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CAC 40

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Cac 40 : Pris en étau entre la Fed et l'Ukraine, le marché parisien capitule de près de 4%

lundi 24 janvier 2022 à 17h35
Le CAC 40 lâche près de 4% ce lundi

(BFM Bourse) - Accentuant encore la chute entamée vendredi, la Bourse de Paris a plongé de 3,97% lundi, à moins de 6800 points. Les marchés mondiaux plient face aux craintes de voir les tensions géopolitiques dégénérer en conflit armé en Ukraine et à la veille d'une nouvelle réunion de la Fed qui suscite un vif regain d'aversion pour le risque.

L’ambiance sur le marché parisien, déjà très nerveuse en matinée (-1,90% à 12h), a progressivement tourné à la panique voire à la capitulation lundi. Plombé par la nouvelle ouverture rouge vive de Wall Street, où tous les indices sont désormais en zone de correction, le CAC 40 a accru ses pertes et terminé sur une chute de 3,97% à 6.787,79 points, soit un creux depuis le 3 décembre dernier. Le baromètre signe ainsi coup sur coup ses deux plus mauvaises performances journalières de 2022, lui qui avait déjà subi un repli de 1,75% vendredi face aux craintes des opérateurs quant à l’évolution de la politique monétaire de la Fed. Le volume d’échanges a été particulièrement fourni ce mercredi, avec plus de 6 milliards d’euros échangés sur les valeurs du CAC 40.

La mise en état d'alerte des forces armées des pays de l'Otan, alors que les pays occidentaux s'inquiètent d'une possible intervention militaire russe en Ukraine dans les prochains jours ou semaines accentue l'inquiétude des investisseurs, qui ont préféré se défaire des actifs risqués tels que les actions.

L'escalade des tensions en Ukraine inquiète les marchés

La séance a été dominée "par un sentiment d'aversion au risque provoqué par une multiplicité de facteurs, dont le contexte baissier sur les marchés actions à l'approche de la réunion de la Fed de mercredi, les tensions géopolitiques en Ukraine ou encore le scrutin présidentiel italien dont le processus de nomination débute ce lundi", résumait Guillaume Dejean, analyste chez Western Union Business Solutions. L'actualité est en effet focalisée sur le risque de conflit militaire en Ukraine, tandis que le secrétaire-général de l'Otan a fait savoir que les pays membres de l'alliance Atlantique plaçaient leurs forces armées en état d'alerte et allaient envoyer des renforts en Europe de l'Est.

"L'Otan va continuer à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous ses alliés, y compris en renforçant la partie orientale de l'Alliance", a indiqué Jens Stoltenberg, lors que l'Ukraine et les pays occidentaux redoutent une possible intervention de la Russie, qui a exigé la semaine dernière le départ des forces de l'Otan basées en Roumanie et en Bulgarie. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont en train de rappeler le personnel de leurs ambassades en Ukraine, et invitent leurs ressortissant à quitter le pays face au risque de conflit.

De tension, il était également question entre les Emirats Arabes Unis et le Yémen, les Emirats ayant intercepté deux missiles balistiques visant la capitale Abou Dhabi. C'est la première fois que les EAU, incriminant les rebelles yéménites Houthis, font état d'une attaque à l'intérieur même de leurs frontières. Ces tensions ont maintenu les cours pétroliers à un niveau élevé, avant que ces derniers soient à leur tour victime de l'aversion pour le risque des opérateurs, étendue à toutes les classes d'actifs dans l'après-midi. Peu après 17h40, le baril de Brent se traitait ainsi à 84,6 dollars, en baisse de 2,4% par rapport à la clôture de vendredi. Sur le marché des changes, les opérateurs se réfugiaient sur le billet vert, entraînant un nouveau repli de 0,30% de l'euro à 1,1313 dollar.

Au même moment, parmi les actifs les plus spéculatifs, le bitcoin décrochait de près de 6% à 34.300 dollars, accumulant désormais plus de 50% de pertes depuis son sommet historique remontant seulement à novembre 2021.

Durcissement monétaire

L'escalade des risques géopolitiques ces derniers jours intervient à un moment où les marchés se tournent avec une certaine tension vers la réunion du comité de politique monétaire de la Fed, qui pourrait confirmer le scénario d'un premier durcissement monétaire dès le mois de mars. "Nous attendons un discours ferme sur le resserrement de sa politique monétaire à venir pour contrer les menaces inflationnistes, mais pas d’annonce concrète en dehors de la confirmation d’une première hausse de taux en mars. L’objectif de la Fed lors de la réunion du FOMC devrait être de gagner du temps, et donc de la visibilité pour ses prévisions économiques, afin de regagner de la crédibilité", estime Franck Dixmier, le responsable mondial de la gestion obligataire d'AllianzGI.

Le DJIA et le S&P rejoignent le Nasdaq en territoire de correction

Déjà en repli de 2,7% vendredi, le Nasdaq Composite subissait une chute supplémentaire de plus de 3% lundi à 17h30, dans un contexte de vif regain de prudence à la fois lié à l’attente des décisions de la Fed et aux tensions géopolitiques autour de l’Ukraine. À la même heure, le DJIA et le S&P 500 lâchaient respectivement 2% et 2,6%, ce qui porte à tous les deux leur recul à plus de 10% depuis le précédent sommet.

Au sein de l'indice phare tricolore, seule Orange, dont l'activité est considérée comme très défensive, a surnagé avec un gain de 0,9%. Pour le reste, le palmarès était exclusivement composé de rouge, avec un plongeon atteignant 8,6% en clôture pour Saint Gobain en réaction à la menace du gouvernement britannique, d’interdire l’accès au Royaume-Uni à toutes les entreprises qui commercialisent des revêtements et des isolants combustibles après l’incendie de la tour Grenfell. Alors que Renault s'apprêterait à dévoiler un massif plan d'investissements dans l'électrique avec ses partenaires nippons Nissan et Mitsubishi, ce qui lui permettait d'évoluer dans le vert à la mi-journée, le constructeur a finalement été lui aussi emporté (-2,8%). Stellantis a reflué de son côté de 7,4%.

La baisse a touché du reste tous secteurs sans véritable discrimination, aussi bien la tech (-7,3% pour Wordline), l'industrie lourde (-6,4% pour ArcelorMittal) ou aéronautique (-6,4%) que la banque (-5,6% pour Société Générale) ou le luxe (-4,9% pour LVMH).

Au sein du SBF 120, le titre de l'opérateur de maisons de retraite Orpea s'effondrait de 16,1% lorsque le groupe a demandé sa suspension de cotation, à quelques jours de la publication, chez Fayard, d'un ouvrage intitulé "Les fossoyeurs" promettant des "révélations sur le système qui maltraite nos aînés". Dans son sillage, l'autre spécialiste du secteur Korian s'effondrait aussi (-14%), quand bien même il ne fasse pas l'objet d'accusations particulières.

Dans cette ambiance de sauve-qui-peut, le groupe des Deux-Sèvres Poujoulat, leader européen de la "fumisterie" (installation et maintenance des conduits de cheminée) a inscrit un bond d'autant plus remarquable. Le titre a grimpé en effet de 7,84% grâce au relèvement de ses perspectives 2021-2022, après avoir connu une croissance de 29% au premier semestre et une multiplication par 3,6 de son résultat net.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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