitoire du phénomène et capacité sinon à l’enrayer), la question du ralentissement des achats de titres –tapering – (pas d’annonce formelle, mais une indication que les discussions sont engagées et avancent bien) et la capacité des membres du comité de politique monétaire à trouver les compromis permettant à la banque centrale de rester à la fois la plus efficace et la plus crédible, développe le stratégiste de La Banque Postale Asset Management.
Même si un statu quo de la Fed est le scénario privilégié par le marché, Wall Street fait preuve d'attentisme ce mercredi matin, peu impressionné par une vague pourtant très solide -GAFAM en tête- de publications trimestrielles. Peu avant 18h, le Dow Jones et le S&P évoluent à l'équilibre, tandis que le Nasdaq avance de 0,6%.
Au plan micro-économique, l'optimisme transparaît également dans un grand nombre de publications, même si dans le lot se retrouvent aussi inévitablement quelques déceptions. Tour d'horizon des principales annonces depuis mardi soir.
Kering (+3,6%)
À la suite de LVMH, Kering a dévoilé lui aussi des résultats semestriels supérieurs aux attentes, tirés par sa locomotive Gucci. Le groupe poursuit d'ailleurs ses investissements en faveur du rayonnement de la marque, fondée à Florence en 1921, tout en se tenant attentif à des possibilités d'acquisition.
Capgemini (+3,8%)
Croissance de l'activité, taux de marge et génération de free cash-flow, le groupe relève l’ensemble de ses objectifs pour 2021.
Nexans (+6,6%)
Après avoir généré un montant record d'Ebitda au premier semestre, le câblier relève lui aussi ses objectifs annuels.
Solutions 30 (+4,5%)
Le groupe a fait part d'une forte progression de ses revenus sur les six premiers mois de l'année, avec de nombreuses signatures de contrats de la part de nouveaux clients. La firme réaffirme viser la mise en place de nouvelles procédures de gestion et de contrôle dès la fin de l'année.
Eurazeo (+5%)
L'actif net réévalué (ANR) par action a progressé de 18% depuis la fin 2020 pour atteindre 99,1 euros, un plus haut niveau historique.
Herige (+6%)
L'ex-VM Matériaux a généré une croissance de 43,2% de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre 2021, à 199,2 millions d'euros, soit un niveau supérieur de +16% à celui du T2 2019 pour prendre une base de comparaison pré-pandémie.
Cegedim (+4,8%)
Après une croissance de 6,3% du chiffre d'affaires semestriel à 251,2 millions d'euros (+3,4% par rapport à 2019) le fournisseur de logiciels de CRM revoit sa prévision de croissance organique pour l'année dans une fourchette de 3% et 5% (contre une indication de l'ordre de 2% précédemment).
Renault (+4,5%)
Grâce au retour aux bénéfices de son partenaire japonais, Renault recevra de Nissan une contribution de 173 millions d'euros à ses résultats du deuxième trimestre.
Klépierre (+1,2%)
Malgré un premier semestre affecté par les restrictions, la foncière maintient ses objectifs annuels.
Exel Industries (+0,5%)
Le producteur de matériel d'arrosage et de pulvérisateurs a enregistré au trimestre écoulé son chiffre d'affaires le plus élevé des cinq dernières années, porté par l'ensemble des zones géographiques et prévoit un chiffre d'affaires annuel (2020-2021, se terminant en septembre) en croissance significative, malgré une base de comparaison élevée au dernier trimestre.
Bureau Veritas (+1,8%)
Le spécialiste française des tests et certifications prévoit désormais cette année une forte croissance organique de son chiffre d'affaires, une amélioration de sa marge opérationnelle ajustée et des flux de trésorerie maintenus à un niveau élevé.
Imerys (+1,4%)
Le résultat courant a plus que doublé au premier semestre, à 158,3 millions d'euros, et le spécialiste des minéraux industriels et des matériaux de construction anticipe pour 2021 un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros et une marge d'Ebitda proche de 18%.
M6 (+0,1%)
Le groupe a bénéficié d'un rebond des recettes publicitaires au premier semestre, l’Ebitda retrouvant son niveau de 2019.
Atos (-3,2%)
Profitant depuis trois séances d'un relatif répit (après la chute du 12 juillet à la suite d'un avertissement sur 2021), le titre a finalement lâché du lest dans l'après-midi alors que son patron interrogé par Les Echos reconnaît un besoin urgent de se transformer "radicalement, rapidement et très profondément", en commençant par réduire la voilure dans les activités en perte de vitesse (un plan de départ est d'ailleurs enclenché en Allemagne dans les infrastructures). Atos a par ailleurs fait état d'un recul de 1% de son chiffre d'affaires semestriel à 5,24 milliards d'euros (-2,7% en organique), et d'une baisse de sa marge opérationnelle à 5,6%.
Maisons du Monde (-1,2%)
Le détaillant confirme ses perspectives annuelles après une hausse de 35,5% de ses revenus semestriels.
TF1 (-2,4%)
Le groupe vise une marge opérationnelle à deux chiffres cette année, porté par la reprise du marché publicitaire. Les deux opérateurs tricolores se donnent par ailleurs 18 mois pour convaincre les autorités de la concurrence de leur permettre de finaliser leur rapprochement.
Rexel (--0,2%)
Le titre patine malgré la confirmation des objectifs 2021, précédemment rehaussés, avec un fort potentiel de hausse dans toutes les zones géographiques, notamment en Amérique du Nord où les volumes sont encore inférieurs de 15% au niveau d'avant la crise.
McPhy Energy (-6,7%)
Après un repli du chiffre d'affaires et un alourdissement des pertes au premier semestre, le spécialiste rhônalpin des équipements de production et distribution d’hydrogène reconnaît un ralentissement des prises de commandes fermes au cours du semestre, et table au second semestre sur un chiffre d'affaires "proche" de celui constaté au second semestre 2020.
Au chapitre énergétique, les cours pétroliers ont peu réagi à la chute pourtant prononcée (-4 millions de barils) des stocks de brut aux Etats-Unis annoncée par l'Agence d'information sur l'énergie, confortant les investisseurs dans leur idée selon laquelle la demande restera supérieure à l'offre dans les mois à venir, malgré le retour sur le marché d'une partie de la production des pays membres de l'Opep+. Vers 18h15, le baril de Brent gagne 0,5% à 73,9 dollars quand celui de WTI avance de 0,8% à 72,2 dollars. Enfin, sur le Forex, la monnaie unique reperd un peu de terrain face au billet vert après s'être apprécié lors des trois dernières séances (-0,07% à 1,1813 dollar).