(BFM Bourse) - À peine plus d'un an après son brusque plongeon (près de -40% en 16 séances entre fin février et mi-mars) à mettre sous le compte de la crise sanitaire, le CAC 40 parisien a fini de combler cet énorme gap, clôturant ce jeudi 11 mars au-dessus de son niveau "pré-Covid".
Sûrement et pas si lentement, le marché parisien a fini de combler le "gap" de début 2020, lorsque l'indice phare de la place parisienne avait flanché de 39,7% en l'espace de 16 séances, jusqu'à toucher un creux à 3.632 points en séance le 16 mars dernier, soit un plancher depuis juin 2013. Ce jeudi, le CAC 40 boucle en effet la séance sur un gain de 0,72% (à 6.033 points) qui lui permet de revenir au-dessus de son niveau du 21 février en clôture (à 6.029 points), le "gap" s'étant formé le lundi 24 février (-3,94%, ce qui correspondait à sa plus lourde chute depuis le vote du Brexit en juin 2016) quand les marchés mondiaux ont été rattrapés par les craintes engendrées par la multiplication des foyers infectieux en dehors de Chine, notamment en Italie .
D'abord alimenté par le soutien sans faille des banques centrales et les vastes stimulus budgétaires rapidement adoptés aux Etats-Unis et en Europe (le Congrès américain a validé, le 25 mars, un plan de relance à 2.000 milliards de dollars quand la France a adopté un plan d'urgence économique à 110 milliards d'euros mi-avril), le rebond s'est nettement accentué à partir de début novembre 2020.
Malmené fin octobre par les reconfinements décidés en Europe pour tenter d'endiguer la deuxième vague pandémique, le CAC 40 a repris de l'altitude à compter du 3 novembre, date des élections américaines. La perspective d'une "vague bleue" -et d'un Congrès divisé, hypothèse qui ne s'est pas vérifiée puisque les Démocrates ont récupéré le Sénat- était favorablement accueillie par les investisseurs, en ce que cela devait permettre la mise en œuvre relativement rapide d'un plan très ambitieux d'investissements publics.
Tout s'est ensuite accéléré à partir du 9 novembre et de l'annonce, par Pfizer, de l'apparente efficacité de son vaccin qui a entraîné une hausse inouïe de 7,57% pour le baromètre du marché parisien, soit l'une des toutes meilleures performances de son histoire. Les annonces dans la foulée de Moderna, puis d'AstraZeneca, ont alimenté l'optimisme des investisseurs quant à une reprise économique vigoureuse en 2021, permettant au CAC de reprendre plus de 1.000 points en trois semaines, du jamais-vu.
Revenu à plus de 5.500 points mi-novembre, l'indice phare de la cote tricolore a poursuivi sa progression, aidé par la perspective d'un "retour rapide à la normale", l'adoption de nouveaux plans de relance (dont le dernier à 1.900 milliards début mars outre-Atlantique) et des résultats annuels globalement supérieurs aux attentes. Depuis mi-février, la nette accélération des campagnes de vaccination a également contribué à l'optimisme des opérateurs, tandis que le CAC profitait par ailleurs de la rotation sectorielle induite par la remontée des rendements souverains, dont les valeurs industrielles, automobiles ou encore bancaires ont su tirer profit.
Eurazeo en vedette jeudi
Les publications de résultats au titre de l'exercice écoulé ont continué d'animer la cote ce jeudi. L'annonce par Eurazeo d'une envolée du montant de ses actifs sous gestion -dépassant pour la première fois 20 milliards d'euros- a permis au titre de la société d'investissement de dominer le palmarès du SBF 120 avec un bond de 8,35%. JCDecaux a inversement cédé 4,76% après avoir vécu "l'année la plus difficile de son histoire". Pour le géant français de l'affichage publicitaire, 2020 s'est soldé par une perte nette de 605 millions d'euros, en raison des restrictions de voyages, de la fermeture des lieux de transports (aéroports, gares, métros) ainsi que la diminution des "audiences" dans les grandes villes.
Les "valeurs confinement" ont brillé
Plusieurs valeurs du "stay-at-home" (bricolage, équipements de la maison, etc.) ont par ailleurs vu leurs revenus favorisés par le contexte des confinements successifs en 2020. Les comptes dévoilés ce jour par le spécialiste de la "silver economy" Damartex (+5,8%), spécialiste de la vente à distance à destination des seniors, de l'enseigne Mr. Bricolage (+5,1%) ou du spécialiste des stores motorisés Somfy (+2,7%) ont ainsi salués par le marché.
Le titre EDF s'est aussi distingué, terminant sur un gain de 10,9%, dans l'espoir de voir enfin aboutir les négociations du gouvernement avec la Commission européenne sur le projet de restructuration "Hercule".
Enfin, au sein de l'indice phare, le compartiment technologique a profité d'une nouvelle détente des taux pour rebondir (+4,4% pour Worldline, +4% pour STMicroelectronics et +3,1% pour Dassaut Systèmes), tandis que LVMH a grappillé 2,08%, approchant la barre historique de 285 milliards d'euros de capitalisation. À l'opposé, les valeurs bancaires et automobiles ont restitué une partie de leurs récents gains (-3,3% pour Renault, -2,2% pour Société Générale et -1,9% pour Crédit Agricole).
Le pétrole continue à s'apprécier
Parmi les autres classes d'actifs, le pétrole continuait aussi à profiter des espoirs d'une reprise rapide et vigoureuse de l'économie mondiale. Le cours du baril de Brent s'appréciait de 2,36% à 69,50 dollars en fin de journée, celui de WTI s'appréciant de 2,20% à 65,86 dollars.
Sur le marché des changes, la monnaie unique remontait à proximité du seuil des 1,20 dollar à la faveur d'une hausse de 0,37% à 1,1972 dollar.
Enfin, le Bitcoin revenait à quelques encablures de son sommet historique, à plus de 56.600 dollars peu après 18h.