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Guide Boursier

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Les produits dérivés

Les règles d’or

- Avoir une conviction forte
Avant d’acheter un warrant, il faut avoir la conviction qu’un mouvement, haussier ou baissier, va se déclencher à court terme sur le sous-jacent. De cette conviction découlera une stratégie qui motivera le choix d’un call (pour profiter de la hausse) ou d’un put (pour la baisse) et celui d’une échéance.

- Garder une marge de sécurité
Il importe de choisir des warrants dotés d’une échéance bien plus éloignée qu’il ne paraît nécessaire. C’est une protection pour le cas où le mouvement sur l’actif sous-jacent ne se produirait pas aussi vite que prévu.
Exemple : le titre EADS vaut 32 euros et vous visez un rebond de 10 % environ sur la valeur, vers 35,50 euros, attendu d’ici à deux mois. Choisir un call doté d’une échéance à peine supérieure à l’attente du rebond anticipé (trois mois, par exemple) est fortement déconseillé. Même si le scénario se réalisait dans le délai imparti, l’érosion de la valeur temps du warrant affecterait fortement son prix au fur et à mesure que l’échéance approcherait. La prime pourrait donc diminuer malgré la réalisation de votre scénario. Le bon choix est ici un call de prix d’exercice proche du cours de l’action (34 euros) et d’une durée de vie de quatre mois au minimum.

- Se fixer des objectifs
Sur le marché des warrants, avoir raison et trouver la direction vers laquelle se dirigera le sous-jacent n’est pas suffisant. Encore faut-il acheter et vendre au bon moment, dans le bon timing. Se fixer des limites d’achat et de vente et savoir s’y tenir est donc la meilleure solution pour concrétiser des gains rapides et élevés ou limiter les pertes en cas de mauvais choix.
A ces objectifs sur le warrant correspondent des niveaux d’intervention sur le sous-jacent qui pourront être déterminés grâce à un pricer (ou simulateur). Le tout, sans se laisser influencer le moment venu par la tendance du marché ou des indices boursiers. Car, tant que l’on n’a pas vendu, le gain reste fictif. Ce qui est encore plus vrai avec ces produits, effet de levier oblige.
Exemple : un warrant a une élasticité de 6 %. Soit un niveau standard qui revient à dire qu’il amplifi erait alors par 6 la variation du sous-jacent. Si celui-ci varie ne seraitce que de 2 % en une seule séance, cela se traduira par un gain ou une perte de 12 % sur le warrant...

- Appréhender la volatilité
La volatilité du sous-jacent est un critère essentiel, car elle mesure l’amplitude de ses mouvements. Or acheter un warrant revient à parier sur un mouvement relativement fort du sous-jacent à court terme.

Exemple : Au 20/08/2012. Renault, une des valeurs les plus volatiles parmi celles qui composent l’indice CAC 40, cote 38 euros et vous anticipez un rebond autour de 45 euros d’ici à fin octobre, soit dans les deux mois à venir. Un scénario raisonnable que nous préconiserions alors, la valeur ayant déjà connu un tel mouvement (+ 10 %) en quelques séances seulement. Sécurité supplémentaire, nous vous recommandons de choisir un call dont l’échéance est bien supérieure au délai que vous vous accordez pour voir le rebond espéré se réaliser. Une échéance éloignée, comme d’ici à décembre, représenterait une bonne protection, dans le cas où le mouvement sur le sous-jacent ne se produirait pas aussi vite que prévu. Le prix d’exercice est, lui aussi, important. Une fois l’objectif atteint sur l’action, un warrant dont le prix d’exercice est de 45 euros serait alors « à la monnaie ». Un profil où son cours est optimal.

Evidemment, il est déconseillé de viser une telle hausse, dans un délai aussi court, sur des titres peu volatils comme Air liquide, Saint-Gobain ou Lagardère. En revanche, sachez que moins le sous-jacent est volatil, plus l’élasticité (effet de levier réel du warrant) est élevée (et vice versa). Du coup, en vous fixant un objectif plus sage sur le sous-jacent, vous dégagerez une performance plus élevée sur le warrant. Une hausse de 6 % sur le titre Air liquide, avec un timing similaire à celui du précédent scénario, permettrait d’enregistrer une performance 8,3 fois supérieure au rebond visé sur l’action.

Des investisseurs qui interviennent régulièrement avec un taux de réussite non négligeable peuvent enregistrer une faible performance globale. Explication : si leurs convictions se réalisent souvent, avec brio, elles s’associent en fait à de faibles investissements ; alors que dans les mauvais scénarios qui se soldent par des pertes, pourtant moins nombreuses que les gains engrangés, la mise de fonds est nettement plus importante et grève considérablement la performance d’ensemble. Mieux vaut donc investir des montants similaires pour les différentes opérations.

- Savoir perdre
Une fois le warrant acheté, il convient de se poser deux questions :

  • Si mon anticipation est mauvaise, combien suis-je prêt à perdre ?
  • Quelle serait ma plus-value si mon scénario se réalisait dans le délai imparti ? 

