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CAC 40

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Cac 40 : La détermination affichée par Vladimir Poutine fait replonger les marchés

jeudi 3 mars 2022 à 18h00
Le CAC repique du nez face à la détermination de Poutine

(BFM Bourse) - Proche de l'équilibre jusqu'en début d'après-midi, le CAC 40 a de nouveau flanché en fin de séance, alors que les investisseurs ont pris connaissance de la teneur de l'échange entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine. Le président français estime en effet que "le pire est à venir" alors que son homologue russe a fait part de "sa très grande détermination" à poursuivre son offensive.

Il faut définitivement avoir bien accroché sa ceinture pour naviguer au sein de ces marchés particulièrement tumultueux depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, dans la nuit du 23 au 24 février dernier. Alors qu'il avait déjà sensiblement atténué son rebond en fin de séance mercredi (+1,59% en clôture), le marché parisien a bien tenté de repartir dans le bon sens en début de séance ce jeudi, et encore en début d'après-midi, mais cette volonté s'est de nouveau heurtée à la réalité géopolitique toujours plus préoccupante.

Si de nouveaux pourparlers russo-ukrainiens se tiennent en ce moment même à la frontière bélarusso-polonaise, leur issue ne fait malheureusement guère de doute, alors que la Russie campe sur ses positions. "Le pire est à venir" a en effet jugé Emmanuel Macron, au terme d'une discussion téléphonique de 1h30 avec le maître du Kremlin, qui a fait part de sa "très grande détermination" à poursuivre l'invasion en cours selon un communiqué de l'Elysée. Vladimir Pouutine a en effet affirmé à son homologue français que l'opération de l'armée russe se développait "selon le plan" prévu par Moscou et qu'elle allait "s'aggraver" si les Ukrainiens n'acceptaient pas ses conditions, à savoir une reddition totale. Face à cette attitude hostile, la présidence française a réaffirmé dans la foulée son intention de "durcir encore les sanctions" contre la Russie, estimant qu'il s'agissait "d'un outil très puissant comme on le voit à travers l'effondrement du rouble".

Ces déclarations ont exacerbé la nervosité des marchés, provoquant un nouveau brusque repli de l'indice phare de la cote tricolore. Le CAC 40 boucle ainsi la séance sur une baisse de 1,84% à 6.378,37 points, dans un volume d'échanges encore supérieur à la normale, mais en léger repli par rapport aux dernières séances (5,1 milliards d'euros).

Une crise énergétique guette et alimente la volatilité

"La volatilité des actions, en particulier en Europe, a atteint un plus haut, ce qui reflète logiquement la tension liée à l'invasion totale de l'Ukraine par la Russie, événement qui semblait encore peu probable début février", observe Nadège Dufossé, responsable "Multi-Asset" chez Candriam. Mais la volatilité absolue n'a pas encore atteint les pics observés lors des précédentes crises majeures, "ce qui constituerait un signal de capitulation sur les marchés financiers" prévient-elle.

La situation évolue très rapidement, poursuit la spécialiste. Jusqu’à cette semaine, les marchés semblaient compter sur une résolution plutôt rapide du conflit, sans impact majeur sur nos économies. "Nous sommes aujourd’hui à un tournant. D'une part, le marché américain bénéficie en valeur relative de la baisse des taux d'intérêt et des anticipations plus modérées de resserrement monétaire de la Fed à court terme. Cela devrait profiter aux valeurs de croissance et aux valeurs défensives qui devraient mieux se comporter. En revanche, nous estimons que l'impact des sanctions pourrait entrainer un choc énergétique qui pèserait sur la croissance, en Europe comme aux États-Unis". Depuis plusieurs décennies les conflits armés n'ont pas d'impact durable et significatif sur les marchés, "sauf lorsqu'ils conduisent à une crise énergétique... qui est en jeu aujourd'hui", indique Nadège Dufossé.

Avec un nouveau pic à proximité de 120 dollars plus tôt en matinée pour le Brent, soit une flambée depuis plus de 50% depuis le début de l'année, les cours pétroliers reflètent effectivement une crise en devenir. Vers 18h10, l'envolée se calme néanmoins sensiblement (le baril de pétrole de la Mer du Nord s'échange à 113,7 dollars, en hausse de 0,7%, tandis que le WTI n'évolue pas par rapport à la veille, à 111 dollars.

Toute la question est de savoir comment les banques centrales vont réagir à ce facteur d'accélération d'une inflation déjà au plus haut depuis une quarantaine d'années. Le patron de la Fed Jerome Powell a confirmé une hausse des taux ce mois-ci pour lutter contre l'inflation - mais il a également reconnu que l'invasion de l'Ukraine constituait un risque pour les perspectives de croissance, ce qui place l'institution dans une position peu enviable.

La tendance négative a par ailleurs été alimentée par la publication, outre-Atlantique, d'un nouveau ralentissement de la croissance de l'activité dans les services aux États-Unis en février, toujours handicapée par les perturbations dans la chaîne d'approvisionnement et les pénuries de personnel qualifié. Cette statistique pèse également sur les indices new-yorkais, le Nasdaq cédant 1% à 18h05.

Les groupes français font le point sur leur exposition à la Russie

Les unes après les autres, les entreprises les plus exposées à la Russie révèlent ce qu'elles ont à perdre. Pour Engie, c'est un prêt de 1 milliard d'euros à la société gérant le projet de gazoduc Nord Stream 2 dont les perspectives de recouvrement deviennent douteuses, ce qui a fait perdre 6,3% au titre, lanterne rouge du CAC 40. Renault, leader du marché automobile russe avec près de 30% des immatriculations via sa filiale Avtovaz, a encore flanché de 4%. Publicis, auteur d'un spectaculaire redressement entre 2020 et 2021 (près de 160% de revalorisation) souffre de la composante cyclique de son activité depuis trois semaines et perd encore 6,7%, plus mauvaise performance du jour sur le CAC. Danone, qui a récemment indiqué que la Russie ne représentait que 5% de l'ensemble de ses revenus (via Prostokvashino, en première place sur le marché russe des produits laitiers, et véritable icône culturelle dans le pays !) cède 2,7%, et Société Générale limite son repli à 0,7%.

Hors de l'indice phare, Interparfums qui a (comme chaque année) dépassé ses objectifs annuels pourtant plusieurs fois relevés, décroche néanmoins 12,2% au vu des perspectives résolument prudentes fournies par la direction (comme chaque année aussi). Faurecia abandonne 8,5%, victime des inquiétudes relatives à la production automobile mondiale, qui amènent les investisseurs à remettre en cause les objectifs stratégiques annoncés il y a quelques jours par le groupe, juste avant l'attaque russe en Ukraine.

Plusieurs valeurs se distinguent cependant favorablement, en particulier Technip Energies (+13,6%) alors que le groupe a fait état de résultats 2021 supérieurs à ses objectifs, et affiché sa confiance envers ses perspectives vu son rôle clé dans la mise en œuvre des technologies liées aux besoins d’indépendance et de transformation énergétique. Sur la même thématique, GTT avance encore de 6,4% Thales, très volatil, repart de l'avant (+3,8%, plus forte progression du CAC), tandis que Vallourec bénéficie de l'annonce de deux nouveaux contrats et prend 5,6%.

Sur le Forex, enfin, le conflit ukrainien profite toujours au dollar, qui retrouve son statut de valeur refuge. La monnaie unique cède ainsi encore 0,63% à 1,1049 dollar, au plus bas depuis juin 2020.

Quentin Soubranne - ©2025 BFM Bourse
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