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CAC 40

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Cac 40 : Malgré le nouveau bond du pétrole, le CAC 40 repart à la baisse

vendredi 3 avril 2020 à 12h45
Le CAC repart à la baisse vendredi midi

(BFM Bourse) - Le marché parisien évolue de nouveau dans le rouge vendredi à la mi-journée alors que le cap du million de personnes contaminées à travers le monde a été franchi et que les indicateurs économiques catastrophiques se succèdent. En dépit des doutes sur le plan annoncé par Donald Trump, le pétrole de son côté poursuit sa remontée.

Au lendemain d'un timide rebond (+0,33%) qui faisait suite au nouvel accès de faiblesse (-4,3%) observé mercredi, le CAC 40 reflue de nouveau vendredi à la mi-journée, malgré la nouvelle flambée des cours de l'or noir. À 12h25, l'indice vedette du marché parisien lâche 1,08% à 4.175 points, dans un volume d'échanges inférieur à 900 millions d'euros, signe de la "prudence qui devrait encore dominer en cette dernière séance de la semaine" estimait Tangi Le Liboux, stratégiste chez le courtier Aurel BGC dans sa note matinale.

Le marché parisien a ouvert "sans réelle tendance (-0,4%, NDLR), dans l’attente de la publication des chiffres du chômage américain" comme l'anticipait John Plassard, directeur adjoint des investissements chez Mirabaud Securities. Ce chiffre est attendu d'autant plus fébrilement que le Département américain du Travail a annoncé avoir dénombré plus de 6,6 millions de nouveaux inscrits aux allocations chômage la semaine dernière (quand le consensus misait sur 3,5 millions) ce qui porte à 10 millions le nombre de nouveaux demandeurs d'emploi sur les deux dernières semaines.

Toutefois, les enquêtes du département du Travail ont eu lieu (...) avant que l'impact du Covid-19 ne soit réellement visible", tempère Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

"Le stress pourrait cependant monter d’un cran alors que la propagation du coronavirus prend de plus en plus d’ampleur en atteignant le seuil du million de personnes à travers le monde" poursuivait John Plassard.

Sur le terrain des indicateurs, l'activité économique de la zone euro s'est effondrée en mars face aux mesures prises pour contenir la pandémie de coronavirus qui ont conduit les gouvernements de toute la région à fermer de vastes pans de leurs économies. L'indice composite PMI auprès des directeurs d'achat calculé par IHS Markit a chuté à un niveau record de 29,7 en mars selon sa version définitive, contre 51,6 en février et 31,4 annoncé en estimation flash. En France, l'indice du secteur des services compilé par IHS Markit auprès des directeurs d'achat (PMI) est tombé à 27,4 en mars contre une première estimation à 29,0 et après 52,5 en février. Il s'agit de son plus bas niveau depuis qu'il a commencé à être mesuré, en 1998. En Italie, le même secteur a également connu une contraction d'une ampleur inédite en chutant de 52,1 en février à 17,4 en mars.

Sur le marché pétrolier, le flou n'empêche pas la poursuite du rebond

Les cours du pétrole brut ont d'abord corrigé vendredi matin (-4,4% vers 8h20) avant de rebondir violemment pour prendre encore près de 10% vers 12h40 (+9,67% pour le baril de Brent à 32,56 dollars, +6,76% à 26,53 dollars pour le WTI). Ces deux référence avaient flambé de plus de 20% en clôture jeudi dans le sillage de tweets de Donald Trump promettant une réduction de la production russe et saoudienne pour rééquilibrer le marché de l'or noir.

Pourtant, les doutes grandissent quant à une éventuelle fin de la guerre des prix entre Riyad et Moscou, le Kremlin ayant démenti avoir eu une conversation avec le président héritier d'Arabie saoudite à ce sujet. Par ailleurs, "il apparaît inconcevable que les deux pays acceptent de baisser leur production de 10 millions de barils [le chiffre avancé par Donald Trump, qui a même dit que la coupe pourrait atteindre 15 millions de barils, NDLR], ce qui représenterait la production entière de l'un des deux pays, soit 50% de leur production cumulée", signale Tangi Le Liboux. En outre, selon des sources au fait du dossier, la Russie n'accepterait de consentir à une réduction que si les États-Unis en ont fait de même.

Total, les banques et les assurances en souffrance

Face au flou qui subsiste sur l'avenir du marché pétrolier, Total reflue vendredi à la mi-journée (-4,6%) et rétrocède ses gains de la veille. Les compartiments de la banque et de l'assurance souffrent aussi particulièrement, à l'instar d'Axa (-4,5%)e CNP Assurances (-6,8%), tandis que Natixis (-4,1%), Société Générale (-4%), BNP Paribas (-3,6%, après avoir à son tour annoncé la suspension du versement d'un dividende à ses actionnaires pour 2019) et Crédit Agricole (-1,8%) creusent encore leurs pertes.

Dans l'autre sens, Accor grignote 1,3% alors le groupe hôtelier français est contraint par la pandémie de coronavirus de fermer "les deux tiers" de ses hôtels dans le monde dans les prochaines semaines et renonce à distribuer comme prévu 280 millions d'euros sous forme de dividende. Les valeurs défensives que sont Publicis (+4,7%), Carrefour (+2%) et Sanofi (+2%) progressent aussi.

Enfin, l'entrée de NXP Semiconductors (dans le top 10 mondial du secteur des semi-conducteurs) au capital de Kalray dope le cours de la pépite tricolore (+8,5%) à l'origine d'une nouvelle génération de processeurs, dits intelligents en raison de leur capacité à percevoir et interagir avec leur environnement.

Sur le Forex, la monnaie unique lâche encore du lest face au billet vert (-0,38% à 1,0813 dollar) à 12h55.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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