N’oublions pas que, en cas de mauvaise anticipation, le warrant peut perdre rapidement la moitié de sa valeur. Mieux vaut donc fixer des seuils de sécurité pour limiter la casse. Rien de tel qu’une bonne discipline pour protéger ses positions, en sachant que le temps qui passe handicape, le plus souvent, fortement, le prix des warrants.

Les pièges à éviter

- Ne pas se fier au cours affiché
Il se peut qu’un warrant n’ait pas fait l’objet de la moindre transaction depuis un certain temps. Seuls les cours demandés et offerts sur le carnet d’ordres sont à prendre en considération.

- Ne pas se fier aux volumes
De même, le volume des transactions n’est pas significatif. L’écart entre la demande et l’offre n’est instauré que par les émetteurs de warrants. Il ne dépend donc pas des échanges sur le marché, comme pour les actions.

- Ne pas craindre forcément les petites primes
Si le prix d’un warrant est de 0,30 euro et sa parité de 2 warrants pour 1 action, celui qui est doté des mêmes caractéristiques avec une parité de 10 pour 1 est nettement plus intéressant à 0,04 euro. A éviter toutefois (voir ci-après).

- Eviter les warrants à valeur faciale quasi nulle
Une action peu volatile cote 18 euros, et un warrant associé cote 0,02 euro. Or ce prix attrayant vous tente. Pourtant, sa courte durée de vie (par exemple, un mois) et son prix d’exercice de 28 euros lui attribuent une valeur nulle, car le pari proposé est pratiquement irréalisable.

- Ne pas être trop gourmand
Espérer un gain important sur un warrant est légitime compte tenu du risque pris. Toutefois, une performance de 40 % obtenue sur un très court délai mérite quelques prises de bénéfices. Et mieux vaut ne pas ergoter pour quelques centimes, quitte à ne pas respecter exactement l’objectif fixé.

- Acheter une quotité de négociation
Les warrants se négocient par quotité de 1 000. Et il est préférable d’acheter plusieurs quotités. Cela vous permettra, par exemple, de réaliser quelques prises de bénéfices. L’objectif : couvrir le solde de la position détenue grâce à un prix de revient bien inférieur, le tout en se donnant une chance supplémentaire d’augmenter les gains si votre conviction est encore forte.

La fiscalité applicable

Pour les personnes physiques, les plus-values sur actions sont imposables à partir du premier euro de cession (y compris les obligations, droits et bons, actions de sicav et parts de fonds communs de placement…). Depuis le 1er juillet 2012, la plus-value nette globale (c’est-à-dire la plus-value qui ressort après compensation des gains et pertes de l’année) est imposable au taux de 34.50 %, soit un taux de base de 19 % augmenté des prélèvements sociaux (15.50 %).

1 - Les bons de souscriptions
La fiscalité applicable aux bons de souscription d’actions est celle des valeurs mobilières. Les plus-values sont taxées dès le premier euro de cession au taux de 34.50 % (prélèvements sociaux compris). Quant aux pertes, elles ne sont prises en considération qu’à la condition que les bons de souscription, quel qu’en soit le cours, aient été revendus avant leur date d’expiration. A défaut de cession, il en résulte une perte en capital ne pouvant pas entrer en ligne de compte pour le calcul des plus-values imposables.

2 - Les warrants
La fiscalité applicable aux warrants ou aux bons d’options est la même que celle des valeurs mobilières. Les plus-values sont imposables dès le premier euro au taux de 34.50 % (prélèvements sociaux compris), dès lors qu’il s’agit d’opérations réalisées à titre occasionnel.
Les plus-values des opérateurs qualifiés d’habituels par l’administration fiscale sont, eux, soumis à l’impôt progressif sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). Par ailleurs, à la différence des bons de souscription (voir ci-avant), il n’est pas nécessaire de procéder à une cession pour concrétiser une moins-value. Lorsque le warrant est abandonné, l’opérateur subit une perte, déductible des plus-values réalisées par ailleurs, correspondant au montant de la prime payée.

3 - Les certificats
Pour les certificats, la fiscalité diffère selon que le produit est revendu avant l’échéance ou remboursé à l’échéance.
- Pour les certificats revendus sur le marché avant l’échéance, les plus-values sont généralement imposables à 34.50 %.
- En cas de remboursement du certificat à l’échéance, la prime de remboursement (différence entre la valeur de remboursement du certificat et sa valeur d’achat) est soumise à l’impôt progressif sur le revenu, ainsi qu’aux prélèvements sociaux (15.50 %).
- Dans certains cas, lorsque le certificat est assimilé à une obligation, la prime peut être soumise, sur option du bénéficiaire, à un prélèvement libératoire au taux de 24 %.
En revanche, si la prime de remboursement est négative, elle constitue une perte en capital qui n’est pas déductible du revenu imposable. Mais, attention ! L’option pour le prélèvement libératoire n’est pas toujours offerte (uniquement pour les certificats émis depuis le 25 septembre 2006). Il est donc recommandé de lire attentivement les notices d’information.