(BFM Bourse) - Déjà en forte baisse (-1,75%) vendredi, la Bourse de Paris subit une chute supplémentaire de plus de 3% lundi dans l'après midi, les investisseurs se focalisant sur le risque d'un conflit militaire en Ukraine, à l'orée d'une semaine par ailleurs chargée en rendez-vous économiques et monétaires.
La mise en état d'alerte des forces armées des pays de l'Otan, alors que les pays occidentaux s'inquiètent d'une possible intervention militaire russe en Ukraine dans les prochains jours ou semaines accentue l'inquiétude des investisseurs, qui préfèrent se défaire des actifs risqués tels que les actions. Vers 12h00, le CAC 40 flanchait déjà de 1,90% à 6.934,39 points, au plus bas depuis plus d'un mois. Et le mouvement s'est encore amplifié dans l'après midi, avec -3,11% à 6.848,81 points vers 15h40.
La séance "est dominée par un sentiment d'aversion au risque provoqué par une multiplicité de facteurs, dont le contexte baissier sur les marchés actions à l'approche de la réunion de la Fed de mercredi, les tensions géopolitiques en Ukraine ou encore le scrutin présidentiel italien dont le processus de nomination débute ce lundi", résume Guillaume Dejean, analyste chez Western Union Business Solutions. L'actualité est en effet focalisée sur le risque de conflit militaire en Ukraine, tandis que le secrétaire-général de l'Otan a fait savoir que les pays membres de l'alliance Atlantique plaçaient leurs forces armées en état d'alerte et allaient envoyer des renforts en Europe de l'Est.
"L'Otan va continuer à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous ses alliés, y compris en renforçant la partie orientale de l'Alliance", a indiqué Jens Stoltenberg, lors que l'Ukraine et les pays occidentaux redoutent une possible intervention de la Russie, qui a exigé la semaine dernière le départ des forces de l'Otan basées en Roumanie et en Bulgarie. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont en train de rappeler le personnel de leurs ambassades en Ukraine, et invitent leurs ressortissant à quitter le pays face au risque de conflit.
De tension, il est également question entre les Emirats Arabes Unis et le Yémen, les Emirats ayant intercepté deux missiles balistiques visant la capitale Abou Dhabi, incriminant les rebelles yéménites Houthis. C'est la première fois que les EAU font état d'une attaque à l'intérieur de leurs frontières. Ces tensions maintiennent les cours pétroliers à un niveau élevé, soit 86,57 dollars le baril de Brent européen vers 15h40 (-1,5%). Sur le marché des changes, les opérateurs se réfugient sur le billet vert, entraînant un nouveau repli de 0,46% de l'euro à 1,1295 dollar, toujours vers 15h40.
Au même moment, parmi les actifs les plus spéculatifs, le bitcoin décroche de 7% à 33.732 dollars, accumulant désormais plus de 50% de pertes depuis son sommet historique remontant seulement à novembre 2021.
Durcissement monétaire
L'escalade des risques géopolitiques ces derniers jours intervient à un moment où les marchés se tournent avec une certaine tension vers la réunion du comité de politique monétaire de la Fed, qui pourrait confirmer le scénario d'un premier durcissement monétaire dès le mois de mars. "Nous attendons un discours ferme sur le resserrement de sa politique monétaire à venir pour contrer les menaces inflationnistes, mais pas d’annonce concrète en dehors de la confirmation d’une première hausse de taux en mars. L’objectif de la Fed lors de la réunion du FOMC devrait être de gagner du temps, et donc de la visibilité pour ses prévisions économiques, afin de regagner de la crédibilité", estime Franck Dixmier, le responsable mondial de la gestion obligataire d'AllianzGI.
Par ailleurs, le début de la saison des publications trimestrielles n'a pas toujours apporté le soutien escompté avec des réactions parfois très négatives que ce soit sur les banques américaines ou, de façon encore plus spectaculaire, sur les valeurs technologiques à l'image d'une chute de 21,79% vendredi de Netflix. Globalement, l'indice Nasdaq Composite est en pleine correction (en recul de 14% depuis son précédent pic) et l'indice technologique connaît son pire début d'année depuis près de trente ans.
Au sein de l'indice phare tricolore à la mi-journée ce lundi, quelques valeurs défensives à l'image de Carrefour (+2%) ou Orange (+1,8%) bénéficient de la valeur des investisseurs, ainsi que Renault qui gagne 0,75% à contre-courant de son secteur dans la perspective de l'annonce d'un vaste plan avec ses partenaires Nissan et Mitsubishi dans l'électrique, et grâce au relèvement du conseil d'Exane sur le titre.
À l'opposé, la baisse touche tous secteurs sans véritable discrimination, aussi bien la tech (-5,7% pour Wordline), l'industrie lourde (-5,4%), la construction (-5,4% pour Saint-Gobain) que l'automobile (-3,95% pour Stellantis).